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2IO LE DIX-HumÈHE SIÈCLE
l'aigle et l'hirondelle ; la grande aile a frappé son front, la goutte de rosée est tombée sur son cœur.
L'aigle avait passé pour lui un jour d'orage comme pour Voltaire, comme pour Jean-Jacques, comme pour tous les précurseurs.
S'il fiillait rechercher l'origine de cette pensée ardente qui, sous le nom dé Voltaire, de Jean-Jacques, de Diderot, a fait de la vieille France monarchique, dévote et ruinée, un nouveau pays libre, fort et riche, on irait interroger Vanini et Campanella. L'ItuUe a été la mère suprême avant la France. Dans le même siècle, elle a suspendu à ses fécondes mamelles tous les grands poËtes, tous les grands artistes, La pensée humaine aussi nous est venue de cette terre enchantée. Vanini, ce spirituel cynique, celui-là qui a douté le premier, qui s'est moqué, qui a semé la vérité avec sa parole mordante, n'est-il pas le commencement de Voltaire ? Et Campanella, cette âme intrépide, cet esprit violent, n'est-il pas le précurseur de Diderot ?
Mais pourquoi chercher ailleurs qu'en notre pays la source qui peu à peu est devenue ruisseau , rivière , fleuve pour féconder la France libre ? Abeilard et Montaigne, Descartes et Rabelais, n'ont-ils pas fait jaillir l'eau salutaire du rocher ? Fénelon, ce panthéiste d'une si pieuse mélancolie, qui rêvait pour son Eden une île de Calypso, était frère de Diderot, comme Bayle l'était de Voltaire.
La lumière dans les ténèbres est la seule que l'esprit puisse voir ici-bas. On va en avant, >n cherche d'un œil hardi, un point lumineus frappe, et on s'écrie : I Voilà la vérité ! i On avance encore tout ébloui, le cœur battant, l'âme dans les yeux ; tout d'mi coup