‹ Louis XVIChapitre 6 sur 62 · II. i.,<i-,Gooj^lc · texte numérisé non relu

II. i.,<i-,Gooj^lc

6o LE DIX-HUITIÈUE SIÈCLE

Oui, le treizième fequin, lui qui prêchait la justice, lui qui prêchait la paix, lui qui , dans le plus beau de ses vers, proclame que Jésus-Christ

lui qui parle ainsi de son rôle d'ouvrier dans la vigne du Seigneur :

Mais de ce fanatisme ennemi formidable.

J'ai fait adorer Dieu, quand j'ai vaincu le diable. '

Je distinguai toujours delà religion

Les malheurs qu'apporta ta superstition *

L'Europe m'en sut gré; vingt têtes couronnées

Daignèrent applaudir mes veilles fortunées,

Tandis que Patouillet m'injuriait en vain.

J'ai fait plus en mon temps que Luther et Calvin.

On les vit opposer, par une erreur fatale.

Les abus atix abus, le scandale au scandale;

Parmi les /actions ardents à se jeter,

Ils condamnaient le pape et voulaient l'imiter.

L'Europe par eux tous fut longtemps désolée.

Ils ont troublé la terre, et je l'ai consolée.

Souvent, là où le Christ finît l'œuvre d'amour, Vol-

* u Peui-éire que parmi noua plus d'un eût agi comme Voltaire, s'il eût v&u sous un système qui regardait Alexandre Borgia commeundece guides spirituetsiun &)'Slèniequi maintenait dans tous ses excès criminels une aristocratie empruntant une partie de ses ressources aux dépouilles de l'autel; un système qui pratiquait la persécution comme moT^n de conviction, et qui jetait dans les flammes un enfant de dix-huit ans, accusé d'avoir ri pendant que passait une procession de prêtres. Telles étaient les effroyables erreurs et les abus qui se présentaient à l'esprit de Voltaire lorsqu'il attaqua les superstitions romaines, et dévoila le libertinage et l'intolérance du clergé usurj^teur. » Lord Bboughah.

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taire commence l'œuvre de justice. Voltaire a écrit rËvangile des droits de l'humaaité quand on commençaità ne plus lire l'Évangile des droits de Dieu. Voltaire, qui a eu aussi dans sa vie des heures de rédemption, croyait que lesderniersapôtres avaient dit leur dernier mot. Selon lui, l'Église envahissante masquait le ciel. On avait bâti un temple à Dieu pour cacher Dieu. Voltaire voulut montrer Dieu dans le cœur de l'homme. Du pied du Golgotha il dit de sa voix railleuse, amère et attendrie : i Ce n'est pas seulement Dieu que vous avez cloué là sur le gibet; que vousavez flagellé et couronné d'épines ; que vous avez abreuvé de fiel et de vinaigre; que vous avez insulté jusque dans ses mortelles souffrances ; ce n'est pas seulement Dieu qui pleure ses larmes et son sang depuis dix-huit sitcles, c'est l'humanité. Dieu n'a sauvé que l'homme divin, je sauverai l'homme humain. •

Un jour tout sera bien, voilà notre espérance; Tout est bien aujour^hui, voilà Fiilusiûn. ■

Tout sera bien, c'est le dernier mot de laphilophie de Voltaire. * La Vérité est la fille du Temps, » Dieu n'a pas voulu, quand il tira le monde du néant, parachever son œuvre ; il a daigné la remettre aux mains de sa créature. Les grands sculpteurs et les grands peintres, s'il est permis de les comparer au Maître des maîtres, ont signé leurs cheis-d'œuvre avant d'y avoir dit leur dernier mot. 11 faut bien que tout le monde soit content, même la critique. On ne retouche pas aux œuvres des peintres et des sculpteurs, parce qu'on espère les surpasser, mais on retouche tous les jours d'une main pieuse à l'œuvre de Dieu.

Tout homme porte en si^i un exemplaire de l'infini ; tout homme naît avecles aspirations du beauet du bien; tout homme meurt en regrettant les journées perdues sans l'amour et sans la justice. Pendant que la moisson

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