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Louis XVI ; quand on voit son nom au bas de ces recettes de charlatan , on reste stupéfait de son manque de lumière ou d’application. Cette jactance et ces mensonges ont je ne sais quoi de plus amer encore dans la bouche de cet homme crédule qui s’en fait le prêtenom. Dans ces édits, depuis Malesherbes jusqu’à Galonné , il s’accommode de tous les langages , il accepte toutes les contradictions. Les dépenses s’amoncelaient, les profusions de toute nature se faisaient à découvert, et jamais les édits du roi n’avaient tant fait bruit de l’économie. Tantôt c’est un plan nouveau « qui va rendre tous les soulagements possibles et toutes les améliorations faciles (i); » ou bien c’est un emprunt qui n’est ouvert que pour faciliter toutes les dispositions d’ordre et d’économie ; ou bien encore c’est un arrêt qui annonce que « le roi sacrifie toute dépense d’agrément et se prive pendant quelque temps du plaisir de faire des grâces; » le gouvernement déclare, en mainte occasion, qu’on touche au moment de voir l’équilibre rétabli.
(1) « Nul motif, nulle circonstance ne pourra jamais nous faire départir de l’exécution d’un plan qui mettra l’ordre dans toutes les parties de nos finances, donnera au crédit de l’État toute la force qu’il doit avoir, étendra par son influence sur le taux de l'intérêt , les progrès de l’agrilculture, l’essor du commerce et l’énergie de l’industrie nationale; enfin qui, rendant tous les soulagements possibles et toutes les améliorations faciles , mettra dans nos mains les moyens de remplir le vœu de notre cœur. » {Anciennes lois françaises; regue de Louis XVI, t. V, p. 467. Éd. in-8", 1827.)
Et cependant ce ministre, qui ne fat, en résultat , qu’un dilapidateur étourdi , avait de la vivacité pour concevoir et de la hardiesse pour entreprendre ; mais ses meilleures idées faillirent à l’exécution , et se noyèrent dans les abus dont son administration était enveloppée. Il entreprit la refonte des louis : cela était sage, car le rapport de l’or à l’argent avait changé, et la spéculation portait l’or de France à l’étranger. Par malheur, Calonne , en mettant la main à cette opération , en fit perdre à l’Etat presque tout le bénéfice, dont le plus net passa en profits clandestins (i).
Le déficit augmentant d’année en année, Calonne ne marcha qu’en empruntant toujours, et finit par engager l’Etat dans un surcroît de dettes de huit cents millions. Toutes ces opérations d’argent qui remplirent son ministère donnèrent le branle à la spéculation, et firent naître un agiotage effréné. Le règne de Louis XVI sous ce ministre offre plus d’un trait de parenté avec la Régence (2). . . 1 1
En effet, on y voit se répéter, de point en point, jus-
(1) Monthyon, Particularités etobsern ., p. 296; Mém.du règne de Louis XVI, t. VI, p. 115.
(2) A quel excès ne dut pas être poussé cet agiotage , puisque Ca- • lonne en fut alarmé : « Sur ce qu’il a été représenté au roi... qu’il
« s’était fait , sur les dividendes de la caisse d’escompte , un trafic « tellement désordonné , qu’il s’en était vendu quatre fois plus qu'il, « n’en existe réellement... que c’est ainsi qu’à l’occasion du dernier « emprunt, on a vu négocier jusqu’à l’espérance d’y être ad- « mis. 0 {duc. lois franc.; règne de I-ouis XVI, t. VI, p. 7.)- *<•