‹ Louis XVI et sa courChapitre 123 sur 172 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

jours confiant en lui pourtant, il chercha à exercer ses fascinations sur les adversaires de ses idées; mais au milieu de ces adversaires, il y avait des ennemis que l’imprudent y avait placés dé sa main : Loincnic de IJriennc y tenait cabale «à la tête de plusieurs évêques. Le contrôleur général eut avec lui une conférence; il v déploya toutes ses souplesses, mais ce fut en pure perte : il avait beau dire éloquemment qu’il fallait oublier le ministre, comment oublier le ministre qu’on brûlait de renverser ? 11 eut beau soutenir qu’il ne fallait voir que là France, on lui répondit par des sourires. On le counaissait; on savait trop que ce n était pas la r rance qu il Voyait lui-même. On n’avait pas foi en ce grand citoyen «le situation; et la corruption de ceux à qui il parlait se tenait pour avertie suffisamment de la sienne. Alors il s’adressa à un comité plus nombreux, espérant v trouver plus de champ pour ses tours d’adresse.

Six membres de chaque bureau s’assemblèrent chez Monsieur; Galonné y fut au niveau de lui-même dans Ses meilleurs jours : il y parla avec Une fraîcheur de

tête et une présence d’esprit inutiles; il y justifia tous

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ce que Mirabeau, qui se Connaissait dans 1 art «I en-

cliàntcr lés hommes, avait dit de lui, même en l’accu- Salit mais tout son esprit y échoua. J -a conscience,

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(I) Voir lettres de Mirabeau à M. de Caioime, t. IV, p. 226 de

ses Mémoires.

324 LOUIS XVI ET SA f.OUR.

le sérieux dans la vie, les principes se vengeaient. On ne crut à rien de ce qu’il dit ; on n’accepta aucun de ses comptes; on ne prit en considération aucun de scs bordereaux; on revint avec plus de force que jamais sur l'idée d’une vérification exacte, sur la question de savoir, qui de lui Galonné ou de Necker avait menti et trompé le roi. Ce fut un archevêque qui mit en doute, dans cette discussion, si une autre assemblée que les Etats généraux avait droit de voter des impositions nouvelles; mot électrique que, plusieurs joués après, La Fayette répéta dans son bureau, en tenant tête au comte d’Artois, et que la France n’oublia plus.

Cette dure expérience que faisait Galonné du peu d’autorité de sa parole, ce cruel mépris de son caractère aurait dù modérer sa foi en lui-même. L’opinion soutenait, excitait les Notables; ils résistaient y* et ijs étaient populaires. Loménie s’élevait dans cette résistance , et dans l’intrigue et dans la faveur de la reine, tandis qu’un autre ennemi, un rival plus noble, Necker, remplissait tous les esprits. Depuis qu’il était si grandement tombé, il avait publié son livre de Y Administration des finances. L’autorité s’était imprudemment opposée à la circulation de cet ouvrage, et par là en avait augmenté l’éclat. Plus de quatre-vingt mille exemplaires s’en étaient vendus en Europe. Au moment où s’ouvrit l’assemblée des Notables , Necker pria M. de Galonné de ne point altérer la vérité du Compte

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