‹ Louis XVI et sa courChapitre 122 sur 172 · C II A P 1 T II E V · texte numérisé non relu

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dépenses qu’il avait faites ? N’ét lit-ce pas refuser à ceux dont il cherchait l’adhésion ce qui rendait leur adhésion honorable, ce qui en faisait autre chose qu’une manœuvre d’obéissance passive et une grossière comédie? Pour balancer ces pertes, qu’il rendait plus effrayantes encore par le silence dont il les couvrait, il dit qu’il restait un grand remède pour relever les finances abîmées, « puisqu’il restait les abus. » 11 avait raison : il y avait les abus à réformer, à détruire : économies cpie Turgot et Necker avaient commencées, mais déjà ce n’était plus assez.

Ce discoure occupa vivement l’attention publique, mais ne lui imposa pas. On prétendit que Pitt avait demandé à l’ambassadeur de France si ce discours n’était pas un pamphlet des ennemis du contrôleur général ; ce n’était là qu’une critique de ces mêmes ennemis. Pitt avait trop de gravité et de mesure pour s’exprimer avec une moquerie si peu ministérielle sur un document aussi public que le discours de Galonné; mais certes, il dut bien orgueilleusement sourire en voyant dans quelles mains la France avait ses destinées. Quant aux Notables, maigre ce qui les avait révoltés de la part de Galonné, ils montrèrent un intérêt consciencieux pour les travaux dont on les avait chargés, et un désir de s’entendre plein de calme et de modération. Dans leur examen des projets qu’on leur avait soumis, ils applaudirent au système des assemblées provinciales. Ils approuvèrent que

les Ordres ne fussent pas séparés dans cçs assemblées, cpie les votes y fussent comptés par tête , et que le tiers V eût, à lui seul, autant de voix que les nobles et le clergé. Les bureaux de Monsieur et du comte d’Artois allèrent plus loin que les autres en libéralité. Ils pensèrent que, pour balancer l’influence trop forte des Ordres privilégiés, on ne devait leur donner que le tiers des voix (t). Lu pareil début promettait; mais la sulvvention territoriale fut mal accueillie;. On repoussa avec un sentiment intraitable et l’impôt en argent et l’impôt en nature, et pour renverser complètement le plan du ministre, on demanda à grands cris les états de recette et de dépense. Galonné répondit de son air hautain, qu’on avait assemblé les Notables pour délibérer sur les

moyens de subvenir aux besoins de l’Etat, mais non

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pour prendre connaissance de l’étendue de ces besoins , constatés dans le conseil du roi. C’était vrai; mais

était-ce d’une bonne politique de le dire avec cette rigueur? ou plutôt quelle situation que celle où il fallait répondre ainsi, pour ne pas livrer le secret des plus honteuses détresses? Monsieur, qui détestait Galonné, fut le premier et l’un des plus ardents à demander les états de finance. Galonné put alors reconnaître la faute qu’il avait commise, en n’introduisant pas un plus grand nombre de membres du tiers dans l’assemblée. Tou-

(I) Voir Droz, Hist. de Louis .177, t t,p. 483. , ;

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