‹ Louis XVI et sa courChapitre 149 sur 172 · CH A IM TR K V · texte numérisé non relu

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do scs embarras intérieurs, le retirait de partout. On piesscntit la fin de cette France monarchique, officielle, qui se repliait sur elle-inêine pour mourir; elle devenait chaque jour plus isolée : les autres cabinets s’entendaient, se nouaient par des traités, se faisaient de hautes politesses, affichaient de grands desseins. Ainsi on avait vu, par exemple, Joseph II (1787) accompagner la grande Catherine dans son fameux voyage de Crimée, à travers les villes fantasmagoriques bâties en une nuit par Potemkin. I/- motif réel de oc voyage était une pensée d’agrandissement : Joseph II se disait que la Turquie était encore meilleure à partager que la Pologne. Ainsi, Catherine avait retrouvé écrite, sur les poteaux de ses routes impériales, la plus intime pensée de son cabinet : « ('/est ici le chemin de Byzance! » La Russie, l’Autriche, l’Angleterre, tous les grands Etats cherchaient à se mouvoir, à se répandre; la France, elle, concentrée dans son existence intérieure, 11e voyait de remède à la situation dont elle souffrait que dans les Etats généraux. Les hommes qui la dirigeaient avaient tant à faire au dedans qu’ils ne regardaient plus au dehors. On n’eùt pas pressenti dans cette France de Brienne, celle qui bientôt allait la remplacer. O11 n’eùt pas reconnu le pays dont le grand Frédéric disait que, s’il en était le roi, on ne tirerait pas un coup de canon sans sa permission en Europe. O grand homme était mort le 17 août 178G, et la monarchie qu’il avait faite par son épée et

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par sa diplomatie, était alors plus une et politiquement plus forte que le pays dont il parlait. Ses dernières années avaient clé glorifiées par une modération aussi imposante que tous les succès militaires, et c’était à lui que Versailles devait le dernier acte honorable de sa politique étrangère , cette intervention de Tesclien qu’on n’aurait pas osce sans lui»

Tel était alors l’état de l’Europe : toutes les puissances qui la composaient l’emportaient en intelligence, en dignité et en lumières sur les conseils de Versailles. Avec l’impéritie de ses chefs , avec ses finances épuisées, son anarchie intérieure , cette guerre des parlements et de la cour, l’indiscipline de son armée, la France, comme les nations qui ne savent plus se conduire, eût pu encourir le danger et la honte d’un partage. Pourquoi les cabinets de l’Europe n’y pensèrent-ils point? Ils avaient tous l’avidité et la jalousie qui poussent au démembrement des Etats. Ce Louis XVI, qui ne porta jamais d’épée, ne ressemblait pas à son aïeul Louis XIV : il ne parlait point de se mettre à la tête de sa noblesse pour mourir sur les ruines de la monarchie. Une guerre, sous un prétexte ou sous un autre, était bonne à faire; elle eût pu réussir. Pourquoi ne la fit-on pas? pourquoi pi tt, avec son génie qui voyait de si loin, fut-il si prompt à désarmer? C’est que si la puissance politique de la France était diminuée , si elle se réduisait chaque jour, il y avait plus en elle que de la puissance politique : il

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y avait la force sociale, d’où devait sortir une puissance politique nouvelle. Il y avait une pensée publique plus liante cpie les instincts d’un gouvernement dégradé. Il y avait une force qui allait s’organiser elle-même, qui s’était développée dans les liens d’un système de gouvernement trop étroit et qui «‘datait. C’était là re «pii sauvegardait la France, exposée à tout par les fautes de ses maîtres, et ce qui heureusement n’était à la disposition de personne, ni d’un roi incapable, ni d’une reine entraînée, ni d’un ministre corrompu.

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