‹ Louis XVI et sa courChapitre 16 sur 172 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

tain, dit-il , c’est que le comte de Maurepas avait cm voir dans le monarque , son élève , un caractère trop absolu et trop inflexible, et qu’il se hâtait de profiter de son inexpérience pour lui oter les moyens de régner despotiquement (i). » Ces vues profondes n’ont pas frappé beaucoup les contemporains , qui s’accordent à nous représenter Maurepas comme bien peu soucieux de l’avenir de l’Etat. Louis XVI, il est vrai , avait été élevé dans les maximes de la monarchie absolue, mais il n’avait de rude cpie les apparences, et Maurepas connaissait déjà par expérience la force réelle de sa volonté.

Une circulaire du 21 octobre 1774 rappela les magistrats exilés; ils comptaient si bien sur le succès de leur cause, qu’on en vit à l’avance se présenter en costume chez le garde des sceaux. 11 fut décidé que le roi tiendrait un lit de justice, pour réintégrer l’ancien parlement. La solennité se fit à Paris, le 1 2 novembre 1 77/1; Louis XVI parla en maître qui commande avant de pardonner : « Le roi notre aïeul, dit-il, forcé par votre résistance à ses ordres réitérés, a fait ce que le maintien de son autorité et l’obligation de rendre la justice à ses peuples exigeaient de sa sagesse ; je vous rappelle aujourd’hui à des fonctions que vous n’auriez jamais dû quitter; sentez le prix de mes bontés et ne les oubliez jamais. »

(1) I-ncretelle, fiiit. du dix-huitième tiède, iu-8", 18i9, t IV, p. 357.

Après cette allocution vinrent les édits qui devaient garantir l’autorité royale de toute nouvelle atteinte. Le parlement gardait son droit des rcinontrauces , mais à condition de ne les renouveler qu’après l 'enregistrement . D’auti •es prescriptions réglaient ses délibérations, et soumettaient son action à une discipline sévère. C’étaient à peu de choses près les dispositions de Muupeou, comme il a été remarqué (i) : « On rétablissait l’ancien parlement, en le soumettant au régime du nouveau. »

Quant à ce dernier, il était voué à un triste rôle dans cette révolution judiciaire ; la docilité dont il avait Lit preuve lui avait attiré la haine et le mépris. Le ridicule aussi s’était attaché à ce corps , et il n’est sorte d’affronts et d’avanies que ses membres n’eussent essuyés depuis quatre ans. Le gouvernement sembla prendre à tâche de les railler aussi; peu de jours avant leur renvoi, le roi répondait à leurs alarmes : « Qu’il était surpris qup sa chambre des vacations lui fit des remontranoes sur des bruits popidaires. » Quant à Maurepas, il y avait

(I) Voici les autres dispositions de ees édits. « Les chambres des requêtes, où l'on craignait l'effervescence des jeunes magistrats, étaient supprimées (mais on les rétablit neuf mois après). Si les inagistrajs suspendaient l'administration delà justice, s'ils donnaient leur démission eu corps , et refusaient de reprendre leurs fonctUats , ils se rendraient coupables de forfaiture, et ce crime serait jugé par une cour plénière , composée de personnes ayant séance aux lits de justice Enfin, dans le oaS de forfaiture, le grand conseil remplacerait le parlement >■

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