‹ Louis XVI et sa courChapitre 59 sur 172 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Commencement de la guerre d’Amérique : combat d’Ouessant. — Départ de la flotte de d'Pstalng ; son arrivée dans la Delaware. — État de l’opinion sur la guerre. — Discordes entre les Américains et les Français. — Faits d’armes des Français dans les colonies. — Mission armée du général Rocliambcau. — Départ de la flotte du comte de Grasse. — Succès des Américains et des Français. — L’Angleterre négocie avec l’Amérique. — Bataille de la Dominique. — Blocus de Gibraltar. — Suflreu aux Indes. — Traité de paix. — Paix deTeschen. — Fleury et d’Ormcsson , contrôleurs généraux. — Mort du comte de Maurcpas.

Si le cabinet tic Versailles, en se décidant à soutenir l’Amérique, n’avait point effraye l’Angleterre par la rapidité de ses coups, du moins avait-il pu la troubler par la grandeur de ses préparatifs. 11 les avait faits patiemment, avec une sérieuse activité, et, disons-le aussi, avec ce sentiment d’honneur blessé que devait avoir, vis-àvis des Anglais, un gouvernement jugé par eux incapable de tenir la mer, et qui, pour réponse, y avait lancé les plus formidables vaisseaux. La France n’avait point accepté sa déchéance maritime, prononcée à I/mdrcs de si haut; le duc de Choiseul avait le premier commencé de l’en relever : il avait donné l’impulsion;

après lui, malgré d’inquiètes, d’oppressives surveillances

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de la part de l'Angleterre , le gouvernement n’abandonna pas ses chantiers. Sous l’administration de Sartines et à l’ouverture de cette guerre, les constructions furent poussées avec un redoublement de vigueur dont il v avait eu peu d’exemple dans la marine française : on avait vu, en un an, neuf vaisseaux de ligne commencés et mis en état de naviguer. T .a Franceavait à ce moment ( 1 778) prés de soixante vaisseaux armés à la fois. Malgré son ignorance du métier, ses formes cauteleuses et ses dilapidations, Sartines était administrateur : il savait agir; il connaissait les hommes; la police les lui avait appris. Malheureusement nos marins ne valaient pas nos constructions; ils étaient inexpérimentés; mais la guerre devait leur apprendre ce qu’ils ignoraient, et leur ardeur allait surmonter rapidement les difficultés de cette école.

11 n’y avait point eu de manifeste, mais le comte d’Estaing était parti pour l’Amérique depuis un mois; toutes les côtes de Flandre, de lîretagrte et de Normandie étaient couvertes de canons, et on ne parlait de rien moins, même à Versailles, que d’une descente en Angleterre. lie comte d’Orvillicrs commandait à Brest une flotte de trente-deux vaisseaux de ligne et de quinze frégates. C’étaient les trésors de la France, le meilleur de son or et de son sang. L’amiral Kcppel , à Plymouth, regardait d’en face cette flotte superbe. Soit calcul de guerre, soit impétuosité naturelle , Keppcl résolut d’at-

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