‹ Louis XVII (volume 2)Chapitre 142 sur 264 · LIVRE VI. — LE TEMPLE. 28d · texte numérisé non relu

LIVRE VI. — LE TEMPLE. 28d

par ses réponses que le peuple ne se portât au Temple. « Vous vous êtes chargé d'un service difficile, ajouta-t-il, je vous exhorte au courage. »

Le procureur-syndic de la Gomnmne avait prononcé ces mots d'un air ibrt soucieux. Il savait que les massacres, commences la veille à deux heures et demie dans les prisons de Paris, ne se ralentissaient pas.

Il ne nous appartient pas de présenter ici le tableau des massacres de septemJMre. Recherchons seulement ce que sont devenues, dans ces journées affreuses, les personnes attachées à la famille royale, et qui lui ont été arrachées an Temple le 19 août, pour être conduites à la Force.

Le registre de la Petite--Force , conservé dans les archives de la pré£ectuce de police, nous apprend que cette prison , locsde ces événements, renfermait cent dix femmes, la plupart étrangères aux choses polkiques. Parmi elles, on comptait un grand nombre de filles publiques, et de malheureuses créatures de tout âge, accusées d*avoir vdlé du linge ou de la vaisselle au château des Tuileries, dans la journée du 10 août et dans hi nuit du 10 au 11.

Parmi ces cent dix femmes, il n*y en avait que neuf qui lussent détenues pour des motife politiques. Voici leur écrou :

 la date du 19 août :

M"* de Navarre, l" femme de chambre de Madame.

Éiisaleth 1 -,

M"* Bastre^ femme de chambre de Madame Royale. \ . «^ p y .

M** Thibault, 1^ femme de chambre de ta Reine, . f . * /

--..•' -, - , « . « 4 \ meure y et de

M** Sai n t^Bnce, femme de chambre du Prince noyai. ) -,^ .

Mp* Toarzel , gouvemanês des enfants du Roi, . . . i .

M"-PauhaeTour2el, id ] 4» sections,

Marie-Thérèse-Louise de Savoie de Bourbon- 1 Lamballe

A la date du 30 aoât :

Angélique-Euphrasie Peig^nonr, épouse de M, de Septeuil, natxve de Paris y âgée de vingt et un ans et demi, envoyée dans cette pri»

Î8V LOUIS XVIl.

5011 pour y être détenue jusqt^à nouvel ordre; de [ordre de MM. les adminUîraieurs du département de police.

A la date du S septembre :

^ladaine Mackau , envoyée deuiê cette prison avec la demoiselle

Adélaïde Rotin, sa femme de chatnbre, prisonnière volontaire

auprès de sa maîtresse; de tordre de MM. les adininistrateurs de

police, membres de la commission de surveillance et de salut public.

Madame Saint-Brice et mademoiselle Pauline de Tourzel iiu^iit mises eir liberté, le 2 septembre, par ordre de MM. Tmchon et Duval-Destaines, commissaires de la Commune.

Mesdames de Navarre, Basire, Thibaud, de Tourzel et de Septeuil furent relâchées, le 3, par le tribunal populaire qui s'était installé à la Force. Il en fut de même de madame de Mackau et de sa femme de chambre, entrées dans cette prison la veille, au moment même où Ton commençait les massacres. Quelques personnes prétendent qu'elles furent renvoyées sans jugement, ainsi que les cent et une autres femmes dont nous avons parlé.

Quant à madame de Lamballe, en examinant son écrou, il est facile de voir qu'une destinée particulière attendait cette malheureuse princesse; l'absence de profession, les mots de Savoie et de Bourbon-Lamballe mis avec intention en saillie , tout semble indiquer qu'un sort exceptionnel lui était réservé. L'histoire n'a point dit d'une manière positive pourquoi elle a été assassinée, et quels ont été ses juges et ses bourreaux. La main même qui, stir le registre dont nous parlons, a complété l'écrou de madame de Lamballe, s'est bornée à ajouter à son nom ces seuls mots qui étaient un arrêt de mort : « Conduite le 3 septembre au grand hôtel de la Force. »

Madame de Tourzel , qui occupa , dans les derniers jours de sa captivité, la même chambre que madame la princesse de Lamballe , raconte ainsi comment se passa à la Force la matinée du 3 septembre :

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