LIVRE VII. — LA RÉPUBLIQUE PROCLAMÉE
sonnel de la Reine, prit un arrêté qui, sous la forme d'une mesure de convenance et d'ordre, retirait le jeune Louis- Charles des mains de sa mère, et le remettait entre celles de son pèreV Sans notifier cette décision à Marie-Antoinette, le soir même de son entrée dans son nouvel appartement, on lui enleva son fils. Sa douleur (ut extrême ; depuis son séjour au Temple elle avait consacré son existence au soin de cet enfant, et trouvé quelque adoucissement à ses peines dans sa reconnaissance et dans ses caresses. C'était la dernière joie de sa triste vie. Elle espéra toutefois que. le lendemain, dès qu'elle serait installée plus complètement dans sa nouvelle demeure, on rendrait cet enfant à ses prières et à ses larmes; mais le jour suivant, elle fut instruite de l'arrêté du conseil, et une copie de cet acte fut délivrée à Cléry. La municipalité ne tarda point à donner sa ratification à cet arrêté'. Le malheureux enfant fut lui-mêm.e tellement affligé
^ Commune de Paris. — Sûreté du Temple* L*an I«' de la République fran- <;aise, le 27 octobre 1792.
Extrait du registre des délibérations du conseil de service au Temple y
en date du 26 octobre présent.
« Sur les observations faites par l'un des membres de service au Temple que le fils de Louis Capet était jour et nuit sons la direction de femmes, mère et tante, considérant que cet enfant eut dans Tâge où il doit être sous la direction des hommes, le conseil, délibérant sur cet objet, a arrêté et arrête qu'à l'instant le fils de Louis Capet sera retiré des mains des femmes, pour être remis et rester entre celles de son père les jours et nuits , excepté qu'après l'heure du dîner il montera dans le logement de ses mère et tante, durant le moment où son père se repose, et en descendra sur les quatre à cinq heures du soir; le tout sous la surveillance et conduite de l'un des commissaires de service.
» Fait au conseil séant au Temple lesdits jour et an que dessus :
N Signé : Massb, Jbrosme, Roche, Cocoois. • Pour extrait conforme à l'original :
• Roché, commissaire municipal de service et président au Temple; » Cocaoïs, ségrétère, »
Délivré au citoyen Cléry, de service auprès de Louis et de sa famille.
^ Commune de Paris.
Extrait du registre des délibérations du conseil général, du 26 octobre 1702.
« Le conseil général approuve l'arrêté pris' par les commissaires des travaux du Temple et les commissaires du conseil du Temple rehuif k la trans-
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d'être séparé de sa mère , qu'il saisit la première occasion d'en témoigner son ressentiment. Il y avait un maçon , du nom de Mercereau , qui pérorait au Temple avec plus d*ar-deur qu'il n'y travaillait; il tutoyait tout le monde, et avait acquis par ses allures démagogiques une réputation qui devait bientôt lui ouvrir les portes du conseil général de la Commune. Gomme le jeune Prince n'avait point pour lui le respect auquel prétendait la vanité de ce futur dignitaire de la révolution : « Sais-tu bien , dit-il un jour au Dauphin , sais-tu bien que la liberté nous a rendus tous libres, et que nous sommes tous égal? — Égal tant que vous voudrez, répondit l'eniant ; mais ce n'est pas ici , ajouta-t-il en jetant un regard sur son père, que vous nous persuaderez que la liberté nous a rendus libres. »
latîon des femmes dans la grosse tour, au troisième étage, et le fils du cidevant Roi avec son père.
N Les autorise II faire disposer ses (^<c) guichets qu'ils croiront nécessaires dans cette même tour.
• Signé : Boucber-Rexé, président en Tabsence du maire; ■ GocLOMaKAD , secréuire-gr^er par intérim. •