LIVRE IX. — PROCÈS DU ROI. U
au Temple, avec son collègue Jacquotot ', comme lui membre de la section de l'Observatoire. Il était près de minuit quand ils montèrent chez la Reine. « Tout était tranquille, raconte Lepitre ; Tison même et sa femme dormaient profondément. Nous nous plaçâmes sur deux mauvais lits de sangle légèrement chargés d*un matelas épais de trois doigts... Nous fumés sur pied avant le jour : Tison se présenta le premier à nos yeux. Cet homme, fourbe et méchant, savait composer sa figure et tâchait de s'insinuer dans l'esprit des commissaires qu'il voyait pour la première fois.... Sa femme se modelait sur lui. . . . Leur service était plus ou moins dur pour la famille royale, selon le caractère des membres de la Commune chargés de la surveillance. Il est cependant difficile d'imoginer avec quelle douceur et quelle honnêteté la Reine et les Princesses leur demandaient la moindre chose.
9 Â huit heures, la Reine ouvrit sa poite, et passa chez Madame Elisabeth. Son œil scrutateur s'arrêta sur nous, et nous vîmes aisément qu'elle cherchait à démêler quels sentiments nous apportions auprès d'elle. Notre mise était décente ; elle contrastait même avec celle de la plupart des autres commissaires. Il était facile de lire sur nos visages l'expression du respect que l'on doit au mallieur. Madame Vint à la porte de sa chambre, et nous examina quelque temps; enfin la Reine et Madame Elisabeth s'approchèrent de nous pour demander quelle était notre section , en remarquant que nous venions pour la première fois au Temple. Pendant le déjeuner, auquel assista un autre commissaire (car on ne servait aucun repas sans qu'il fût accompagné par un membre du conseil), nous restâmes dans la salle d'entrée, n'osant pas nous fier à celui de nos collègues qui se trouvait alors avec nous.
» C'était Toulan, un des hommes qui ont montré le plus de zèle et rendu le plus de services à la famille royale pen-
' Jacqiiotot (AntoÎQe*E(lmc-Nazain;), homme de loi, demeurant rue du Fnuboui^-Saint- Jacques, n<> 191.