‹ Louis XVII (volume 2)Chapitre 230 sur 264 · LIVRE X. — LE RÉGICIDE · texte numérisé non relu

LIVRE X. — LE RÉGICIDE

naître vos propres principes que de la refuser. » Un des municipaux prend aussitôt la parole, et, quoiqu*en termes assez mesurés, donne clairement à entendre que cette requête peut n'être qu'un piège , et que , sous prétexte de donner la communion à Louis, on peut l'empoisonner : « L'histoire, ajoute-t-il , nous fournit à cet égard assez d'exemples pour nous engagera nous montrer circonspects. » M. de Firmont se contente de regarder fixement cet homme et de lui dire : « La fouille a laquelle je me suis soumis en entrant ici a dû vous prouver que je ne porte pas de poison sur moi ; si donc il s'en trouvait demain, c'est de vous que je l'aurais reçu, puisque tout ce que je demande pour dire la messe doit passer par vos mains. » Le commissaire veut répliquer, ses collègues lui imposent silence, et disent à M. Edgeworth que, le conseil n'étant pas complet, ils ne peuvent rien prendre sur eux ; mais qu'ils vont convoquer les membres absents et qu'ils lui feront part du résultat de la délibératioti.

Au bout d'un quart d'heure, M. de Firmont est introduit de nouveau , et le président lui dit : « Citoyen ministre du culte, le conseil a pris en considération la demande que vous lui avez faite au nom de Louis Gapet; cette demande, étant conforme aux lois qui déclarent que tous les cultes sont libres, lui est accordée. Nous y mettons cependant deux conditions : la première , que vous dresserez à l'instant une requête officielle signée de vous; la seconde, que l'exercice de votre culte sera achevé demain à sept heures au plus tard , parce que, à huit heures précises, Louis Capet doit partir pour le le lieu de son exécution. »

Ces derniers mots étaient dits , comme tout le reste , avec un sang-froid qui montrait à nu le fond du cœur. L'abbé Edgeworth met sa demande par écrit sur un papier qui lui est donné par les municipaux.

MS LOUIS XVIL

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