LIVRE X. ^ LE RÉGICIDE
In plus profende : « Vous avez raison, monsieur, ce serait lui donner le coup de 4a mort ; il vaut mieux me priver de cbtte triste consolation et la laisser vivre d'espérance quel-' ques moments de plus. » Alors sortant de son cabinet, il appelle Cléry, et le tirant dans l'embrasure de la croisée , il
Les canonmer$ caaernés à la Sorbonne enverront à 6 heures précises à T Arsenal iOO canonnière pour l'escorte des caissong; lous ces canonniers et ceux des sections seront sous les ordres des adjudants d6 rartiilerie Berland et Robert. •
Le bataillon des vétérans se rendra aux TlHiilleries pour la garde du Conseil exécutif.
Le bataillon des Marseitlois et celui d'Aix se rendront aux Champ&-Ëlisées.
Le château de Bicètre sera gardé par 200 hommes a pied et 100 à cheval de la légion Roxenulle. Il y aura 2 pièces de canon et les canonniers du bataillon de la cazerne rpe de TOursine.
A la Conciergerie, il y aura 300 hommes de la cazerne de la Nouvelle- France aux ordres du -commandant de la se<;tion du pont Neilf.
A TAbbaye, 200 hommes de la cazerne de la rue de TOursine et 100 hommes «de la même cazerne à la prison de Sainte-Pélagie.
A l'hôtel de la Force, la 33* division de gendarmerie et ses canons, plus 100 hommes de la cazerne rtle Quiocampoix.
Au Mont de piété, 200 homniei* de la cazerne de la Courtille.
A Thôtel des Monnoyes, dans les cours, 200 hommes du bataillon ou des piqnetj».
Tous ce» différents détachements seront aux ordres des commandants des sections.
Les sections qui avoisinent les prisons enverront dès aujourd'hui des patrouilles nombreuses et rré(|uentes pour la sûreté des prisonniers.
Le commandant général recommande avec instance aux citoyens des sections de surveiller sans cesse chacun dans son quartier et relativement aux propriétés nationales et individuelles, et de faire en sorte qu'il n'y ait dans les rues que des citoyens armés, et que tous ceux qui sont en état de porter les armes se rendent k leur section pour y recevoir et exécuter l'ordre nécessaire à tous.
A huit hctn-es précises et sans retard Ton partira du Temple. Tous les citoyens doivent sentir que le moindre retard est un manque an service impardonnable.
A midi précis, chaque adjudant ira on enverra au chef-lieu de la légion p^r y recevoir Tordre d6 faire retirer ou continuer* la garde. Il est def Fendu expressément à qni que ce soit de se retirer avant cet ordre, ny de quitter son poste sous quelque prétexte. Il est également deffendu de tirer aucune^ arme h. feu.
II y aura à la tète du cortège iOO hommes de gendarmes à cheval qui feront Ta vaut-garde. Il y aura pour arrière-garde 100 gardes nationales à cheval de l'École militaire ; de plus, il y aura différentes réserves de cavalerie. Il en sera conservé un grand nombre pour faire des patrouilles à Textérieur de la ville.
Le cortège, arrivant à la plact- de la Révolution, continuera sa maidie dans le cours de l'Égalité, ci-devant la Reine, jusqu'à halte à la tête.
lui dit : « Vous remettrez ce cachet à mon fils, cet anneau à
la Beine; dites*lui bien que je la quitte avec peine Ce
petit paquet renferme des cheveux de toute ma famille, vous le lui remettrez aussi. Dites à la Reine, à mes chers enfants, à ma sœur, que je lem* avais promis de les voir ce matin , mais que j'ai voulu leur épargner la douleur d'une séparation si cruelle; combien il m'en coûte de partir sans recevoir leurs derniers embrassements ! . . . » Ayant essuyé quelques larmes, il ajoute avec l'accent le plus douloureujf : « Je vous charge de leur faire mes adieux. » Puis il rentre dans son cabinet. '
Les municipaux, qui s'étaient approchés, ont entendu le Roi et l'ont vu remettre à Gléry les difSérents objets que celui-ci tient encore dans ses mains. Ils lui ordonnent de les leur livrer; mais un d'eux propose de l'en laisser dépositaire jusqu'à la décision du conseil , et cet avis est écouté. Un quart d'heure après Louis XVI sort de son cabinet :
« Demandez, dit-il à Cléry, si je puis avoir des ciseaux, » et il rentre. Gléry en fait la demande aux commissaires. « Savezvous ce qu'il en veut faire? — Je n'en sais rien. — Il faut le savoir. » Gléry frappe à la porte du cabinet, et les municipaux qui l'accompagnent disent au Roi qui se présente :
« Vous avez désiré des ciseaux, mais, avant d'en faire la demande au conseil , il faut savoir dans quel but. — C'est pour que Gléry me coupe les cheveux, » répond Louis XVI.
S'il étoit obmise quel<|ue8 précautions particulières et nécessaires, le commandant général prie qu*on envoyé les observations et réclamations au plutôt, afin qu'il y fasse droit sur-le-champ.
Les chasseurs du Midi ^^aiemés rue de la Pépinière se rendront k la fabrication des assignats, maison des Capucines, a 7 heures précises.
La section de la Cité et celle du pont Neuf enverront tout de suite un détachement de 13 hommes chacune à la mairie pour renforcer ce poste.
La 5« et 6* légion feront faire dès ce moment de nombreuses et fréquentes patrouilles autour du Temple.
Les autres légions en feront de même faire autour des autres piisons et propriétés nationales.
Sahterre.
( Archives du ministère de la guerre.)