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DEUXIEME FILS DU ROI

27 mars 1785.

L'accouchement de la Reine fut si prompt et si heureux , qu'on n'a reçu à l'hôtel de ville que presque en même temps la nouvelle des douleurs de la Reine et celles de la naissance du Prince; de sorte que, telle diligence qu'ait fait faire le greffier en chef de la ville, demeurant audit hôtel, et auquel le premier courrier s'étoit adressé, Messieurs ne purent être rassemblés pour recevoir à l'instant de son arrivée M. le comte de Sainl-Aulaire, lieutenant des gardes du Roi de service auprès de la Reine, chargé par le Roi d'annoncer cette heureuse nouvelle an corps de ville.

Le greffier qui étoit au petit bureau avec un page et le capitaine des gardes de M. le gouverneur de Paris, qui venoient d'apporter, l'un la nouvelle des douleurs, et l'autre celle de la naissance, y reçut M. le comte de Saint-Aulaire, lui fit des excuses au nom du

1 En lisant plusieurs de ces pièces, on verra que nous avons cru devoir reproduire jusqu'aux é(ran£;es in^actions aux règles de la langue, dont quelques-unes fourmillent. Il nous a paru que ces fautes faisaient partie de la pbytioDomie de l'époque.

bureau de ce qu'il n'avoit point été reçu ainsi qu'il est d'usage en pareilles circonstances, à la porte de Thôtel de ville en dedans, par deux huissiers de la ville ». et par Itti-mème au haut du grand esca* lier près la chapelle^ et coodaîl de suite à Randience où Messieurs auroient dû être assemblés, mais que la rapidité avec ' laquelle les nouvelles s'étoient succédé n'avoit pas permis que le bureau fût encore assemblé; que Messieurs alloient certainement arriver, et pria M.. de Saint-Aulaire de vouloir bîen se cepeser, ce qu'il agréa, et efftctiiiement Messieurs arrivèrent' en robes noires un instant après , et les choses se passèrent ainsi qu'il va être dît.

Le dimanche jour de Pâques vingt -sept mars mil sept cent quatre-vingt-cinq, à huit heures moins cinq minutes du soir, arriva à l'hôtel de ville un page de M. le duc de Brissac, gouverneur de Paris , pour annoncer de sa part que la Reine sentoit des douleurs pour accoucher; il s'adressa au greffier, qui sur le champ le fit savoir à M. le prévôt des marchands et à MM. les échevins, procureur du Hoi et receveur, et le greffier et le p^ge passèrent au petit bureau.

A huit heures arriva aussi à l'hôtel de ville le sieur chevalier d'Escours, capitaine des gardes de M. le gouverneur, pour annoncer de sa part que la Reine venoit d'accoucher très-heureusement d'un Prince : il monta au petit bureau et y attendit Messieurs.

A huit heures dix minutes est pareillement arrivé à la ville M. le oomte de Sein^Aulaire, lientenant des gardes du Roi, de service anprès de la Reine, pour annoncer cette nonvdle de la part du Roi : étant en bcrtte» et portant son bâton de oammandement, il monta au bnreau sans huissiers, par la raison ci*devant dite.

Et un instant' apiès, MM. les prévôt des marchands et échevins, procureur dn Roi et recevear, arri\'èrent«

Après avoir fait leurs excuses à M. de Saint-Aulaire.de ne s'èlie point trouvés à son arrivée, Messienr» écoutèrent le page et l'ofiicier des gardes de M. le gouvemenrv qui chacun dirent le sujet de lemv missions ; Messieurs les prièrent de faire leurs ramefdments à M. le gouvemenr, et M. le prévôt dea marchands leur dosuia, aa nom de la ville, àchacnn, une tabatière d'or, au page, de la. valait dé sept cent soixante-huit livres, et an. sieur chevalier d'Bscours^ une de quinze cents livres.

Et aussitôt Messieurs passèrent àTaudlence :

Alors le greffier de la ville, précédé de deux huissiers eu robes noires, conduisit M. le comte de Saint-Aulaire à^l'audioiee, dont les

deux Iwitants de Ih porte- forant ou¥ert9. Il se plaça «ir le banc à dos, à la gauohe de M. le prévôt des maicluads et au-dessus du deoond écheviii, elapié» las ciirîlités rédproqnes, Meaaîeuv» se couvrirent de leurs bonnets^ et M- de SatotHÀulaira de'soo chapean^ et il dit à Messieurs que- le- Roi l'avoit envajé pour fme paiit an^oarps de ville, que la fteine venoit d'accoucher heureusement d'ua Prince, que- Sa Majesté avoit nommé Duc de* Normandie. M. le prévôt de» marchands lui répondit que la ville étoit pénétvée* des narques de bonté du Roi, et que Sa Majesté devoit éfi« bien persaadée de la joye que cette nouvelle alloit répandre dana lai capitale, et oflBnt à M. de Sasnt^Àulaire, en le priant de Pacceptsr, me tabatière d'or émaHlée, enrichie de diamant»^ sur le* dessus de. laquelle étoit le portrait de la Reine : cette boite était de la valieur de trois mille six cents^ livres : M. de Saiat-Àulaire, ea L'aoeeptaat, ea fit ses remerclments à Messieurs, prit cong;é de Mldwicmaet fut reconduit par les troisième et quatrième échevins précédés d'un huissier, jusqu*à la chapelle, et par ledit huissier jusqu'à la g^rande porte de PhôteF de ville en dedans , où il anroit dû être reçu.

Aussitôt Messieurs firent annoncer cette nouvelle par une décharge des boëtes et des canons de la ville qui avoient été placés sur- le porl am IMed, et préparé» df«vaace, et! par Ib clocbe de l'hôtel de ville qui soma en tocsin.

Dons ec' même- tempa, M. fe prévél des marchanda reçut la lettre suivante* de M. le baMo de Breteutl, searélatre d*État, ayant le département de Paria, qot, par lar vaîam ai-devant dite, ne produisit pas Pcéiet que ce ministre s'en était pramta.

a A. Versailles» la 21 mars 17S5.

n Je vous donne avis, Monsieur, que îa Reine est actuefleinent en n travail pour accoucher. J'^écris à M. TarchevÔque de P^ris, pour )) qu'il ordonne des prièreffpotir Pheureusc délivrance de cette Prinn cesse , et vous ferez bien d'en prévenir sans différer le corps de n ville, afin qu'il puisse s'assembler et recevoir* la nouvelle d*un n événement si intéressant.

» Fai* Fhonneur d^'ètre très parfaitement, Monsieur, votre très i> humble et très obéissant serviteur,

n Signé : Le baron de BnEXEtiL. n

h dâ heures et denùe enfiiow arriva h Phôtel de ville M. de Sabmett nwtee d^hôtet d» loi fimant la fonction de MM. les officiers des cécénoQÎts qui ne s^étotent pas trouvés à* Vei^sailles à

temps : M. de Salornet fut reçu à la porte de l'hôtel de ville en dedans par un huissier qui le oondubit par le çrand escalier et vis- À-vis la chapelle, sur le péristile de la (grande salle; il ht reçu par le greffier de la ville i qui, précédé dudit huissier, le conduisit à la chambre d'audience où Messieurs étoient rentrés, et dont les deux battants de la porte furent ouverts. Le sieur de Salornet fiit placé sur le banc à dos, à la gauche de M. le prévôt des marchaiuls et au-dessus de M. le second échevin, et après les civilités réciproques. Messieurs se couvrirent de leurs bonnets quartés et le sieur de Salornet de son chapeau, et il dit à Messieurs, que le Roi l'avpii chargé d'une lettre qu'il présenta à M. le prévôt des marchands, lequel la passa ay greffier qui, debout et découvert, en fit la lecture en commençant par la suscription :

u A nos très chers et bien amés les prévôt des marchands etéchen vins de la ville de Paris.

» De par le Roi. »

A ces mots, Messieurs se sont découverts de leurs bonnets quarrés et le sieur de Salornet de son chapeau et se sont recouverts, et le greffier a continué :

M Très chers et bien amés, l'amour pour notre personne, que nos » sujets de notre bonne ville de Paris font éclater dans tous les évéw nements qui nous intéressent, et leur attachement au bien de l'État, » nous font juger que nous ne pouvons trop tôt leur &ire part » de la naissance d'un Prince dont la Reine notre très-chère épouse » et compagne, vient d'être heureusement délivrée. Nous envoyons n à cet effet le grand maître des cérémonies, qui vous dira en même n temps que nous souhaitons que vous fassiei les réjouissances 1) accoutumées en pareille occasion. Sy n'y fiiites faute, car tel est n notre plaisir. Donné à Versailles, le 27 mars 1785.

n Signé : Louis.

(Et plus bas : ) n Le baron de Bretevil. »

Cette lecture fidte, Messieurs et le sieur de Salornet s'étant découverts et recouverts, M. le prévôt des marchands dit au sieur de Salornet que la ville ne manqueroit pas d'exécuter les ordres de Sa Majesté. Alors le sieur de Salornet prit congé de Messieurs et fut reconduit par les troisième et quatrième échevins, précédés d'un huissier jusqu'à la chapelle, et par ledit huissier jusqu'à la grande porte de l'hôtel de ville en dedans où il avoit été reçu.

Après avoir donné les ordres convenables, et notamment à l'exempt du bureau, de se rendre dès le lendemain à Versailles, d*y rester pendant dix jours , de se présenter chaque jour chez la Reine, et de s'adresser à madame la princesse de Ghimay, de la part de la ville, et d'envoyer chaque jour des nouvelles de la santé de Sa Majesté et du jeune Prince, Messieurs se retirèrent chez eux.

Le lundi vin^-huit, à six heures du matin, il fut fait une décharge de l'artillerie de la ville, et le tocsin , qui avoit sonné toute la nuit, continua ce même jour jusqu'à neuf heures du soir.

A neuf heures. Messieurs qui s'étoient rendus à l'hôtel de ville, en robes noires et bonnets quarrés, en sont partis pour aller au palais en l'ordre qui suit :

Un carrosse dans lequel étoient le premier et deux autres huissiers de la ville, aussi en robes noires.

Le carrosse de M. le prévôt des marchands, dans lequel il étoit avec MM. les premier, deuxième et troisième échevins,

Et un autre carrosse, dans lequel iêtoient MM. les quatrième échevÎD, procureur du Roi et de la ville, greffier et receveur.

Arrivés au palais. Messieurs sont descendus de carrosse et se sont rendus au parquet de MM. les gens du Roi, marchant d'abord les

— Deux huissiers,

— Ensuite, le premier huissier seul ,

— Le greffier aussi seul ,

— M. le prévôt des marchands, ayant à sa gauche M. le premier échevin ,

— MM. les deuxième et troisième échevins ensemble,

* — M. le quatrième échevin, ayant à sa gauche M. le procureur du Roi et de la ville,

— Et M. le receveur seul.

On est entré au parquet de MM. les gens du Roi, où s'étoient aussi rendus MM. les officiers du Châtelet.

MM. les gens du Roi conduisirent d'abord lesdits officiers du Châtelet à la grand'chambre ; MM. les gens du Roi revinrent au parquet et conduisirent aussi MM. de la ville à l'audience à la grand'chambre en cet ordre : . '

M. l'avocat général et M. le procureur général marchaient ensemble, précédés d'un huissier de la cour,

Ensuite, M. le prévôt des marchands, ayant à sa gauche M. le premier échevin ,

MM. les deuxième et troisième échevins.

506 D0GCTMBI9T&

M. le quatrième échevîn et le proonrenr du Roi et de la ville,

Et M. le gireffier et M. le receveur.

Arrivés à la porte de la gsand'chambre, dans le parquet des. huissiers, M. l'avocat général et Mf, le poocueaun puerai sont entsés seuls les premiers dans la gcand'cfaambre et un instant aprè» un huissier ayant dit à Messieurs d'entmr,. MesNeurs sont entrés dans la gnind'chambre et se sont pl«:és debont, deniène le banc de MM. les conseillers, à droite en entnutt.

MM. les gpens du Roi, M. (en Uanc) aivoeat génésal, portent la parole, ayant dit que les officiers dn bureau de la ville mandés venoient recevoir les ordres de la oonr au; sujet de» réîouâsaances pour rheureux accouchement de la Reine et la natasance de Mon«seigneur le Duc de Normandie,

M. le président (en blanc) dit que la cour avoit arrêté que le tocsin du palais sonneroit et qu'il serait firit des illuminations ce dit jour, et que le jour que le Te Deum seroit chanté à Notre-Dame, les boutiques seraient fermées et qu'il serait pareillement £iit des illuminations avec injonction tant aux officiers du Clhâtelet qu'à ceux du bureau de la ville d'y tenir chacun ea droit soi la main.

M. le prévôt des marchands a pris la parole et l'adressant à M^ le président, a dit : Monsieur, et s'est couvert ainsi que Messieurs de leurs bonnets quarrés , et a continué : liious nons conformerons aux ordres de la cour et à ceux qui nous ont été adressés par Sa Majesté.

Messieurs après avoir salué se sont retirés, sont retournés au parquet où MM. les g^ens du Roi étoient rentrés : et après avoir fiiit leurs reméretinents sont revenus à Phôtel de ville dans le même ordre qu'ils en étoient partis.

Sur le champ Messieurs rendirent l'ordonnance suivante pour des illuminations ce dit jour et pour aussi des illuminations et cessation de tout travail et vente sur les porte et dans les chantiers le jour du Te Deum à Notre-Dame.

« De par les Prévôt des marchands et Ëchevins de la ville de ï) Paris,

» Ordonnance de police

» Concernant les réjouissances publiques et la cessation de toute n vente et de tout travail sur la rivière, sur les ports et dans les n chantiers en dépendants, à cause de l'heureux accouchement n de la Reine et de la naissance d*un Duc de Normandie.

» Du 28 mars 1785.

>y II est enjoint , ouï et ce requérant, le procureur du Roi et de la

ET PIÉGB9 JUSTIFICATIVES. 507

» ville, en exécution des ordres de Sa Majesté à nous adressés, et » de l'arrêt de la- cour, à tous bourgeois et habitans de cette ville n et fiiux-bourçs de Paris, de faire des illuminations aux fiaçades n de leur» maisons, aujourd'hui et le jour que sera chanté le n Te Deum en Tég^ise métropolitaine de cette ville , en actions de » grâces, et en réjouissance de Fheureux accouchement de la Reine, n et dfe la naissance d'un Duc de Normandie.

» Et à tous marchands et ouvriers de cesser toutes ventes et tra» n vail sur la riviève, nir les ports et dans les chantiers de cette » ville , le jour dudil Te Deum.

If II est mandé aux qnartiniera et aux huissiers audienciers et » commissaines de police de l'hôtel de ville ^ de tenir la main à » l'exécution des présentes, qui seront lues, publiées et affichées » partout où besoin sera.

» Signé : VBTfTARD.

n L'an mil sept cent quatre-vingt-cinq , le vingt-huitième jour » de mars, Fordonoance ci-dessus a été lue. et publiée au son du » tambour, sur tous les ports, et autres lieux et endroits ordinaires » et accoutumés de cette ville de Paris, par moi Louis-Noël Blanchet, n huissier audiencier et commissaire de police de l'hôtel de ladite » ville de Paris, soussigné, et afifichée es dits lieux.

n Signé : Blanchet. »

Et après avoir donné difttrents ordres, Messieurs se séparèrent.

Gomme M. le gouverneur avait fait prévenir Messieurs qu'il se rendroit sur les six heures à l'hôtel de ville pour assister avec eux à la cérémonie du feu de fagots, d'usage en pareille circonstance, Messieurs se rendirent à ladite heure à l'hôtel de ville.

A six heures et demie M. le gouverneur est arrivé à< l'hôtel de ville , précédé de ses Suisses et de gardes commandés par leurs officiers. 11 étoit dans un carrosse à — (en blanc) — chevaux superbement harnachés, au côté du cocher duquel étoient six pages, et il étoit suivi de deux autres carrosses dans lesquels étoient ses gentilshommes.

M. le gouverneur est descendu à la barrière dp l'hôtel de ville et est monté', la grande port» entièrement ouverte , jusqu'à l'escalier vis-à^vis le bureau des huissiers où Messieurs vêtus de leurs robes noire» et précédés éen huissiers aussi en robes noires, et qui étoient descendus- jusqu'à la troisième ou quatrième- marche dudit escalier, le refuvtnt, et là M. le pnévôt des marchands témoigna la joye de

la ville de le recevoir dans une occasion si ag^réable. M. le g^ouverneur prit la droite sur M. le prévôt des marchands, ayant son capitaine des gardes à côté de lui ainsi que M. le prévôt des marchands avoit alors le colonel des gardes de la ville, ces deux ofBciers ayant leur bâton de commandement. On est monté jusqu'à la grande salle : les gardes de la ville étant en haye depuis la barrière jusqu'à la porte de ladite grande salle et leurs instruments sous le péristile au rez-de-chaussée de la cour, les tambours battant aux champs et les instruments donnant des ianÊires. Les Suisses et gardes de M. le gouverneur précédoient la marche, et ensuite les huissiers, le greffier seul, M. le gouverneur et M. le prévôt des marchands, et MM. les échevins, procureur du Roi et receveur deux à deux. Arrivés à ladite grande salle, on est passé au petit bureau, les Suisses et gardes de M. le gouverneur s'étant alors placés tant dans l'antichambre que dans le corridor.

Pendant que M. le gouverneur se reposoit. Messieurs ont quitté leurs robes noires et puis leurs robes mi-parties et se sont ainsi que M. le gouverneur décorés de guirlandes, bracelets et bouquets de fleurs, dont celles de M. le gouverneur et de M. le prévôt des marchands étoient tontes blanches.

Les huissiers, à l'exception du premier, ont pareillement quitté leurs robes et pris leurs robes de livrée et leurs bracelets et bouquets de fleurs, et tout étant prêt, ou est descendu pour la procession autour du feu de bois qui s'est faite en cet ordre :

Marchoient d'abord les quatre compagnies des gardes de la ville, avec les dra|xîaux, tambours et fifres, et le colonel à la tète. Ensuite les domestiques de Messieurs et les valets de pied et coureurs de M. le gouverneur, portant des flambeaux. Les Suisses de M. le gouverneur portant leurs peitnisanes et commandés par un officier. La simphonie des compagnies des gardes de la ville, deux officiers, l'un de M. le gouverneur et l'autre de M. le prévôt des marchands, portant chacun un flambeau de poing. Les gardes de M. le gouverneur sur deux files qui prenoient depuis les huissiers jusqu'à la fin du corps de ville. Entre lesdits gardée, marchoient les huissiers deux à deux, le premier huissier seul, le greffier de la ville aussi seul, M. le gouverneur ayant à sa gauche M. le prévôt des marchands; les pages de M. le gouverneur marchoient devant lui, son capitaine des gardes à côté de lui et ses gentilshommes auprès. M. le prévôt des marchands auroit aussi eu à côté de lui le colonel des gardes de la ville, s'il n'eût été à la tête de ses compagnies, mais il étoit entouré de ses officiers et domestiques. Ensuite MM. les écfae-

vins, deux à deux, et Bi. le procureur du Roi avec M. le receveur de la ville. On a en cet ordre fait trois fois le tour de la partie de la place de Thôtei de ville, du côté de la rivière, où étoit disposé un feu de cinq cents fagots terminé par un arbre verd. Au troisième tour. Messieurs se sont approchés du feu de bois , et l'ofBcier de M. le gouverneur «t celui de M. le prévôt des marchands et les domestiques de Messieurs leur ayant présenté des flambeaux, ils y ont mis le feu et sont remontés à l'hôtel de ville dans le même ordre, et on est passé au petit bureau.

Messieurs quittèrent leurs robes de cérémonie, ainsi que les huissiers leurs robes délivrée, et prirent leurs robes noires.

Sur les sept heures et demie, M. le gouverneur et M. le prévôt des marchands étant convenus de faire tirer Tartificc, on passa dans la grand'salie, et M. le prévôt des marchands ayant donné . Tordre à Tarchitecte de la ville de donner le signal, il fut fait une décharge des boëtes et de rartillcrie de la ville, pendant laquelle il fut tiré — (en blanc) douzaines de fusées volantes, des bombes, etc.

L'hôtel de ville fut aussitôt illuminé par des filets de terrines ainsi que les hôtels et maisons de M. le gouverneur et Messieurs, et il /ut ouvert quatre fontaines et buffets et quatre orchestres qui avoiènt été dressés dans la place de l'hôlel de ville aussi du côté de la rivière. Il y fut distribué du vin , du pain et des cervelas, et les musiciens firent danser le peuple bien avant dans la nuit.

A huit heures , M. le gouverneur s'en alla, et il fut reconduit par Messieurs, de la même manière, dans le même ordre et jusqu'à l'endroit où il avait été reçu ;

Et Messieurs se retirèrent chez eux.

A neuf heures, le tocsin cessa.

Les nouvelles qu'on reçut de la santé de la Reine et du Prince furent des plus satisfaisantes.

M. de Nantouillet, maitre des cérémonies, ayant écrit à M. le prévôt des marchands, dès le vingt-huit, qu'il se rendroit le trente à l'hôtel de ville, entre dix et onze heures du matin, pour remettre la lettre du Roi pour le Te Deum, Messieurs du bureau, en robes noires, s'assemblèrent audit hôtel de ville ledit jour mercredi trente, à dix heures.

A dix heures trois quarts, M. de Nantouillet arriva à l'hôtel de ville, Messieurs passèrent à l'audiende. M. de Nantouillet fut reçu à la grande porte de l'hôtel de ville et en dedans près le bureau des huissiers, par un huissier de la ville, en robe noire, qui, par le grand escalier, le conduisit jusqu'à la chapelle où il a été reçu par

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le çretàer de la ville, qui, précédé dadit huissier, l'a conduit dans la chambre d'audience , dont les deux bottants de la porte étoient ouverts. Après les civilités réciproques, M. de Nantouillét s'est placé sur le banc à dos, à droite enentnmt, à gauche de M. le prévét des maidiands et au-dessus de M. le secondédiewi. il s'est couvert de son chapeau et Messieurs de leurs honnets qoanés, et s'étant ainsi que Messieurs découvert et ensuite recouvert, il a dit qu'il apportoit de la part du Roi une lettre qu'il a remise à M. le prévôt des marchands , qui , l'ayant ouverte , l'a passé^n gielfier, lequd debout et découvert, en a £Biit la lecture en commençant par la su»cription ainsi qu'il suit :

c; A nos très chers et bien amés les prévôt des marchands et éche-

V vins de notre bonne ville de Paris.

n De par le Roi , n

A ces mots, M. de Nantoiiillet et Messieurs se sont découverts, puis recouverts, et le greffier a continué :

(I Très chers et bien amés, la naissance d'un second fils dont la n Reine notre très chère épouse et compagne est accouchée heureu- » sèment, nous cause une joye d'autant plus juste, que cet événe- » ment ne peut que contribuer à perpétuer le bonheur de nos n peuples, en assurant de plus en plus notre succession, et la trann quillité dans notre royaume. C'est pour rendre à la divine Provin dence les actions de grâces qui lui sont dues pour ce nouveau n bien&it, et lui demander la continuité des bénédictions qu'elle n daigne répandre sur notre règne et sur nos États, que nous avons n donné nos ordres pour foire chanter le Te Deum dans l'église . *> métropolitaine de notre bonne ville de Paris , et nous vous mann dons .de vous y trouver au jour et à l'heure que le grand maître » ou le maître des cérémonies vous dira de notre part, et au surplus » de donner les ordres nécessaires pour foire allumer des feux de " joye par toute notre dite ville. Si n'y faites faute, car tel est notre

V plaisir. Donné à Versailles, le 27 mars 1785.

n Signé : Louis.

(Et plus bas :) » Le baron de Breteuil. n

Cette lecture faite, M. le maître des cérémouies a dit que le Te Deum seroit chanté le vendredi premier avril , et que le Roi seroit à Paris sur les cinq .heuies, et a ajouté que Sa Majestédispettsoit

ET PIEGES JUSTIFICATIVES. 5ii

le corpe de ville de se trouver à 'la porte de la Gonfiârence pour le recevoir. M. le prévôt «des niarcfaands a répondu que la viUe ne manqueroit point d'exécuter les ordres du Roi. Àprèe quoi M. le maître des cérémonies s'est levé, et, i^près les civilités départ et d'autre, s'en est allé, reconduit par MM. les troisième et quatrième échevins , jusqu!à .la Chapelle; et par un -buissiei;, jusques à la grande porte de rhôtel de ville, en dedans, où il avoit été reçu.

Gonione M. Ie.prév6t des 'marchands avoit reçu la veille une lettre de M. le haron de Breteuii par laquelle il lui marquoit que Sa Majesté soufaaitoit ôtre reçue par le corps de ville à son entrée en cette ville, lorsqu'EUe viendroit pour le Te Deun\^ mais comme il n'étoit pas possible que le corps de ville se trouvât à la porte de la Conférence pour y recevoir Sa Majesté, et pût se rendre à Notn>Dame pour le Te Deum avant que le Roi arrivât, et que d'ailleurs la dispense annoncée par le maître des cérémonies n'étoit que verbale, 'M. le prévôt des marchands en écrivit le même jour à M. le baron de Breteuii, en lui rappoiiant plusieurs exemples de dispense; Sa Majesté voulut bien l'accorder, et M. leOsaron de Breteuii le manda en conséquence à M. le prévôt des marchands par une lettre dndit jour, trente, desquelles deux lettres la teneur suit :

u À Versailles, le 29 mars 17K5.

, «Le Roy, Monsieur, devant aller à Paris le vendredi l^' avril pron chain pour y assister an Te Deum qui sera chanté ce jour-là dans n l'église de Notre-Dame, Sa Majesté m'a ordonné de vous en infor- » mer, et de vous marquer qu'Ëlle souhaite que vous vous trouviez, n ainsi que le corps de ville, an bout du qnay des Tbuilleries pour n y recevoir Sa Majesté lorsqu'Elie arrivera.

n J'ai l'honneur d'être très parfaitement. Monsieur, votre très n humble et très obéissant serviteur.

n Signé : Le barotc de Breteuil. n

«A Versailles, le 30 mars 1785.

u Je vous donne avis. Monsieur, que sur le compte que j'ai rendu n an Roi de Pimpossibilîté où est le bureau de la-vTlle de se trouver n à la porte de la Conférence pour y recevoir le Roi , Sa Majesté n a bien voulu le dispenser de se trouver à la porte de la Gonfôn rence.

» J'ai rhonneur d'être très parfaitement. Monsieur, votre très n humble et tràs obéissant serviteur.

» Si^é : Le baron de Breteuil. n

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Sur le champ, Messieurs firent expédier les mandements suivants il tous les conseillers et à tons les quartiniers, et au colonel de$ gardes de la ville, pour le Te Deum :

u Monsieur Mercier, conseiller du Roi en Fhôtel de ville, plaise » vous trouver vendredi prochain, premier avril , deux heures prén cises de relevée, en robe de cérémonies, aadit hAtel de ville, » pour nous accompagner en l'église Notre Dame , oii sera chanlé, n de Tordre et en présence du Roy, le Te Detun en actions de n grâces de Pheurcux accouchement de la Reine et de la naissance » d'un Duc de Normandie, vous priant n^y vouloir faillir.

n Fait au bureau de la ville de Paris, le 90 mars 1785.

n Les prévôt 4es marchands et échevins » de la ville de Paris, tous vôtres.

n Pareils mandements seront envoyés à tous les conseillers de » ville, n

« De par les prévôt des marchands et échevins de la ville de ') Paris.

» M* Michel Martel, doyen, quartinier, trouvez -vous vendredi »» prochain, 1» avril, deux heures précises de relevée, en robe de » cérémonies, audit hôtel de ville, pour nous accompagner en » Téglise Notre Dame, oii sera chanté, de Tordre et en présence du » Roi , \e,Te Deum en actions de grâces de Theureux accouchen ment de la Reine et de la naissance d'un Duc de Normandie.

i> Fait au bureau de la ville, le 30 mars 1785.

» Pareils mandements seront envoyés à tous les quartiniers. n

M De par les prévôt des marchands et échevins de la ville de « Paris.

n Capitaine Hay, écuyer, colonel des quatre compagnies de gardes » de Thôtel de ville, trouvez-vous vendredi prochain, 1* avril, une » heure précise de relevée, avec tous lesdits gaides en habits à'ot- M donnance et armes, en Thôtel de ville, pour nous assister en »i Téglise Notre Dame, où sera chanté, de Toidre et en présence du . » Roi, le Te Deum en actions de grâces à Dieu de Theureux accou- » chement de la Reine et de la naissance d'un Duc de Normandie. » Sy n'y faites foute.

» Fait au bureau de la ville de Paris, le 30 mars 1785.

n Le Peletier, Mercier, J. Cosseron, » Mitouart, Pigeon. ».

Messieurs rendirent aussi les deux ordonnances de police suivantes, Tune pour la sûreté des batteaux et des marchandises dans les ports et sur la rivière, et l'autre concernant les échafiauds dans la place de l'Hôtel de ville à l'occasion du feu d'artifice :

u De par les Prévôt des marchands et Échevins de la ville de » Paris.

n Ordotmance de police.

n Concernant la sûreté des bateaux et des marchandises étant dans » l'étendue des ports de cette ville, de ceux au-dessus et dans les n bras des rivières de Seine et de Marne, et sur la rivière d' Yerre ; n et défenses d'y tirer aucunes fusées et autres qualités d'artifice, 19 et d'allumer aucuns feux, soit sur lesdites rivières, ou le long n desdits ports.

• Du 30 mars 1785.

19 A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Louis Le Peletier, 99 chevalier, marquis de Montmélian , seigneur de Morte-Fontaine , 99 Plailly, Beaupré, Othis et autres lieux, conseiller d'Ëtat, prévôt 99 des marchands, et les échevins de la ville de Paris, salut : Sçavoir 99 fiiisons. Sur ce qui nous a été remontré par le procureur du Roi 99 et de la ville, que si, en conséquence des réjouissances que nous » avons ordonnées en exécution des ordres du Roi à nous adressés 99 et de l'arrêt de la cour, à cause de l'heureux accouchement de la » Reine et de la naissance d'un Duc de Normandie, il étoît tiré des 99 fusées et autres artifices, ou allumé des feux sur la rivière et le 99 long des ports, dans l'étendue de cette ville et au-dessus, et dans 91 les bras des rivières de Seine et de Marne, au^lessus et au-dessous 99 du pont dc^Charenton, et dans celle d'Yerre, affiuente dans ladite 99 rivière de Seine, il y auroit lieu de craindre tant l'embrasement 99 de celles des marchandises qui sont combustibles par leur nature, 99 que le naufrage des autres; pour quoi requéroit ledit procureur » du Roi et de la ville, qu'il nous plût y pourvoir, et prononcer » des peines proportionnées à un genre de contravention dont les n suites peuvent être aussi funestes que préjudiciables- tant à la pron vision dé cette ville, qu'aux commerçants et aux propriétaires des n marchandises et des bateaux.

99 Nous, ayant égard au réquisitoire du procureur du Roi et de la «9 ville, et après l'avoir ouï en ses conclusions, disons que les ordon- 99 nances concernant la sûreté des marchandises étant dans les ports

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n de cette vilie et de celles qui sont destinées pour sa provision, et n ne peuvent y être descendîtes que suivant leur rang d'arrivage, n seront exécutées selon leur forme et teneur; en cooséquenoe fiû- )) sons très-expresses inhibitions et défenses à toutes penonnes n quelles qu'elles soient, de tirer ou faire tirer aucunes fusées et n autres qualités d'artifice, ni d'allumer aucuns feux sur la rivière » et le long des ports dans l'étendue de cette ville et au-dessos, et n dans les bras des rivières de Seine et de Marne, au-dessus et aun dessous du pont de Gharedton^ et dans celle d' Verre, affiuente n dans ladite rivière de Seine; comme aussi dèjetter aucunes fusées » par les fenêtres des maisons ayant vue sur la rivière, vendredi )} prochain , l'^'^ d'avril , à cause de l'heureux accouchement de la » Reine et de la naissance d'un Duc de Normandie, à peine de }) cinq cents livres cT amende, même de punition exemplaire, s'il n y écliet , et d'être responsables des dommages qui pourroient w arriver.

» Mandons aux huissiers audienciers et commissaires de police de n Vhàtcl de cette, ville, de tenir exactement la main à l'exécution » des présentes ; de dresser des procès verbaux des contraventions n ^ui y seront faites, et de les remettre dans le jour es mains da n procureur du Roi et de la ville; enjoignons pareillement aux ser^ n gents, caporanx et soldats de garde de jour et de nuit sur les ports » de cette dite ville, de dénoncer au procureur du Roi et de la ville n cesdites contraventions aussitôt qu'elles seront venues à leur oonn noissance ; requérons le commandant de la maréchaussée établie n audit lieu de Charenton, d'assister lesdits -hnissiers audienciers et n commissaires de police, comme aussi de veiller à rexéGutîon des n présentes, et de dresser des procès verbaux desdite^ contravenn tions. Et seront ceédites présentes, lues, publiées et affichées parn tout où besoin sera, et exécutées, nonobstant oppositions on n appellations quelconques, et sans préjudice d'icelles.

n Fait au bnreau de la ville de Paris , le trentième de mars mil » sept cent quatre-vingt-cinq.

n Signé (dans roriginal) : Le Peletier, Mercier, Gosseron,

n JOLLIVET, MlTOCART, PiGEON.

(Et dans la copie:)

n Ve\tard. »

Avec l'annotation qui suit :

u L'an 1785, le 30 mars, l'ordonnance ci<lessus a été lue et pun bliée au son dn tambour, sur les ports et le long des isles des

i> Carrîèn» de Gharentoti, sur la rivière d'Yerre, à Villeneuve » Saint-Georges, et sur tous les autres ports, lieu* et endroits ordi- V naires et accoutumes de cette ville, par mdi Louis Noël Blanchet, » huissier audieticier et commissaire de police de l'hôtel de ville de )> Paris soussigné, et afBcliëc èd dits lieux.

n Blanghêt. »

u De par les prévdt des marchands et éehevins de la ville de n Paris.

» Ordonnance de police

» Concernant les iH^hafFauds dans la place de THôtel de ville , et la n police qui doit être observée sur la rivière, â Toccasion du feu n d'artifice qui sera tiré vendredi prochain, premier d'avril, dans n ladite place, en réjouissance de l'heureux accouchement de la n Reine et de la naissance d'un Duc de Normandie.

n Du 30 mars 1785.

ff A tous ceux qui ces présentes lettres verront, Louis Le Peletier, yp chevalier, marquis de Montmélian, seigneur de Morte-Fontaine, n Plailly, Deanpré, Othis et autres lieux, conseiller d'Ëtat, prévôt }) des marchands, et les éehevins de la ville de Paris, salut. Sravoir n faisons : Sur ce qnt nous a été remontré parle procureur du Roi n et de la ville, que nous aurions ordonné la disposition d'un feu n d'artifice, qui sera tiré vendredi prochain, premier d'avril, dans )? la place de l'Hôtel de ville, en "réjouissance de l'heureux accoun chement de la Reine et de la naissance d'un Duc de Normandie; 'V mais que, ne semblant pas nécessaire que, pour cette fois, il soit ty formé des échafïàuds dans la place de l'Hôtel de ville, il croit n devoir nous requérir de n'en point permettre la construction; n qu'il convient cependant toujours de f^ire défense à tous voitu- » riers par terre de laisser leur charette dans ladite place; connue it aussi â toute personne d'approcher de^ canons et des boëtcs d'arn tifice; de monter sur les couvertures des batteaux à laver lessives; n et à tous compagnons de rivière, bachoteurs et autres personnes, n de conduire ni de tenir aucuns batteaux ni bachots dans le bassin n de ladite rivière, quand bien même ils ne voudrofent y recevoir n aucunes personnes, ce tout siir telles peines qu'il nous plaira n arbitrer. Pour quoi requéroit le procureur du Roi et de la ville, » qu'il nous plût y pounoir.

n Nous, ayant égard au réquisitoire du procureur du Roi et de

» la ville, et après l'avoir ouï en ses conclusions, disons que les » ordonnances concernant la police qui doit être observée sur la n rivière , lors des cérémonies et spectacles donnés au sujet des fêtes n et réjouissances publiques , seront exécutées selon leur fbmie et n teneur ; en conséquence faisons très expresses inhibitions et defn fenses à tous voituriers par terre, de laisser aucunes charrettes ou n hacquets vendredi prochain, premier d'avril, daps la place de n THôtel de ville, jour auquel nous y ferons tirer un feu d'artifices n en réjouissance de l'heureux accouchement de la Reine et de la n naissance d'un Duc de Normandie, à peine de cent livres et amende » et de confiscation , qui seront encourues en cas de contravention.

n Défendons pareillement à toutes personnes d'approcher des n calions et des boëtes d'artifice; comme aussi de monter sur le» n couvertures des bateaux à laver lessives, à peine de cinquante n livres d amende; et à tous cora paginons de rivière, bachoteurs et » autres personnes, de conduire ni tenir aucuns bateaux ou bachots n dans le bassin de ladite rivière , quand bien même ils ne voun droient y recevoir aucunes personnes, a peine contre lesdits n compag^nons de rivière et bachoteurs, de cinquante livres tfan mende, et d'être chassés des ports de cette ville, et contre le^i n propriétaires desdits bateaux et bachots qui l'auront souffert, de n cinq cents livres (f amende, et de confiscation d'iceux.

» Mandons aux huissiers audienciers et commissaires de police » de l'hôtel de ville de tenir la main exactement, etc. (semblable » à l'autre ordonnance du 30 mars également, concernant la sûreté » des batteaux, etc. ; retrancher seulement la phrase : Reqiiéron» )» le commandant de la maréchaussée établie audit lieu de Gbarenn ton , — c'est-à-dire terminer. a|i mot connaissance, et reprendre » ainsi : Et seront ces présentes lues, etc.)

» Signé : Veytard.

n L'an 1785, le 30 mars, l'ordonnance ci-dessus a été lue et » publiée au son du tambour, en la place de l'Hôtel de ville, et n autres endroits ordinaires et accoutumés de cette ville de Paris, n par moi Louis Noël Blanchet , huissier audiencier et commissaire n de police de l'hôtel de ville de Paris, soussigné, et affiché es dits » lieux.

n Signé : Blanchet. »

Il ne fut point rendu de nouvelle ordonnance pour la cessation de toute vente et travail sur les ports et pour des illuminations le

jour*(1ti Te Deum, parce qu'il y avoit été prévu par celle du 28. Opciidant M. le lieutenant de police renouvela la sienne, et on a pensé que la ville auroit dû faire de même.

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