DE LA PART DE LA VILLE
Le vendredi vingt-neuf, M. Rousseau , d'après le compte qu'il a voit rendu au bureau des instructions quMl avoit prises de MM. de Boissy, leur remit une somme de — (en blanc) — montant desdits TOME t. 34
débiteurs de mois de nourrice, qui éfoient an nombre de 90, les-^ quels , en conséquence , furent tons ou mis en liberté ou décfaar^^ës le même jour. Grand nombre d'entr'eux témoignèrent leur reconnaissance en venant volontairement et avec empressement au Te Deum joindre leurs vœux à ceux de la ville pour la conservation des jours de la famille royale. Le bureau instruit de ce zèle, donna des ordres pour qu'ils pussent être placés dans l'église, mais sans affectation ni rien qui pût les faire connottre.
Ledit jour, samedi trente avril , jour fixé pour le Te Deum, les cloches de la paroisse Saint-Jean, qui avoient commencé à sonner la veille au soir, continuèrent à sonner dès le matin.
Sur les quatre heures, sont arrivés à l'hôtel de ville les Suisses et gardes de M. le gouverneur, qui se sont placés depuis la grande porte et le long des escaliers jusqu'au petit bureau , les gardes de la ville conservant toujours leurs postes ordinaires, et un détachement d'iceux a été s'emparer des portes de l'église Saiut-Jean.
A la même heure, Messieurs se rendirent à l'hôtel de ville en robes noires, où se trouvèrent aussi 51 M. les conseillers et quartiaiers, ainsi que les huissiers de la ville, aussi en robes noires.
A quatre heures trois quarts est arrivé à l'hôtel de ville M. le gouverneur en petit cortège, seulement avec deux carrosses. Il a été l'eçu par Messieurs du bureau , précédés des huissters et du colonel des gardes de la ville (lequel portoit son bâton de commandement] près la grande porte de l'hôtel de ville, mais au dedans, et conduit au petit bureau.
Les quatre compagnies des gardes de la ville, avec les quatre drapeaux, ont formé deux lignes, depuis la graude porte de l'hôtel de ville, en passant par la rue du Martroi, jusqu'à la porte de l'église Saint-Jean, laquelle route n'avoit point été sablée parce qu'il faisoit très-sec.
A cinq heures un quart. Messieurs ayant pris leurs robes de velours, et les huissiers leurs robes de livrée, à l'exception du premier huissier qui est toujours en robes noires, on est parti à pied en l'oi-dre qui suit , pour se rendre en la paroisse de Saiut-Jean , et passant entre les deux lignes desdits gardes de la ville.
La livrée de M. le gouverneur,
Ses Suisses et ses gaixles ,
Les huissiers de la ville ,
Le greflfier,
M. le gouverneur et M. le prévôt des marchands A sa gauche, M. le gouverneur ayant près de lui son capitaine des gardes, et
M. le prévôt des marchands, le colonel des gardes de la ville, portant tous deux leur bAton de commandcroent.
MM. les échevins deux à deux ,
M. le procureur du Roi et M. le receveur,
MM. les conseillers de ville et MM. les quartiniers aussi deux à deux.
Le corps de ville , au bruit des clocbes et des orgues , fut reçu à Ja porte de l'église , qui étoit gardée par des gardes de la ville, par M. le curé en chappe, à la tête de son clergé. Il présenta l'eau bénite. On a gagné le chœur, passant entre deux files des Suisses de M. le gouverneur, qui prenoient depuis la porte en dedans jusqu'à rentrée de la nef. Elle étoit garnie de banquettes de chaque côté pour les compagnies , et au milieu étoit un passage libre pour arriver an chœur. La prihcipale porte, ainsi que les deux portes collatérales du chœur, étoicnt gardées par les gardes de M. le gouverneur; quant aux gardes de la ville, ils étoient postés le long de la nef, des deux côtés , près les piliers qui la séparent des bas-côtés, et le long de la grille du chœur extérieurement ; une partie des gardes de la ville gardoient aussi les portes de l'église, tant intérieurement qu'extérieurement. Les drapeaux furent placés dans le chœur à droite près les marches du sanctuaire. On est entré dans le chœur.
M. le gouverneur s'est placé à droite au bas des marches du sanctuaire, dans un fauteuil de velours cramoisi galonné d'or, ayant devant lui un prie-Dieu , couvert aussi de velours cramoisi galonné d'or et un carreau pareil. M. le prévôt des marchands s'est placé à la suite de M. le gouverneur, ayant pareils fauteuil, prie-Dieu et carreau. A la suite et sur la même ligne se sont placés MM. les échevins, procureur du Roi, greffier et receveur, sur des chaises aussi de velours cramoisi galonné d'or, ayant devant eux un seul prie-Dieu, mais assez long pour garnir l'espace, et des carreaux , le tout aussi de damas cramoisi galonné d'or ; les huissiers ont été placés sur trois banquettes au bas du chœur, à la suite de la file de Messieurs, mais en relour et en face de l'autel.
Le capitaine des gardes de M. le gouverneur et le colonel des gardes de la ville se sont placés chacun sur une chaise , l'un derrière M. le gouverneur et l'autre derrière M. le prévôt des uiarchands.
Les conseillers de ville ont occupé les hautes et basses stalles à droite, et MM. les quartiniers les hautes stalles è gauche, et dans
les basses stalles étoSent les gentilshommes de M. le gouverneur, SCS pages et les personnes attachées particulièrement à M. le prévôt des marchanda.
Le clergé étoit placé dans le sanctuaire, les personnes invitées étoient, comme dit esty dans la nef, et le public dans les bascôtés.
M. le curé a entonné le Te Deum, qui a été continué parla musique de la composition du sieur Gossec; il ftit exécuté par quati*e-vingt-dix musiciens, qui étoicnt placés dans un orchestre formé à Ja suite des orgues, k neuf pieds d'élévation. Après le Te Deum et la prière pour le Roi , le corps de ville, les orgues jonant, a été reconduit jus(]u'à la poiie de Téglise en dedans par M. le curé et le clergé , comme il avoit été reçu , et est revenu à Thôtel de ville dans le même ordre qu'il en étoit parti.
A la sortie du corps de ville de l'église, il a été fait une décharge de l'artillerie de la ville.
Messieurs ayant quitté leurs robes de velours ainsi que les huissiei*s leurs rolies de livrée et pris leurs robes noires, M. le gouverneur s'en est allé et a été reconduit de la même manière qu'il avoit été reçu, et la coui|)agnle s* est séparée.
La nef de l'église Saint-Jean , ainsi que le jubé, avoient été décorés en partie en damas cramoisi galonné d'or et de tapisseries, et étoient ornés de lustres.
Il y avoit sur l'autel douze cierges de quatre livres chacun, huit de deux livres chaque pour les deux chapelles, quatre pour l'œuvre aussi de deux livres chaque, deux pour les acolytes de deux livres chaque et un d'une livre pour la lampe, tous aux armes de la ville».
L'hôtel de ville, non plus que les hôtels et maisons de M. le gouverneur, de M. le prévôt des marchands et de Messieurs du bureau, ne furent point illuminés; les illuminations furent réservées pour le jour que la Reine viendroit à Paris.
M. le prévôt des marchands ayant été instruit par M. le gouver-
' Te Deum à Saini^Jean,
a ciei^ges pour le maître-autel de 4 livres chacun, la douille de 10 lignes de larfje et de 8 pouces de profondeur.
8 cierges pour leg deux chapelles de 2 livres chacun. 4 cieriges pour l'œuvre de 2 livres chacun. 8 cierges pour les acolytes de 8 livres chacun. 1 cierge pour la lampe de i livre.
i paquet de bougies à bagueUe.
neur et par M. le baron de BrcteiiîP que la Reine vîendroit à Paris le 24 mai pour rendre grâces h Dieu de Theureuse naissance de Monseigneur le Duc de Normandie, en fit part au bureau, et, en conséquence, Messieurs se disposèrent pour rendre k Sa Majesté les hommages qui lui sont dus à son entrée 0n cette ville.
M. le prévôt des- marchands s' étant concerté av^ M. le lieutenant général de police, il fut convenu que le jour que la Reine viendroit à Paris, il y auroit illumination générale, et que les boutiques seroient fermées et que M. le lieulcnnnt général de police et ]e« bureau de la ville rendroient chacun leur ordonnance à cet efFet.
En conséquence, MM. les prévôt des marchands et échcvins rendirent l'ordonnance suivante :
u De par les prévôt des marchands et échevins de la ville de Paris. n Ordonnance
n Concernant les illuminations et la cessation de toute vente et de n tout travail sur la rivière, sur les ports et dans les chantiers en n dépendant, le mardi 24 mai 1785, jour que la Reine honorera n cette ville de sa présence.
n Du 20 mnî 1785.
» II est enjoint, ce requérant le procureur du Roi et de la ville, n à tous bourgeois et habitans de cette ville et fauxbourgs de Paris, n de faire des illuminations aux façades de leurs maisons, et à tous n marchands de cesser toute vente sur la rivière, sur les ports et n dans les chantiers de cette ville , et à toutes personnes d'y cesser » pareillement tout travail, mardi prochain 24 du présent mois, n jour que la Reine viendra en l'église de Notre-Dame de cette ville, » et à Sainte-Geneviève, pour y rendre à Dieu des actions de grâces n à l'occasion delà naissance de Monseigneur le duc de Normandie.
» Faisons très expresses inhibitions et défenses à tous marchands
1 « A Versailles, le 19 mai 1785.
■ I^ Reine devant, Mon«Pur, aller à Pari« le mai*di 24 de ce nioÎM, le Roi n m'n ordonné de voui en informer et de vous marquer que Sa Majesté sou- ■ haice que vous vous irouviés ain^i que le corps de ville au bout du quai des » Thuilleri«*s pour y recevoir la Reine lorsqu'Ellc y arrivera. Elle doit se ren- • drc (l'nhord à ?iotre-Dame pour y entendre la messe; Elle ira ensuite faire » sa prière à Saintc-Genevirve, d'où Elle reviendra diner aux Tliuilleries.
■ J'ai l'bonneur d'être très - parfaitement , Monsieur, votre très- humble et » très -obéissant serviteur,
» Le baron de Bretecil. *
» de laisser aucuns bateaux sur la rivière dans la partie qui avoistne I) la place de Louis XV où il sera tiré un feu d'artifice.
n Mandons aux quart in icrs et autres officiers de police de Thétel n de cette ville de tenir la main à Texéaition des présentes, qui sen ront lues, publiées et affichées partout où besoin sera. » Fait au bureau de la ville, le 20 mai 1785.
» Signé : Vettabd.
» L'an mil sept cent quatre-vingt-cinq, le 21* de mai, Tordon-
» nance ci-dessus a été lue et publiée, au son du tambour, en tous
n les lieux et endroits ordinaires et accoutumés de cette ville, par
» moi Germain Rathery, huissier audiencier et commissaire de po-
n lice de l'hôtel de ville de Paris, soussigné, et affichée es dits
n lieux.
n Signé : Rathery.
n Messieurs firent expédier les mandements suivants à tous MM. les n conseillers et quartiniers, et au colonel des gardes de la >ille:
w Monsieur Fraguier, doyen conseiller du Roi en l'hôtel de cette » ville de Paris, plaise vous trouver mardi prochain 24 du présent » mois, 8 heures précises du matin, audit hôtel de vilfe, en robe » de cérémonies, |H)ur nous accompagner lorsque nous irons coin- » plimentcr la Reine, à l'entrée de cette ville. Vous priant ny n vouloir faillir. Fait au bureau de la ville, le 20 mai 1785.
n Les prévôt des marchands et écbevins n de la ville de Paris, tous vôtres.
n Pareils mandements seront envoyés à tous MM. les conseujfirJ n de ville. »
« De par les prévôt des marchands et échevins de la ville de Pans.
» M« Michel Martel, doyen quartinier, vous êtes averti de vous » trouver mardi prochain, 24 du présent mois, 8 heures précises » du matin, en l'hôtel de cette ville, en robe de cérémonies, pour » nous accompagner lorsque nous irons complimenter la Reine a n l'entiée de cette ville. Fait au bureau de la ville, le 20 mai l'oo-
w Pareils mandements seront envoyés à tous MM. les quarUn nicrs. »
u De par les prévôt des marchands et échevins de la ville de Pans*
n Capitaine Hay, écuyer, capitaine général colonel des quatre
n compagnies des gardes de l'hôtel de ville, trouvés-vous avec tons
n ceux de vos nombres en habits d'ordonnance et armes mardi pro- » chain, 24 du présent mois, sept heures précises du matin, audit i> hôtel de ville 9 pour nous assister lorsque nous irons complimenter n la Reine à l'entrée d^ cette ville. Sy n'y faites &ute. Fait au bureau yy de la ville 9 le 20 utai 1785.
» Le Peletier, Mercier , Cosseron, Mitouart, Pigeon. »
• Gomme en pareilles circonstances le corps de ville est obligée d'attendre l'arrivée de la Reine pour la complimenter à son entrée dans la ville, M. le prévôt des marchands écrit au surintendant des bâtiments du Roi y pour que le corps de ville puisse se retirer jusqu'au moment de l'arrivée, dans le pavillon au bas de la terrasse des Thuilleries, et sur la demande qu'en Bt M. le prévôt des marchands , M. d'An^iviller lui fit la réponse suivante :
a A Versailles, le 22 mai 1785.
u Je recois, Monsieur, la lettre que vous m'avés lait l'honneur de V m'écrire pour me demander au nom de la ville de Paris Tusag^e » du pavillon sis au bout de la terrasse des Thuilleries, pour le jour » où la Reine doit faire son entrée à Paris, et je m'empi^esse d'y n répondre. Je me fais un vrai plaisir de lui procurer cette comn modité, en vous observant toutefois que cet usagée réclamé par le n bureau de la ville ne seauroit être regardé comme un droit. » J'adresse au contrôleur du département les ordres nécessaires n pour que ce pavillon soit mardi prochain à la disposition du n bureau.
» J'ai l'honneur d'être avec un très pariait attachement, Monsieur, «votre très humble et très obéissant serviteur.
» iyANOIVII,LER. »
Il fut donné des ordres à Tarchitecte de la ville pour faire disposer des illuminations tant à l'hôtel de ville qu'aux hôtels et maisons de M. le gouverneur, du ministre ayant le département de Paris, et de chacun de Messieurs du bureau, et aussi d'arranger l'illuminatiou de la partie de la colonnade de la place de Louis XV qui est à la charge de la ville, pour qu'elle corresponde aux illuminations de M. le comte d'Aranda, ambassadeur d'Espagne, qui occupe le pavillon de la place liouis XV du côté des Champs- Elysées, et à celle de l'hôtel du Garde-Meuble, qui occupe la partie du côté des Thuilleries; de faire établir des orchestres et bufifets aux endroits qui seront ci-après désignés, et de faire transporter
une partie de rartillerie de la ville à la place de Louis XV, Taotre partie restant sur le port au Bled de la Grève.
Il fut aussi donné ordre au colonel des gardes de la ville de &ire trouver une compagnie desdits gardes A la porte de la Gonference, pour être sous les armes au passage de la Reine.
Ledit jour, mardi 24 mai 1785.
Le corps de ville s'est assemblé avant neuf heures du matin k riiôtel de ville,
Messieurs étant en robes de velours ,
Et MM. les conseillers et quartiniers en robbes noires de cér^ monies ,
Le premier huissier en robe noire et six autres huissier^ en fr>bes de livrée.
On est parti de T hôtel de ville à neuf heures et demie pour aller prendi-c M. le gouverneur en cet ordre :
Un détachement des gardes de la ville onvroit la marche , '
Ensuite deux carrosses dans lesquels étoient les huissiers.
Un autre carro^e dans lequel était le colonel des gardes de la ville , '
Le carrosse de M. le prévôt des marchands, dans lequel il étoît avec MM. les I»», 2« et 3- échevins,
Un carrosse dans lequel étoient MM. les quatrième échevin, procureur du Roi, greffier et i-eceveur,
Ensuite les carrosses dans lesquels étoient- MM. les conseillers el quartiniers quatre à quatre;
Des gardes de la ville bordoient de chaque côté ces carrosses, et un autre détachement des gardes fermoit la marche.
On est allé au pas des chevaux par le quay Peletier, la rue de Gesvres, le quay de la Mégisserie, le pont Neuf, le quay de Gonti, celui des Théatins, la rue du Bac et la rue de Varennes, où est Phôtel de M. le gouverneur, à la porte duquel étoient rangés en baye ses Suisses avec leurs pertuisanes ; Messieurs sont entrés dans leurs carrosses, précédés des gardes de la ville, dans la cour où étoient sous les armes une partie de ceux de M. le gouverneur, et ont été reçus à la descente de leurs carrosses par les officiers de la maison, et précédés desdits officiers, des huissiers, du colonel des gardes de la ville, ayant son bâton de commandant, et du greffier, ont monté le péristile au bas duquel ils ont été reçus par Tintendant des maisons et affaires de M. le gouverneur, et à la porte sur le péristile en dehors par ses gentilshommes, sont entrés dans la
première pièce, qui sert de salle des gardes de 31. le gouverneur, dont l'autre partie étoit sous les armes. Ainsi prcc)édés, Messieurs ont passé plusieurs pièces, et arrivés à celle dans laquelle étoit M. le gouverneur, il s'est avancé de quelques pas pour les recevoir; après les civilités réciproques, M. le gouverneur a invité Messieurs à s'asseoir, ce qu'ils ont fait. Peu de temps après on est venu avertir M. le gouverneur que tout étoit prêt pour la marche, on est alors sorti de l'appartement dans le même ordre qu'on y étoit entré, M. le gouverneur ayant pris la droite de M. le prévôt des marchands, M. le gouverneur et Messieurs sont montés dans les carrosses de M. le gouverneur qui est monté le premier dans le sien, et on s'est rendu à la porte de la Conférence dans l'ordre qui suit :
Heux cavaliers de la garde de Paris ,
Les compagnies de l'arcet de l'arquebuse, auxquelles M. le gouverneur avait permis de marcher avec le cortège.
Un gros détachement des gardes de la ville, avec drapeaux, enseignes et instruments.
Deux carrosses de la ville dans lesquels éloient les huissiers,
Cn autre carrosse de la ville dans lequel étoit le colonel des gardes de la ville, portant son bâton de commandement,
Deux trompettes aux livrées de M. le gouverneur,
L'officier de ses Suisses à cheval ,
Les Suisses de M. le gouverneur portant leurs pertuisanes.
Des gardes de M. le gouverneur, à pied, commandés par leurs officiers, et d'autres qui bordoient les carrosses dont va être parlé :
Le carrosse de cérémonies de M. le gouverneur, dans lequel il étoit à droite avec M. le prévôt des marchands à sa gauche dans le fond, et MM. les premier et second échevins sur le devant; ce carrosse étoit accompagné par le capitaine et le lieutenant des gardes de M. le gouverneur à cheval et suivis chacun d'un palefrenier aussi à cheval, avec des housses aux armoiries de M. le gouverneur ; deux de ses pages étoient sur le devant près le siège du cocher, et quati*e autres pages étoient derrière le carrosse. Les gens de livrée de M. le gouverneur étoient de droite et de gauche, deux desquels tenoient les boutons des portières, et les gens de livrée de M. le prévôt des marchands et de MM. les premier et second échevins étoient aussi le long du carrosse.
Un second carrosse de M. le gouverneur, dans lequel étoient MM. les troisième et quatrième échevins, procureur du Roi et greffier.
Un troisième carrosse de M. le gouverneur, dans lequel étoil M. le receveur seul.
Et deux autres carrosses aussi de M. le gouverneur dans lesquels étoîent huit de MM. les conseillers.
Autour de tous ces carrosses étoient les ^ens de livrée de M. le gouverneur, dont, à chacun, deux tenoient les boutons des portières, et les gens de livrée de MM. et des sieurs conseillers et quar^ tiniers étoient sur les côtés.
Des gardes de M. le gouverneur étoient, comme on l'a dit, le long desdits carrosses de chaque côté.
Les carrosses de la ville dans lesquels étoient les autres conseillers de ville et les quaitiniers , quatre à quatre, et leurs gens de livrée à pied de chaque côté.
Et ensuite les carrosses de la ville qui étoient restés vuides.
Des gardes de la ville sur les ailes, depuis le premier desdits carrosses de la ville, et un détachement desdits gardes^ fermoit la marche.
On a repris la rue du Bacq, le Pont- Royal et le quay des Thuilleries jusqu'au bout à l'endroit où étoit anciennement la porte de la CSonférence.
Le corps de ville est descendu de carrosse, et on est entré dans le petit pavillon au bout de la terrasse des Thuillerles, pour y attendre l'arrivée de la Reine.
Les gardes de la ville se sont placés sur deux lignes de droite et de gauche, enseignes déployées, depuis la porte .du corps de garde de la garde des ports et quais en s'étendant du côté de la place du Roi et du petit Cours, et les gardes de M. le gouverneur se sont placés aussi sur deux lignes de droite et de gauche depuis ladite porte dudit corps de garde en tirant vers la ville, parce que lorsqu'il y avoit utie porte les gardes de M. le gouverneur étoient placés en dedans et ceux de la ville en dehors, et l'intervalle qui se trouve entre ces deux corps est la place où le corps de ville complimente, comme représentant le dehors de la porte.
Les deux compagnies de l'arc et de l'arquebuse se sont placées par delà les gardes de la ville, côté du petit Cours.
La porte du petit Cours étoit gardée k droite par une compagnie de la garde de Paris à pied avec drapeau., et, à gauche, par un détachement de ladite garde à cheval.
Toute la route que la Reine devoit tenir étoit gardée depuis l'endroit où étoient postés les gardes .de M. le gouverneur par les gardes françaises et les gardes suisses.
ET PIECES JnSTIFJGATIVES. 539
Une partie de rartillerie de la ville étoit placée, comme dit est, dans la place de Louis XV, en hce du petit Cours.
Sur les neuf heures et demie, on entendit tirer le canon de rhôtel royal des Invalides , ce qui fit juger que la Reine alloit arriver. Messieurs sortirent de l'endroit où ils s'étoient retirés et vinrent se placer à Tendroit ci-devant indiqué pour le compliment.
Sa Majesté, qui avoit pris ses voitures de cérémonies au rond du Cours, arriva audit endroit où étoit ci-devant la porte de la Conférence. Sa Majesté avoit cinquante gardes du corps du Roi et le plus brillant cortège, et Elle étoit accompagnée dans sa voiture de Madame Elisabeth, de Madame Adélaïde et d'autres princesses.
Ce carrosse étoit précédé et suivi d'autres carrosses dans lesquels étoient les officiers et dames de la cour de Sa Majesté.
Le carrosse de la Reine s'arrêta, et la portière fiit ouverte par un de ses valets de pied; alors le corps de ville s'est avancé, et, présenté par M. le gouverneur, a mis un genou à terre, et M. le prévôt des marchands a adressé un compliment à la Reine.
La Reine a répondu de la manière la plus gracieuse, et avec les grâces qui lui sont personnelles.
La portière refermée, le cortège, qui étoit terminé par un détachement du guet à cheval, a suivi sa marche ci-après décrite.
Alors les canons de la ville, qui étoient dans la place de Louis XV , firent une décharge.
Le corps de ville est remonté en carrosse et est revenu à l'hôtel de ville, dans le même ordre qu'il en étoit parti, à l'exception qu'il n'étoit escorté que d'un' très petit nombre de gardes de la ville, le surplus étant resté à la porte de la Conférence pour attendre le passage de la Reine à son retour.
M. le gouverneur n'a pas été reconduit chez lui comme il est d* usage, attendu qu'il s'est rendu en diligence à Notre-Dame avec M. le prévôt des marchands, pour y attendre la Reine et faire leur cour à Sa Majesté.
La Reine a continué sa route par le quay des Thuilleries, le Pont-Royal, le quay des Théatins, ceux des Quatre-Nations et de Conti, le Pont-Neuf, le quay des Orfévres, la rue Saint-Louis, le Marché-Neuf et la rue Notre-Dame.
A l'arrivée de la Reine à Notre-Dane, le surplus de l'artillerie de la ville qui étoit placé sur le port au Bled de la Grève, a fait luie décharge.
A la sortie de la Reine de Notre-Dame, pareille décharge de l'artillerie de la ville.
Sa Majesté, pour ailcc à Sainte-Geneviève, a pris la rue Notre- Dame, le Marché-Neuf, le pont Saint-Michel, la rue de la Bouderie, la rue Saint-Séverin, la rue Saint-Jacques, le marché, la place (le la Nouvel le-Éçlise jusqu'à Sainte-Geneviève.
Les [gardes françaises et suisses bordoient ces rues des deux côtés.
Au sortir de Sainte- Geneviève pour se rendre au palais des Thuileries, la Reine a pris la place de la Nouvelle-Église, la rue Saint-Jacques à gauche, la rue Saint-Thomas, la rue d'Enfer, la rue des Francs-Bourgeois, la rue de Vaugirard, la rue de Tournon, la rue des Quatre-Vents , la rue de la Comédie-Françoise, la rue Dauphine, le Pont-Neuf, la rue de la Monnoie, la rue du Roule, la rue Saint-Honoré, la rue Saint-Nicaise, la place du Carrousel et aux Thuilleries.
11 étoit deux heures lorsque Sa Majesté est rentrée.
Tout scr\'ice militaire des gardes françoises et suisses a alors cessé, la Reine étant censé être incognito à Paris. En conséquence, la compagnie des gardes de la ville qui étoit à la porte de la Conférence fut aussi retirée.
La Reine a diné aux Thuilleries, ensuite a été à l'Opéra.
A huit heures, il s'est ^it une décharge de Tartillerie de la ville.
Sa Majesté, après l'Opéra, s'est rendue au Temple où Elle a soupe.
Au sortir du souper. Sa Majesté a pris par les remparts, depuis la rue du Temple jusqu'à la rue des Capucines, est entrée dans, la place de Vendosmc, a pris la rue Saint-Honoré à droite, et s'est rendue à la place de Louis XY, où Sa Majesté a vu tirer le bouquet d'artifice que M. le comte d'Aranda, ambassadeur d'Elspagne, avoit fait placer sur les combles de son hôtel, faisant partie des bâtiments de la place. Il étoit alors minuit.
Après que Sa Majesté a eu vu l'illumination de la Colonade, Elle est revenue par la rue Saint-Honoré, est rentrée dans la place de Vendosme et est rentrée aux Thuileries par la me Saint-Honoré.
La ville avoit fait établir un orchestre et un buOet, sçavoir : sur le rempart du Temple, sur celui de Bonne- Nouvelle, sur celui de la Comédie-Italienne, à la place de Vendosme et en la place devant l'hôtel de ville. Les distributions se sont faîtes à ces quatre premiers buffets, successivement à mesure du passage de Sa Majesté, et comme Sa Majesté est revenue à la place de Vendosme, Elle s'est donnée le plaisir de voir cette distribution qui s'y faisoit alors.
Quant à celle de la Grève, elle s'est faite à dix heures.
M. le gouverneur, M. le prévôt des inarcUands et M. le lieutenant de police ensemble ont accx>inpa^né la Reine partout.
Le mercredi vin(jt-cinq mai, la Reine a diné chez madame la princesse de Lamballe, s'est rendue à la Comédie-Italienne, et est ensuite partie pour Versailles.
Arrêté au bureau de la ville, le — (en blanc) — mai mil sept cent quatre-vingt-cinq.
Le Pelletier, Mercier ^ Gosseron, Pigeon.