‹ Louis XVII (volume 2)Chapitre 39 sur 264 · LIVRE II. — LES TUILERIES · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LES TUILERIES

insulte, sans recevoir un outra{;e. Le joug devenait si lourd, qu*il ne restait plus qu'à s*y soustraire ou à le briser. D'ailleurs la révolution, qui n*avait jusque-là attaqué Louis XVI que dans ses droits de monarque, sa dignité de prince et sa liberté d*homme, venait de diriger contre lui une attaque bien plus sensible : par la constitution civile du clergé et par l'intolérance fanatique de l'Assemblée, qui mettait la main à l'encensoir comme au sceptre , elle l'avait attaqué dans ses devoirs de chrétien. Dans sa lettre du 10 juillet 1790, dont nous avons parlé, le Pape disait au Roi : « S'il était en votre disposition de renoncer même à des droits inhérents à la prérogative royale, vous n'avez pas le droit d'aliéner en rien ni d'abandonner ce qui est dû à Dieu et à l'Église, dont vous êtes le fils atné. » — Le 13 septembre de la même année, le Pape avait averti Louis XVI , par une nouvelle lettre , que la constitution civile du clergé était « contraire aux fondements de la religion catholique » . Enfin , dans un dernier bref adressé aux airdinaux, à la date du 13 avril I79I, le Pape avait qualifié de schisme le serment prêté à la constitution civile du clergé. Il n'y eut plus dès lors de doute possible pour les cathôUques fidèles.

La révolution venait de toucher, dans Louis XVI , à une force qu'elle ne connaissait pas. Le Roi avait fait tous les sacrifices, le prince avait accepté toutes les épreuves, l'homme avait souffert patiemment toutes les injures : le chrétien, blessé dans sa foi et éclairé sur son devoir, se redressa ' .

1 Voir la déclaration du Boi, adressée à tous les Français le 20 juin 1791.

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