‹ Louis XVII (volume 2)Chapitre 85 sur 264 · LIVRE IV. —JOURNÉE DU 20 JUIN · texte numérisé non relu

LIVRE IV. —JOURNÉE DU 20 JUIN

Chénier avait publié dans le même sens une lettre remarquable. La pétition du directoire de Paris avait suscité de vives paroles dans l'Assemblée. Pour la première fois apparut h sa barre le boucher Legendre , vociférant contre les traîtres et les tyrans. Placé entre les menaces du Ciel et les menaces de la terre, le Roi prit le parti le plus dig^ne, mais le plus dangereux : il s'exposa h l'insurrection du peuple pour ne pas se révolter lui-même contre sa conscience.

Bien qu'il fut dans les limites du droit que lui conférait la constitution, ce refus de Louis XVI de sanctionner deux décrets, dont l'un le blessait dans ses affections et l'autre dans sa foi religieuse, fut considéré comme une atteinte portée à la souveraineté natio/iale. L'aigreur de l'opposition s'en accrut. Les manifestations révolutionnaires devant le château devinrent plus violentes de jour en jour. La famille royale était, pour ainsi parler, mise en état de siège par l'injure et la menace. Une lettre écrite à cette époque par la Reine à la duchesse de Polignac porte la trace de cette situation. Nous la donnons en regard de cette page.

Cependant les intrigues, les calomnies, les pami)hlets n'avaient point étouffié dans le peuple tout battement de cœur pour la vieille royauté. Le lundi 20 février, la Reine se rendit avec ses enfants à la Comédie italienne ' ; des acclamations les y accueillirent. Quelques murmures ayant protesté contre les sentiments de la majorité , les perturbateurs furent forcés de battre en retraite, foudroyés par un tonnerre d'applaudissements. Dans la pièce des Événements imprévus, le parterre fit répéter quatre fois le duo chanté par le valet et la femme de chambre :

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