LIVUE XIX. - LK CIMETIERE
leur source; je vous les transmets avec empressement, parce qu'ils vous intéressent; mais je vous les transmets aussi avec confiance, parce qu'ils sont à mes yeux l'expression irréfragable de la vérité.
n Quant à la mesure qui empêcha dans le temps les recherches ordonnées par Louis XVIII, le motif ne m'en est pas bien connu. C'était, je crois, en mars ou avril 1816; M. Decazes , ministre de la police, avait chargé M. Angles , préfet de police , de faire faire une enquête pour découvrir les restes du jeune Roi. Le jour avait été pris pour cette cérémonie, et indiqué à M. Dubois, curé de Sainte-Marguerite. Nous étions tous à l'heure dite avec aubes, surplis, étole et la croix en tête, attendant le délégué du ministre de la police qui devait présider h cette enquête. Il n'arriva point. Au bout de quelques heures d'attente, nous reçûmes une dépêche de M. Angles annonçant qu'il y avait lieu de différer cette opération. Cet ordre nous chagrina. Le pauvre Decouflet fut lui-même bien désappointé, car il avait touché au moment de voir ses assertions vérifiées et son zèle récompensé. Il paraît que quelques témoins de l'inhumation n^étaient pas bien d'accord sur la place où elle avait eu lieu, et ce n'est peut-être qu'à leurs contradictions qu'il faut imputer la décision qui annula les effets de l'ordonnance royale. Mais personne ne pouvait être à cet égard mieux instruit que Valentin et Decouflet» qui n'avaient pas quitté les lieux , et leur témoignage aurait dû être écouté.
» Rayxaud, vicaire.
D Paris, 7 novembre 1837. «
Antérieurement à l'ordonnance royale dont parle M. Raynaud, les deux chambres, sur la proposition de Chateaubriand, avaient, les 17 et 18 janvier 1816, inscrit dans une loi relative aux expiations du 21 janvier un article ainsi conçu :
i II sera également élevé un monument, au nom et aux frais
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de la nation , à la mémoire de Loi is XVII , de la reine Marie- Antoinette et de Madame Elisabeth ^ »
C'est en exécution de cette loi que le roi Louis XVIII ordonna, au mois de février 1816, que Ton rechercherait les dépouilles mortelles du roi son neveu. Peu de jours après , le ministre de la police générale écrivait à M. Angles , préfet de police :
' En conséquence deux ordonnances royales, datées des 19 janvier et 14 février 1816 « prescrivirent l'achèvement de l'église de la Madeleine, an faubourg Saint-Honoré , pour y placer les monuments expiatoires votés par les chambres. Lemot, l'un de nos plus célèbres sculpteurs, fut chargé de l'exécution du mausolée de Louis XVII.
Le 8 juin suivant , anniversaire de la mort de ce l^rince , Tiolier , graveur général des monnaies , présenta à Louis XVIII et à la famille royale deux médailles frappées à l'hôtel de Paris , et consacrées à la mémoire du royal enfant. Au champ de chacune d'elles est l'effigie du jeune Roi avec cette inscription : ludov. xvii. d. g. rRAxc. kt nav. rbx. Sur le revers de l'une est la date funèbre qui le fit orphelin et roi : xxi januarii. mdcglxxxxiii, accostée d'une palme de martyr et d'un cyprès; le revers de l'autre médaille représente un lis brisé par l'orage avec cette légende : ckcidit ut plos , et avec cet exergue : viii. junii mogcxgv.
Quelques biographes ont fait mention d'une inscription composée par M. Belloc pour le mausolée de Louis XVU. Donnons-lui ici la place qu'elle attend encore sur le monument qui n'a point été exécuté :
Memoriœ. et cineribvs