LIVRE XX. — MARIE-THÉRÈSE
Les paroles prononcées par cette députation trouvaient de lombreux échos : Topinion à Paris leur prêta un concours lécisif. Le 25 prairial an II! ( 13 juin 1795) , le Comité de sû- 'eté générale arrête que les commissaires préposés à la garde les enfants de Louis Capet lui feront passer incessamment Tétat le tous les objets qui pourraient être nécessaires à la fille de jQuis Capet pour son vêtement et son entretien, ainsi que leurs )bservations sur la nourriture qui lui est fournie , pour y être ensuite pourvu, s'il y a lieu.
Un autre arrêté, ayant même date, porte 1° qu'il sera placé luprès de la fille de Louis Capet une femme pour lui servir le compagnie; 2<^ que la commission administrative de police ui présentera sous vingt-quatre heures le nom de trois femmes *ecommandables par leurs vertus morales et républicaines, 30ur être, par le Comité, désigné une d'elles; 3<^ enfin |u' après cette désignation, les commissaires attachés à la garde lu Temple recevront cette citoyenne dans ladite maison et lui procureront un libre et entier accès auprès de la fille de Louis [lapet.
La commission administrative répondit que, malgré toute la liligence qu'elle y mettrait, il lui serait impossible de satisfaire lu vœu de l'arrêté avant le 28 du même mois. Les renseignements qu'elle fournit sur les trois concurrentes fixèrent le choix du comité de sûreté générale sur u la citoyenne Madeleine-Elisabeth-Renée^Hilaire La Rochette , femme du citoyen Bocquet de Chanterenne, demeurant à Paris, rue des Rosiers, n<^ 24,
vrance? Et que pourrait objecter la défiance ia plus inquiète, la plus soupçonneuse ?
« Venex, entourez tous cette enceinte; formes un cortège pieux, vous, Français sensibles, et vous tous qui reçûtes des bienfaits de cette famille infortunée; venez, mêlons nos larmes, élevons nos mains suppliantes, et réclamons la liberté de cette jeune innocente; nos voix seront entendues; Vous allez la prononcer, citoyens représentants, et l'Europe applaudira à cette résolution , et ce jour sera pour nous , pour la France entière , un jour d'allégresse et de joie.
» RoziBR père, Sixgklb, Trrublat, Filiatrr, Lrf^vrr, Cujautrb,
PORGHBR, VaLLBT, GlBBON, CoSTi^ , POTIBR DB MrRSAN. »
376 LOUIS XTll.
section des Droits de rHomme>. > L^arrété qui la désigne pour senrir de compagnie à la fille de Louis Capet ajoute « qu*il loi sera fourni la nourriture et le logement ; qu*il sera pounru à son indemnité par un arrêté du comité de sûreté générale, et qu'elle ne sortira du Temple que pour affaires indispensables * » .
• fienseigmementM sur la eitoyemme HiUaire La Boehette . femme du eitayen
Boeqmet de Ckanteremne.
m La citoyenne Madeleine-Eliiabeth-Renëe-HiUaire La Rocbette est. igée d'environ 30 ans.
» Son père occupe une |dace administrative an service de la RépubUqve à Paris.
• Le citoyen Bocquet Chanterenne, son mari, demeurant rue des Rosiers. n« 24, section des Droits de l'Homme, est chargé en chef d'un dëtsil de confiance à la commission administrative de police.
» Elle a été ëlevëe avec soin et avec succès dans une aisance moderne*.
• Ses mœurs sont douces et honnêtes ; son extérieur est décent.
» Quoique ayant habité longtemps la campagne , elle n'est point dépUcée à la ville : ses sociétés, sans être très-brillantes, ont toujours été choisies.
• Elle parle bien le français . l'écrit avec facilité et correctement. Elle sait aussi l'italien et un peu d'anglais.
• L'étude des langues, de l'histoire, de la géographie , la musique, le dessin , les travaux amusants et utiles de son sexe , ont été les occupations de sa vie.
• Sa commune , qu'elle n'a quittée que depuis peu de mois , est celle de Couilly, près de Meaux. Elle y était remarquée par sa popularité, et jamais l'on n'a douté de son civisme. •
• Voici le texte de l'arrêté :
■ Convention nationale.
* Comité de sûreté générale. — Section de la police de Paris.
• Le 2 messidor de l'an III, etc.
» Le comité de sûreté générale, vu les renseignements qui lui ont été fournis par la commission administrative de la police en exécution de son arrêta du 25 prairial, portant qu'il sera placé auprès de la fille de Louis C^t vae femme pour lui servir de compagnie, et que la commission administrative de police lui présentera le nom de trois femmes recommandables par leurs veiti* morales et républicaines , pour être par le comité désigné une d'elles ;
• Arrête que la citoyenne Madeleine-Elisabeth-Renée-Hillaire La Rochette. femme du citoyen Bocquet de Chanterenne, demeurant à Paris, me des Rosiers, n** 24, section des Droits de l'Homme, est nommée pour servir d^ compagnie à la fille de Louis Capet. Il lui sera fourni la nourriture et le loge-