‹ Louis XVIIChapitre 151 sur 206 · LIVRE XX. — MARIE-THERESE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — MARIE-THERESE

qui re^te, en mettant auprès d'elle des personnes capables de contribuer à sa consolation, je crois devoir mettre sous les yeux du comité les titres que j*ai près d'elle ; je Tai élevée depuis le moment de sa naissance ; vers Tâge de sept ans elle a été confiée particulièrement à moi, et à ma belle-sœur, la citoyenne Soucy, pour sa première éducation , Tune et l'autre en qualité de sous-gouvernante; mais au commencement de 1789, elle m'a été remise entre les mains uniquement, sous l'unique dépendance des auteurs de ses jours, et n'ayant de compte à rendre qu'à eux de tout ce qui intéressait son éducation, sa santé, et ne la quittant pas d'un moment, ce qui a duré jusqu'au 10 août, époque de notre séparation. J'ose croire que personne n'est plus sûr des vœux de l'orpheline pour notre réunion, d'après l'attachement que mes soins et ma tendresse lui avaient inspiré pour moi ; et plus à même de répondre par ce sentiment aux vœux de l'humanité à cet égard ; plus fondée aussi à inspirer confiance par une conduite et une résignation qui ne s'est pas démentie un seul instant au milieu de l'indigence où j'ai été réduite et des dangers que j'ai courus, laquelle conduite m'a mérité (j'ai lieu de croire) les égards même des comités révolutionnaires.

j) Laissée à Paris lors du. voyage de Varennes (que j'ignorais parfaitement), et au moment d'être massacrée à cette époque, je n'ai dû la vie qu'au zèle et à l'activité de la garde nationale du quartier Saint-Jacques, où je m'étais retirée; exposée au même danger le 3 septembre à la Force, où j'ai été jugée et sauvée par le peuple , il ne manque à ma vie que de consacrer encore, de mes derniers instants à une enfant qui a été le principe et la cause innocente de mes maux et de mes pertes. J'ai été fort incommodée , mais j'espère être en état , sous peu de jours, d'aller savoir la réponse et les ordres du comité.

» Salut et fraternité.

« A Vitry-sur-Seine , 18 messidor, l'an III* de la République.

» Veuve Mackau. »

\jt htnm 4e Macàaa, onni 4e celle ««rre posr ^"MMiet à sa oMTe ■■« fncor ^1i saïak inoir kn iÇtn!' M prétieikM'. D s 'aJre»a â ce jvgcC ^ EewUL Thi «les CUM| imxUmn^ H iom orjMnpatnole, qn i« pnâa mtytins i Cn^mMT la réalifation de ses désirs. IL de ¥ai%aB se hila ie remettre i sai mère Ysmiomalkm écrile qa'U nesiil de meroir He 2i fnKlidrjr an fD, 10 septembre 1795ï« et. saas expficalion anciue, loi laissa le plaisir de la lire, j- IIob ils, s'ccml^elle en fembrassant axée attendrissement, mon fils, je sais beorense et je rons le dois ! ' Sans perdre de temps , eDe se rend ao Temple. Madame, prérenoe de son arrîiée, cède à Timpatienee de la f mr, et se troore dans ses bras avant qa*dk ait franchi la coor, z Madame de Ma<^an, m*a dit Gomin, qui était fort âgée, et dont une détention très-kMigne avait considérablement altéré la santé , paraissait sonf&ante et arait de la peine à se sootenir. Elle vent s'excuser de n^avoir pu arriver jusqu'à la tour avant que la Princesse en fut descendue. — Comment, s* écrie Madame avec Taccent du cœur, comment aurais-je pu différer d*une seconde le plaisir de vous embrasser? — C*est juste, répond madame de Mackau avec un sourire reconnaissant ; Madame a descendu les marches bien plus vite que je n'aurais pu les monter. — Il y a trois ans un mois et un jour que je n'ai eu le bonheur de vous voir ! s'écrie encore la Princesse en embrassant sa gouvernante; puis elle prend son bras , le passe dans le sien avec une grâce affectueuse , et l'aide ainsi à marcher. Madame de Mackau avait à la main on grand chapeau blanc , elle veut s'en servir pour se garantir do soleil, qui l'incommode beaucoup; Madame s'empare de ce chapeau , l'élève en l'air de la^main qu'elle a libre, et le tient en opposition au soleil, afin que madame de Mackau n'en souffre pas. — Madame est trop bonne pour moi, dit madame de Mackau. — Vous avez été pour moi bien meilleure, répond Madame ; je ne pourrai jamais vous rendre qu'une faible partie des soins que vous avez eus pour moi dans mon enfance !

» En parlant ainsi , on avait déjà fait quelques pas ; resté en

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