LIVRE XX. — MARIE-THERESE
Plusieurs prétextes politiques avaient dicté ces mesures. Madame de Tourzel , disait-on , désirait vivement le mariage de la jeune Marie-Thérèse avec 1* archiduc Charles : elle était soupçonnée de favoriser sur ce point les vœux de F Autriche; on voulait écarter du Temple son influence. Ces motifs n'étaient pas sérieux.
Quoi quMl en soit, les ordres donnés furent strictement exécutés . Cette rigueur inattendue , qui brisait tout rapport de madame de Chanterenne avec sa famille, la jeta dans un si grand trouble , que Marie-Thérèse , craignant pour sa santé , exigea qu'elle réclamât le maintien des conditions sous le bénéfice desquelles elle était entrée au Temple K
au Temple ; en conséquence , il est défendu aux commissaires préposés à la garde du Temple d'y introduire lesdites citoyennes Tourzel.
> Le ministre de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté.
a Rewbell, président.
■ P. Barras, secrétaire. »
Plus bas est écrit :
« Renvoyé à la commission de police administrative pour être exécuté. ■ Paris, ce 21 brumaire an IV de la République.
■ Bbxbzrch, ministre de l'intérieur.
» Pour copie conforme,
s Les commissaires administrateurs ,
> Hawocqub-Guérin. »
1 Voici les termes de cette réclamation :
« Citoyen ministre,
■ Une âme innocente souffre ordinairement avec patience et courage les rigueurs qui peuvent ef&ayer celles qui sont coupables : telle est ma situation ; mais je ne puis dissimuler que mon cœur ne soit douloureusement blessé de la privation que m'impose le gouvernement en me défendant de voir aucune personne , même de ma famille ; c'est la seule jouissance que je me sois permise (et l'on sait si j'en ai abusé) depuis que par obéissance au gouvernement je me suis consacrée à une solitude volontaire; elle n'a eu pour moi rien de pénible jusqu'alors ; je ne pouvais supposer, d'après l'exactitude de ma conduite dans le poste qui m'a été confié , que ma liberté pût jamais être compromise sous aucuns rapports. Cependant cette liberté, bien si précieux , surtout pour les âmes honnêtes et sensibles , reçoit déjà des atteintes cruelles : je ne puis voir mes parents ! L'idée qu'ils seront livrés aux plus mortelles inquiétudes sur ma position, sans que j'aie aucun moyen de les rassurer, me poursuit sans cesse et empoisonne chaque instant de mon exis-
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