‹ Louis XVIIChapitre 171 sur 206 · LIVRE XX. — MAHIE-THKRÈSE. U · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — MAHIE-THKRÈSE. U

peine sur la roule de Huningue une vinglaine de spectalcurs qui avaient trouvé le moyen de sortir à temps de la ville.

A l'exception des gens initiés forcément à la confidence, personne ne savait le lieu de la remise; M. Reber l'avait laissé ignorer à toute sa famille. Malgré cela , M. Stehelin , un de ses gendres, ne put s'empêcher de courir k la campagne de son beau-père lorsqu'il devina que l'écbange devait y avoir lieu. Il se fil introduire et fut un des spectateurs.

Depuis une demi-heure environ , les représentants de l'Autriche occupaient la maison de M. Reb'er, lorsque la voiture de Marie-Thérèse s'arrêta devant la grille : quoique la porte fûl ouverte, les chevauK n'y entrèrent point; lu Princesse traversa • à pied l'allée humide', donnant le bras i H. Bâcher. Les envoyés autrichiens, qui l'attendaient au seuil de la maison, l'introduisirent dans le salon : le prince de Gnvre lui adressa un compliment relatif aux circonstances, auquel elle répondit avec autant de grdce que de présence d'esprit.

Immédiatement après fut donné & M. Bâcher ua récépissé formulé en ces termes :

K Je soussigné, en vertu des ordres de S. M. l'Empereur,

' Happort fiiil II M. le baurguemattre Bourcard,

déclare avoir reçu de M. Bâcher, commissaire français, délégué à cet effet, la Princesse Marie-Thérèse, fille de Louis XVI.

» Le Prince de Gavre. »

Muni de cet acte, M. Bâcher remonta en voiture, entra en ville par la porte Saint-Jean , qui lui fut ouverte , et se rendit en toute hâte à Riehen pour y délivrer les prisonniers détenus encore chez le baillif .

Une collation attendait Madame à la campagne de M. Reber: une table élégamment servie était préparée dans le salon. La Princesse ne prit qu'un verre d*eau rougie ; mais , soit prévoyance d'une assez longue nuit à. passer en route, soit crainte de désobliger par un refus absolu de toute chose, elle fit empaqueter un pain blanc, qui fut mis dans la voiture.

La chambre qui fait suite au salon, à gauche, avait été réservée pour le service particulier de Madame. Elle y entra pour s'y faire essuyer les pieds. M. Hue demanda la permission de lui parler : « J'ai été chargé, lui dit-il, par le ministre de l'intérieur , de remettre à Madame , sur le territoire neutre de Basle, deux malles contenant un trousseau destiné à Son Altesse Royale. Madame veut-elle que je les ouvre? — Non, répondit la Princesse; remettez-les à mes conducteurs (MM. Méchain et Gomin), en les priant de remercier de ma part M. Benezech : je suis touchée de son attention , mais je ne puis accepter ses offres. »

M. Hue exécuta cet ordre à l'instant même'.

' État des objet* eontenm dam le» deux malle* qui dwaieiU HTVir de InwctfM

à la fille du dernier Roi de* Fronçai*.

4 douzaines de chemises.

2 douzaines de mouchoirs de toile.

2 douzaines de mouchoirs de batiste.

3 peignoirs de toile garnis de mousseline brodée.

3 peignoirs de batiste garnis de mousseline brodëe.

2 douzaines de serviettes de toilette.

6 douzaines de serviettes de garde-robe.

6 jupons de futaine.

6 jupons de dessus de basin anglais garnis de mousseline brodée.

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