LIVRE XXI. -~ DÉMOLITION DE LA TOUR
son séjour. Il aperçoit deux lignes crayonnées sur la muraille il approche et lit :
0 mon père, veillez sur moi du haut du ciel!
La seconde, tracée plus tard et un peu au-dessous de la première , contient les mots suivants :
0 mon Dieu, pardonnez à ceux qui ont fait mourir mes parents !
Rovère était du nombre de ceux-là. En lisant ces mots , il éprouva un frémissement, comme si le doigt de Dieu F avait touché, u Le remords, dit-il lui-même, me poussa hors de r appartement. »
Une inscription qu'on rencontrait au Temple vous saisissait par sa simplicité même. Dans Fembrasure de sa chambre à coucher, la Reine avait écrit au crayon :
27 mars 1793, quatre pieds, dix pouces, trois lignes.
Et plus bas :
Trois pieds , deux pouces .
C'était la taille de ses enfants. Elle ne devait pas les voir grandir.
Voici maintenant les inscriptions étrangères aux mains de la famille royale qu'on trouvait dans la tour du Temple.
La porte de la chambre du conseil présentait celle-ci :
« Liberté, égalité, »
La fraternité était absente. Sur le panneau inférieur, un portrait grotesque, qu'on disait être celui de Mathey, la pipe à la bouche, attirait F attention.
460 LOUIS XVll.
Sur les murailles de Tescalier quelques noms étaient gravés au couteau, à la pointe du sabre ou de la baïonnette.
Dans Fappartement du Roi, qui avait été ensuite, comme nous Favons dit , celui du Dauphin , indépendamment du mot
isolé de Maman, je vouspr , tracé par une main débile, on
trouvait :
Dans Tantichambre, sur la porte de la chambre à coucher, de vieilles injures au crayon noir, parmi lesquelles le mot de tyran s'apercevait légèrement encore, avaient été effacées : mais, par-dessus, revivait, écrit en grosses lettres au crayon rouge, et d'une main plus récente, ce nom de tyran, que la royale victime avait toujours regardé comme le plus cruel des outrages, sans doute parce qu'il en était le plus injuste.