‹ Louis XVIIChapitre 181 sur 206 · TOME u · texte numérisé non relu

TOME u

murs de leur prison confidents de leurs intimes pensées. Dans la chambre du Dauphin , la main de Fenfant avait laissé deux souvenirs, une fleur dessinée sur la boiserie, vers Tencoignure où avait été le poêle , et plus loin , sur un autre panneau , ces mots tracés avec un crayon ou un charbon mal taillé :

Mamax, je vous PR

Le moyen ou la force lui avaient-ils manqué pour compléter sa phrase ? La main brutale de Simon Favait-elle interrompu ?

Quant à sa sœur, plus d^une pensée écrite par elle se trouvait dans ces lieux déserts. Sur le papier de Tantichambre, qui représentait, comme nous l'avons dit, des pierres disposées les unes sur les autres et figurées par des carrés grossièrement ombrés, on trouvait les inscriptions suivantes gravées avec une pointe d'aiguille ou des ciseaux :

Marie-Thérèse -Charlotte est la plus malheureuse personne du monde.

Elle ne peut obtenir de savoir des nouvelles

de sa mère, pas même d'être réunie à elle

quoiqu'elle Vait demandé mille fois.

Vive ma bonne mère que f aime bien et dont je ne peux savoir des nouvelles.

Plus loin on lisait cette phrase , qui avait trait aux lectures de la jeune Princesse :

Je désire Zaïre, Alzire, Aménaide,

En pénétrant dans sa chambre , on surprenait les effusions

d'une pensée plus intime et plus recueillie. Le conventionnel

Rovère rapporte que, prisonnier au Temple peu de temps après

• le départ de Madame, il parcourait l'appartement qu'elle avait

habité , cherchant s'il n'y découvrirait pas quelques traces de

Page 1