‹ Louis XVIIChapitre 184 sur 206 · LIVRE XXI. — DÉMOLITION DE LA TOUR · texte numérisé non relu

LIVRE XXI. — DÉMOLITION DE LA TOUR

Sur le pan de la croisée, à gauche, se trouvait ce quatrain., écrit en lignes verticales :

Dans r appartement de la Reine , on lisait sur les panneaux de la porte de sa chambre ces lignes , tirées de Y Imitation de Jésus^Christ :

« La gloire que le monde donne et reçoit passe en un moment; et elle est toujours suivie de tristesse.

» La gloire des bons est dans le fond de leur coeur, et non dans la bouche des hommes.

" Lajoye des justes est de Dieu et en Dieu; leur joye est

dans la vérité. »

[Imit., liv. II, chap. vi.)

Dans Fembrasure de la fenêtre où Madame Royale se tenait presque toujours pendant sa captivité solitaire , on découvrait à droite , en regardant de bien près , ces mots :

Madame Veto partant pour la. justice;

puis une femme sur une charrette, et un peu plus loin une guillotine ; mais ces caractères et cette image avaient été presque entièrement effacés par le lavt^ge. En face, un autre petit tableau ; mais de celui-là on ne voyait plus rien absolument, si ce n'était cette inscription , restée rebelle à la peine qu'on avait prise pour la faire disparaître :

L'Autrichienne à la danse,

Auprès des souillures de ce crayon ignoble resplendissaient en gros caractères , bien lisibles , ces mots :

« Mère de douleurs, priez pour nous ! «

Et plus bas :

« Regina martyrum, orapro nabis! »

La chambre qu'avait occupée Madame Elisabeth, du temps que la Reine était encore au Temple, présentait ces deuît inscriptions :

ce Per agoniam etpassionem tuam,

» Libéra nos ! « — Ci Per mortem et sepulturam tuam,

» Libéra nos ! » —

Tel était l'aspect qu'offrait alors la tour du Temple, consacrée par la double majesté du malheur et de la vertu : ainsi la prison devenait un sanctuaire , et les cris de la haine cédaient la place aux litanies.

Les visites du Temple furent peu de temps tolérées. Bientôt les nouvelles phases de la révolution envoyèrent dans cette prison de nouveaux captifs ; la tyrannie révolutionnaire ne laissait point chômer les geôles.' C'est ainsi qu'après le coup d'État du 18 fructidor, les membres des conseils destinés à la déportation passèrent dans cette triste demeure les dernières

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