LIVRE XXI. — DEMOLITION DE LA TOUR
nuits qui précédèrent leur départ ; plusieurs représentants, qui avaient eu le malheur de voter la mort de Louis XVI, lurent alors sur la muraille la prière que Marie-Thérèse , la dernière liabitanle de ces lieux, avait écrite pour ceux qui avaient fait périr ses parents. Ils en furent émus : ce pardon que la fille, la sœur et la nièce des martyrs leur laissait pour adieu, était «n même temps un avis que Dieu leur envoyait pour les exciter é, réfléchir sur eux-mêmes.
Le Temple demeura donc ce que la journée, du 10 août Tavait fait, une maison d'arrêt et une caserne. Un peu plus tard on résolut de le mettre en vente. Un souvenir qui ressemblait à un remords poussait le gouvernement révolutionnaire à T anéantissement de cette prison.
Le temps avait marché. Le Directoire n'existait plus.
Celui que cette histoire a rencontré presque adolescent sur la terrasse des Tuileries, s'indignant à Faspeet de la royauté livrée aux outrages de la populace, celui qu'elle a entrevu jeune homme foudroyant Toulon, et plus tard ébranlant Paris au bruit du canon de vendémiaire, s'était fait homme en jetant de bataille en bataille ce nom prodigieux que tous les grands échos du monde, depuis le Tibre jusqu'aux Pyramides, renvoyaient retentissant de gloire à la France.
Napoléon était assis au faite de la puissance. A son avéne-
.ment au Consulat, il avait empêché l'aliénation de la maison
du Temple, et n'avait pas voulu qu'elle devînt une propriété
privée ' ; mais , l'œil ouvert sur le passé et sur l'avenir, FEm-
' • Égalité. — Liberté.
» MINISTÈRE DB LA POLICE céxéRALE.
* Extrait du registre des déHbérations des Consuls de la République.
* Paris , le 9 thermidor l'an VIII de la République une et indivisible.
s Les Consuls de .la République,
> Vu l'article 84 de la loi du 28 germinal an VI , qui autorise le gouvernement à mettre à la disposition da ministre de la guerre les propriétés'
Jûi
pereur repoussait les souvenirs qui humiliaient FancienneMM^ veraineté, et il évitait ceux qui gênaient la nouvelle. Cette ioil(^
nationales non soumissionnées pour y établir les casernes de gendarmefîitliii • Considérant que la maison du Temple -st nécessaire au casememeitàllg.
brigades de gendarmerie nationale établies i Paris ; » Arrête ce qui suit :
» ARTICLE !•'. Btft
> Il est sursis à la vente de la maison du Temple jusqu'à ce qu'il en aitéil autrement ordonné.
» ARTIGLB II.
» Cette maison continuera d'être employée au casernement des brigadei ^ gendarmerie de Paris.
» ARTIGLB m.
» Les ministres de la guerre , Ses finances et de la police générale sot chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté.
» Le premier Consul,
* BONAPARTK.
• Par le premier Consul ,
> Le secrétaire d'Etat,
» Hugues Mabbt.
> Pour copie conforme , 1^
» Le ministre de la police génénk,
• FOUGHÉ. • f^
0 Le miniitre des finances au citoyen pré/et du département de la Seùu.
» Paris , le 13 thermidor an VIII de la République française une et indivisible.
» Je vous envoie , citoyen préfet , une ampliation , signée de moi , d'an U' rêté des Consuls du 9 thermidor présent mois , qui ordonne la suspension é» la vente de la maison nationale du Temple , et porte que cette maison conti* nuera d'être employée au casernement des brigades de gendarmerie à Pvû- Veuillez bien vous conformer à ses dispositions.
a Je vous salue ,
• Gaddix.
» Nota. — Cette maison est affichée pour être vendue presque à l'iiistinL Il est instant de donner les ordres nécessaires pour empêcher la vente. >
le
« Liberté. — Égalité.
» Le ministre de Vintérieur au citoyen Dubois , préfet de poUee du département de la Seine.
» Paris , le 26 thermidor an VIII de la République françaiM une et indivisible, a J'ai reçu , Citoyen , votre lettre du 9 thermidor, relativement à la f <■!( de la maison nationale du Temple.
a J'ai communiqué , tant au ministre des finances qu'à celui de b guerre.