LIVRE XII. — MORT DE LA REINE
cause la détention de ce personnage. — Le général Santerre écrit qae la position de son armée n^est pas aussi heureuse quil Taurait désiré; que, cependant, au tocsin qui sonne, tous les républicains se lèvent , se rassemblent contre les brigands, et que bientôt les aristocrates sacerdotaux, nobiliaires et muscadins seront détruits ; » fes applaudissements recommencent.
Le samedi 21 septembre , Hébert se présente à la tour avec Grenardy Leliëvre, Camus et Jonquoy, officiers municipaux; il apporte un arrêté de la Commune qui ordonne de resserrer plus étroitement encore les deux Princesses et de leur retirer la , personne qui les sert. « Dans toutes les maisons de détention, leur dit-41, les détenus n'ont personne pour les servir ; Fexception faite pour vous offense la justice et la moralité publiques, Tégalité devant régner dans les prisons comme partout ailleurs. A r avenir, Hanriot et le porteur d'eau auront seuls le droit d'entrer ici *. » -
Hébert, qui, dès cette époque, préparait les éléments de l'abominable dénonciation dont nous parlerons plus loin, et que l'on espérait avec de la persévérance arracher un jour à l'abrutissement du Dauphin , pour lequel il y avait un système pratiqué chaque jour d'anéantissement physique et moral. Hé-
^ Voici le compte rendu de ce qui s'était passé dans la journée au conseil général de la Commune.
■ Le substitut du procureur de la Commune demande , comme mesure de sûreté et conforme À l'égalité, que demain toute la cuisine du Temple soit supprimée et tous les domestiques et valets renvoyés , et que les prisonniers qui y sont renfermés ne soient pas traités différemment que tous les détenus dans les autres maisons d'arrêt, et que, dès ce soir, il sera nommé une commission pour aller faire exécuter cet arrêté au Temple. Son réquisitoire est adopté à* l'unanimité.
■ Les membres nommés pour cette commission sont : Grenard , Lelièvre , Camds et Jonquoy.
> I^s mêmes mesures sont prises relativement à la veuve Capet; le conseil arrête que la nourriture de ladite Capet sera réduite au simple nécessaire; que, par respect pour l'égalité, elle sera traitée comme tous les autres prisonniers indistinctement, et qu'elle n'aura d'autres domestiques que ceux qui servent les prisons , et que cet arrêté sera aussi signifié au concierge de la Conciergerie. » (Archives de l'hôtel de ville.)
bert descendit, avec son Cortège, chez Simon. On comprend que le but de sa visite concernait davantage le prisonnier que les prisonnières. Il eut un long entretien avec Simon, regarda Tenfani sans lui parler, prit congé du maître en lui disant : « A bientôt, » et se retira.
Aucun ordre officiel ne fiYt donné à cet étage , aucune consigne n'y fut changée. « A, bientôt, » voilà le seul mot que nous ayons pu savoir de cette visite ; mot d'adieu , simple et vulgaire, mais qui nous paraît en cette circonstance effroyablement significatif.
Hébert est obéi : Tison, disgracié, est refoulé dans la tourelle, où on le tient en prison; les Princesses, à^l'avenir, feront leur lit et balayeront leur chambre ; leur porte ne sera plus ouverte que pour laisser arriver leurs aliments ; elles ne verront plus un visage humain; elles n'entendront plus une voix humaine. Le terrible visiteur qu'elles viennent de recevoir provoque des mesures pour rendre plus dur encore le régime de leur prison. Les deux arrêtés suivants sont pris par la commission du Temple :