‹ Louis XVIIChapitre 206 sur 206 · V. Dépenses des travaux faits au Temple · texte numérisé non relu

V. Dépenses des travaux faits au Temple

Les travaux jugés nécessaires au Temple pour la garde et h |o( sûreté de la famille ci-derant royale, consistent en appartementi Ig construits et meublés dans la tour, pour eux et pour le conseil; en la confection d*un fossé autour de la tour, et son recomblement; en construction de murs fort élevés, et de différents coipi de garde, etc.

Ces travaux étaient peu avancés an commencement d*octdbn) que le conseil de la Commune a nommé deux commissions pour kl bâter, les surveiller et les faire payer; et la fin de novembre an finir les travaux qu'on a crus nécessaires, jusqu'à ce que la Convoition ait décidé sur le sort des prisonniers.

Ces dépenses montent à près de 200,000 livres, et la phugran^ partie a été ordonnancée et . même payée. C'est Rocké , mon cillègue, qui a fait principalement ees comptes, avec radministratioo des travaux publics et Tarcbitecte de la Commune ; c'est à lui d'ei fournir l'état.

Pour suivre ces travaux, Paloi, qui en avait été le premier cbargé, a cru devoir faire abattre des maisons voisines; les propriétaires ont réclamé de grosses indemnités, pour Tappréciation desquelles le conseil général a nommé une commission particulîèrr. Elle n'a point communiqué avec les autres. L'administration des travaux publics en peut rendre compte à la Convention 1.

Résumé,

Il résulte de ce qui vient d'être exposé, que les plus grandes dépenses faites au Temple, depuis le 13 août jusqu'au 1^ noroBbre, sont celles que les circonstances ont indiquées pour la garde et la sûreté des prisonniers ; les autres n'ont pas été consîdérablei> Celles de bouche ont monté à environ 36 mille livres; celle de l'enlretien de la famille ci-devant royale doit être d'environ 32 î 33 mille livres; celles du conseil séant au Temple, de 20 et qnelques mille livres. Les commissaires avaient évalué les traitemenls

' Il y a encore au Temple un auU'e objet d'administration, c'etl b garde , l'entretien et Tinspection des appartements de la première court et du grand nombre de meubles précieux qui s'y trouvent. Cet objet i êic soumis à l'inspection de trois commissaires particuliers nommés au Doii d'août par l'ancien Conseil général, sous le titre de Commission êtes iM* nagements.

employés à 50,400 livres par an ^ La confusion née des ciroon- «tanees en a nécessairement occasionné d'inutiles , avec quelques profusions et prodigalités. L'ancien conseil de la Commune y a fait xnettre tout l'ordre, les économies et les réformes possibles par ses commissaires de service et des autres commissions ; mais ceux-ci ont été sans cesse -trop gênés et contrecarrés dans leurs opérations pour avoir pu £aiire toutes les réformes nécessaires. Ils sont dû moins l^iarvenus k y préparer l'ordre et l'économie par les travaux, l'apurement des comptes et la simplification du service.

Mais quelque simplicité et facilité qui s'y trouvent maintenant, âl n'est pas possible que des commissaires qui se succèdent au Temple Montes les quarante-huit heures, et qui y sont presque entièrement occupés de la garde des prisonniers et de la police des personnes ^ai 8^ trouvent au Temple ou qui s'y introduisent, puissent bien surveiller les différentes parties. On ne peut y établir l'ordre et l'économie nécessaires sans l'établissement d'un ou de plusieurs jidnunistrateurs permanents, qui ne se contentent pas de viser des fcnmitures ordonnées par différentes personnel et apportées par une foule 'de fournisseurs, mais qui en vérifient le besoin, en ordonnent les achats, en règlent les prix, en distribuent l'emploi, mettent l'harmonie nécessaire dans les fonctions des employés , et surveillent toutes les opéra^ons dans tous les départements.

A Paris, ce 4 janvier 1793.

Adresse à la Convention nationale, présentée par Verdier, com» jnissaire du conseil général du 10 août, sur les comptes du Temple,

Citoyens,

En vous présentant les résultats du travail que vous avez ordonné, par votre décret du 4 octobre demief, sur les dépenses faites au Temple pour la subsistance et la garde de la famille ci-devant royale, et qui est un des plus grands travaux dont les commissaires de la Commune du 10 août aient été chargés, je dois vous indiquer les opérations que nous y avons faites, tant pour vous faire connaître les abus que vous avez à réformer dans cette maison , que pour réclamer votre justice et votre protection contre une de ces cabales qui éloignent de l'administration les gens de bien, laborieux et à talent; et mes représeniations intéressent le public, s'il est vrai que les vices, qui sont les aliments des monarchies, soient les poisons des républiques, comme les vertus sont les aliments des républiques et le poison des monarchies.

> Reprodnction de l'erreur signalée page 513.

520 DOCUyEKTS

L*envoî subit de Louis au Temple, le 18 août i79SI, écaUt iiécegsairement du trouble et de la confusioD dans crette maiam, ils furent en augmentant, au point qua la fin de septembn, fflilf représenta au conseil général de la Commone, i9 que les trafasl^ commencés et délaissés par Paloi se Causaient dnes-«Bal, faute d*«- |à dre et de payement des ouvriers, qui souvent s'amentaîent et hbsaient Touvrage ; fP que les mêmes causes faisaient qa*il me u trouvait plut de fournisseurs pour la nourriture et les dépenses h ci>devant Roi. Pour remédier à ces désordres, le 29 septembre, le conseil général nomma deux commissions, Tone de six comaissaires, pour suivre les travaux avec rardûtecte et les entrepn* neurs; Tautre de deux commissaires, pour se concerter avec k citoyen Pétion , afin de faire rentrer dans la caisse de la ComiBiiiii la 500,000 livres décrétées par TAssemblée nationale pour h subsistance de Louis.

Je fus nommé pour cette dernière commission, avec le citoya Rosinct; le citoyen Pétion nous donna des renseignements sorki difficultés que faisaient à la délivrance de cette somme les deaxnûnistres des contributions et de rintérienr. N*ayant pn les lerer auprès de ces deux ministres , nous nous adressâmes au comité de finances de la Convention nationale; nous lui donnânkes les rensei* gnetments nécessaires, et, sur le rapport du citoyen Cambon, la Cmvention rendit, le 4 octobre, un décret qui, Î9 mit les 500,000 liTies à la disposition du ministre de l'intérieur, pour délivrer les ordonnances de payement des fournitures arrêtées par le conseil général de la Commune; et ffi chargea le même ministre de présenter incessamment à la Convention le compte des dépenses faites jusqu'à ce jour, et un aperçu des dépenses à faire, tant pour la sûreté et disposition du local , que pour la subsistance et l'entretien de Louis XVI et de sa famille.

Dès le soir du même jour 4 octobre, je fis avec Rosinet au conseil général le rapport de nos premières opérations ; et pour Texécution du décret, le conseil nous nomma pour continuer nos opérations et préparer les comptes des fournisseurs du Temple, et il nous adjoignit Roche pour l'examen des comptes des travaux, en nous enjoignant de nous concerter avec l'administration des travaux publics et avec le conseil séant au Temple.

Le 8 du même mois, nous fîmes au conseil général un ra[qpoft de l'aperçu des dépenses faites jusqu'au 30 septembre, montant i 97,281 livres pour les dépenses des bâtiments et autres. Le conseil

* Le lecteur aura remarqué Terreur de cette date : tout le monde oi^ que c'est le 13 et non le 18 août que la famille royale fut condoileM

Temple.

tvrêta qu*il serait demandé par provision au ministre la somme de fcOyOOO livres, pour être répartie à compte entre les fournisseurs; rue les administrateurs des finances de la Commune feraient les démarches nécessaires pour faire rentrer dans leur caisse la somme le 25,000 livres par eux déjà payée en avance, pour les travaux lu Temple, et que ses commissaires au Temple établiraient un ordre le dépense en chaque partie, avec un état des dépenses à faire, conformément au deuxième paragraphe du décret de la Convention nationale.

L'on a réclamé du ministre de Tintérieur les à-compte demandés par la Commune, mais le ministre déclara ne vouloir ordonnancer que des mémoires définitifs; et c*est la première cause qui a retardé les payements des fournisseurs, parce que Tapurement 51éfiiiitif de leurs mémoires était Tobjet d*un travail immense , et 3ii*on n'a pu en faire solder qu'un petit nombre au milieu d'octobre. Il a fallu nous procurer un nombre prodigieux de mémoires 3e personnes que nous ne connaissions pas, et dont nous n'avons ru plusieurs que par des renseignements; encore ne nous en a-t-il sté remis des premiers temps qu'en décembre ; les mettre en ordre, les confronter, pour éviter les doubles emplois que l'on a découverts; les vérifier sur une quantité immense de bons rendus ioumellement par les commissaires de service, surtout depuis notre arrivée au Temple , lesquels titres étaient mal en ordre et dont un grand nombre manquaient, ce qui a entraîné une foule d'explications mt même de discussions avec le conseil du Temple, les chefs de «îbaque département et même avec la famille des détenus; les cal- «;aler, ce qui a fait découvrir beaucoup d'erreurs, qui la plupart «taient au préjudice de la nation ; et , ce qui était le plus difficile , il fallait les taxer, la plupart étant susceptibles de réductions dont iprand nombre étaient considérables ; et pour comble d'embarras, il nous fallait, suivant nos pouvoirs, arrêter quelque chose, avoir Tagrément du conseil séant au Temple, et la réunion de quatre à cinq des membres très-occupés était un grand ouvrage. Enfin, pour tous ces objets, il a fallu voir beaucoup de fournisseurs et discuter avec eux.

Pour remplir ces tâches, nous ne nous trouvâmes bientôt que deux, par la retraite de Rosinet, employé par un ministre : Roche pour les bâtiments , et moi pour le reste ; nous n'y fûmes pourtant pas bornés. Les relations de nos opérations avec celle des travaux nous faisaient journellement appeler par celle-ci, pour décider des motifs d'économie dans la clôture des détenus, ainsi que dans la construction et l'ameublement de leurs appartements. Le conseil séant au Temple même nous appelait journellement aux décisions,

la BaOBe. f^aqpe «c F;

le qœ je pot» adirer F occspé de anHe affiûres qa'il crovvt Le 24 ocfcJbve, je pavrisià hm décenuBer le li ■!■ mt ■! dote

Je ne pu aroir la parok ^pe le 2 noTemiiee. Il hBmi. tata a la trÛMDK toot le ioir pendant cinq jranrrt. pour Cure acrècer one uaitemenu; et an dernier, nn membre s'étant aTÎsé de £re fV» MMU le régime de Téplité, Un» le? traiteoBenu deiaicnt êtie ^pu; le* arrêtés lorenc rapportés. Une nonreUe coounîsâon de tfÊtm membre! fat arrêtée poor fixer ces traitements avec nous. Gdk commiwion pamt denx fois an Temple sans rien £ure, et lait mon travail derint inutile.

Sor ces entrefaites, il plnt à la section des Aras et k qaekpei aotres de £ûre nne démMiciation à la Commune d'nne prétendie orpe faite an Temple le 22 octobre précédent. Le conseil snppiîm, k cette occasion, tontes les commissions du Temple, et H les reaplaça par une autre de six commissaires, chargés de notre besogne. La nouvelle commission travailla, et présenta un projet de rè^eaientf mais qui n'a point été suivi. Nous n'en continuâmes pas moins aoi opérations et nous sollicitâmes la parole avec instance. Je fis ob éclat pour Tobtenir, en mettant mon écharpe sur le bureai et donnant ma démission. Je l'obtins pour le lendemain 18 novemlre sur les mémoires des fournisseurs de vêtements et linges fûts immédiatement à Louis et à sa famille. Le conseil ordonnaoçi une partie de leurs mémoires et ordonna l'expertise des autreSt mais je n'ai pu retirer cet arrêté du secrétariat qu'à la fin du mois.

Je sollicitai la parole les jours suivants, et je fus éc:o|idnît avec scandale par le président, qui dit que je faisais le siège de la tribone pour des comptes bleus. Enfin le 26, jour où on me l'avait refiuée, on ordonna que toutes les commissions du Temple présenteraient leurs comptes. Je me prévalus de cet arrêté, et le 28 du même mois, je présentai les comptes de la bouche. Le conseil nomma odc nouvelle commission de quatre membres pour les ordonnancer, et

iiridk>nna que mon rapport serait envoyé à la Convention nationale. Je commençai aussitôt à faire ordonnancer tous ces mémoires, d'après les deux arrêtés précédents; mais le conseil général fut i^nouvelé le 2 décembre. Nous en installâmes le même jour les eôttimissaires de service, en leur notifiant ces arrêtés, et leur déclajrant que notre intention était de terminer nos opérations aux mé- H&oires fournis jusqu'au dernier novembre.

Dès le lendemain. Foulon, qui se trouva de service, nous fit contrecarrer dans nos opérations, et nous fit écarter de la table du Temple, où, suivant les pouvoirs de la Commune, étaient admis tous les commissaires des commissions, avec ceux du département et de la Convention nationale. Cependant le conseil du. Temple favorisa nos opérations, y contribua lui-même avec nous, et nous promit de nous ïaire dbtenir du conseil la parole pour les faire ratifier; mais en tain nous nous y présentâmes le 8 et le 9.

JjCB fournisseurs nous présentèrent alors les mémoires de leurs foumitiires faites en novembre, et, après bien des difficultés, nous ^sommençâmes l'expertise des vêtements. Sur neuf mémoires, montant à 31 [ ^ ] 9 l^s experts avaient fait une réduction de 'TSS livres ; et les jours suivants , nous nous occupâmes à faire Cfrdonnancer les mémoires de bouche par Lannai et Caron, les seuls des quatre commissaires du '28 septembre qui se soient présentés pour ce travail, quoique les deux autres s'en fussent cbai^és. • Lie 13, je me représentai au conseil du Temple avec les deux experts, pour continuer l'expertise commencée le 7. Gaigneux, alors de service, nous fit refuser les échantillons nécessaires, et nous fûmes obligés de discontinuer nos opérations*

Le 17, Caigneux et Foulon s'avisèrent de nous dénoncer au conseil général comme des parasites qui n'allaient au Temple que pour dîner 2. Le conseil nomma quatre commissaires pour recevoir de nous notre travail et arrêter les comptes. La nouvelle commission nous manda; je me rendis auprès d'eux. Je leur offris tous les renseignements nécessaires; je leur remis mon rapport sur les traitements; je m'engageai à leur remettre les papiers en ordre le vendredi 28 décembre, à dix heures du matin; et sur mon rapport, la nouvelle commission a fait déterminer les traitements, le 26 décembre, au conseil général.

> Lacune existant dans le manuscrit.

' Cette inculpation est d'autant plus plate, que les dtners, que nons gagnions par neuf à dix heures de travail, n'étaient fixés qu'à trente sous, et que ces messieurs, plus délicats, les ont fait porter à cinquante. De sorte que la nation paye maintenant autant pour les seize convives actuels, que pour les vingt à vingt-quatre que nous y étions sous l'ancien Conseil.

<Je oaus y cr>jfnn>ri au» je

du, S ntf vcaobr?. Fvjvioa ceauwdEiL contre

«èau fat^mîfc il iw 5e txuuvaii: pi» une lent par i{iaeii{iK«-aitt «ie ie» cutiKpHS.^ a^racûin&. Le «»mieil« «|iii les a ~ cuapiataBoce « a'j piis walfiirc <{ae je ce nensoiagesy ec i orrècê «{ne je numiiirvs ^ «it;m Jes eummisKiires tift Tempie.

Je les leur il remis^ en eéfec la inè «lan:^ le metUenr 'inite^ et ils

mue ec ks

Konc

Tavaient concerté sans doute avec mes calomniateurs. Ils ont eu soin de distinguer les cent mémoires de vêtements [ ^ ] que

je leur ai remis vus et vérifiés , [ ^ ] ordonnancés et exper-

tisés; mais ils n*ont pas voulu y exprimer que les 130 de bouche, que je leur ai présentés avec les ordonnances de la commission du 28 novembre, fussent arrêtés. L'un d'eux a recommencé les accusations injurieuses de ses collèges , en disant que je m'étais opposé au payement des fournisseurs; et ils m'ont éconduit en disant qu'ils déclareraient que je leur ai remis les mémoires de bonne foi, c'està-dire qu'ils les ont reçus avec la mauvaise foi de gens disposés à s'en servir pour démontrer leurs inculpations mensongères.

Les vues de cette cabale sont évidentes. Pour se parer de mon immense travail, ils ont voulu persuader aux fournisseurs que je m'étais opposé à leur payement. Cette inculpation est sérieuse devant des gens à qui nous avons cru devoir faire de fortes réductions. Déjà, sur leurs calomnies, quelques-uns d'entre eux étaient venus chez moi me menacer de soulever contre moi leurs confrères des halles. Le reste, citoyens, je vous le laisse à deviner.

Et comment ai-je mérité ces inculpations? Farce que de 17 commissaires, nommés par l'ancien conseil général pour les comptes du Temple, je suis le seul, avec Roche, qui ai soutenu l'ouvrage et l'ai fait consommer par des commissaires nommés pour les ordonnancer et par deux experts que j'ai fait appeler; et comme j'ai démontré beaucoup de zèle pour les réductions, il leur a été facile de me faire voir mal des fournisseurs et des employés au. Temple.

Et en effet, citoyens, pour terminer ce travail contre tous les obstacles que chaque jour a fait naître, il m'a fallu m'y donner tous les jours chez moi, et au Temple, où j'ai couché quinze à vingt fois. J'ai été employé, de plus, parla Commune à d'autres comptes, à des levées de scellés , etc. ; de sorte que , depuis trois mois , il m'a fallu, pour travailler aux affaires publiques, laisser de côté mes affaires particulières, dont les principales sont très-importantes et très-urgentes.

Me laisserez-vous, citoyens, en butte à la calomnie, pour prix de mon zèle dans un travail immense, pénible, dégoûtant et obscur, mais très-utile? Non, je ne le puis croire, et je vous prie avec confiance de vouloir bien l'examiner, et de me faire obtenir une décharge et une justification complète, dans un procès -verbal qui exprime l'état où je l'ai laissé à mes successeurs, et, particulièrement, que les 130 mémoires de bouche que je leur ai livrés ont été ordonnancés.

A Paris , ce 4 janvier 1793.

* Lacunes dans le manuscrit.

ii26 DOCUMENTS

COMMUNE DE PARIS

Extrait des registres des délibérations du conseil du Temple, date du 23 octobre. Van 1er |/e la République,

Le conseil délibérant a arrêté que, pour réformer tous les abw qui pourraient résulter des différentes demandes faites par la famille détenue, il ne sera fait, à Compter de ce jbur, droit aux demandes du dernier Louis que lorsqu'elles seront faites par le citoyen Cléry; de même celles faites par le citoyen Tison pour les femmes et lei enfants.

Arrête en outre que le présent arrêté sera communiqué aux pi* sonniers et aux citoyens Cléry et Tison.

Pour copie conforme à l'original,

Signés : C. Jams, président ^

et NicouD 9 secrétaire*

Documents concernant le cœur de Louis XVII,

Dans une note communiquée à M. Eckard, et publiée dans mi Mémoires historiques sur Louis XV II, If. Pelletan rend compte ainsi lui-même de la manière dont il aurait enlevé le cœur de FEdfant Roi , pendant Tautopsie :

c Je fus chargé spécialement des opérations de l'ouvertiire et de la dissection , ainsi que de celle de restaurer le corps. Tandis que je m'occupais de ce dernier soin, mes confrères, le commisnire civil, et Ton des gardiens de la tour, qui avaient été présents à Touvertura , s'éloignèrent de la table et se retirèrent dans l'embrasure de la croisée pour causer entre eux. Je conçus alora le desseii de m'emparer du cœur de l'enfant; j'entourai de son ce- viscère, je l'enveloppai de linge, et je le mis dans ma pocbe, sans être apefçii> Rien ne me donnait lieu de craindre d'être fouillé en sortant de h prison.

« Rentré chez moi, je mis ce cœur dans nnr bocal rempli d'espritde-vin, et je le cachai derrière le rayon le plus élevé de ma biUi»* thèque. Dix ans environ s'écoulèrent, pendant lesqnek l'esprit-de* Vin , renouvelé plusieurs fois , s'évapora entièrement. Le cœor étiat desséché et susceptible d'être conservé sans aucune précaution, je le

plaçai dans un tiroir de mon secrétaire , avec d'autres pièces anatomiques.

« Longtemps après, montrant ce cœur et les autres pièces à M. . . , cnon élève particulier, demeurant chez moi, et à qui j'accordais toute ma confiance, j'eus Timprudence de lui révéler mon secret.

V Ouvrant sans cesse mon tiroir, j'avais souvent l'occasion de jeter Les yeux sur ce cœur qne rien n'enveloppait, lorsqu'un jour je m*aperçus qu'il manquait parmi les pièces anatomiques : je ne pus douter qu'il ne m'eût été soustrait par mon élève , qui , seul , possédait mon secret, et qui, seul, avait l'entrée libre de mon cabinet,

V Cet élève m'avait quitté depuis peu pour se marier, et je continuais à le recevoir chez moi : néanmoins, je n'osai réclamer de lui une restitution, dans la persuasion où j'étais qu'il nierait le fait, et même que , poussé à bout , il anéantirait l'objet de ma réclamation.

9 An moment que tout annonçait le retour de nos rois, mon élève Buccomba à la phthisie pulmonaire qui le consignait depuis longtemps. ^ors , le père de sa veuve se présenta chez moi ; il m'avoua que son gendre lui avait déclaré en mourant, et plein de repentir, la soustraction qu'il avait faite chez moi du cœur de Louis XVII : il m'annonça que, sa fille étant dans l'intention de me le restituer, elle 3ne l'apporterait le lendemain.

t A peine ce monsieur fut-il sorti de chez moi , que je me transportai chez lui, où je trouvai la veuve de mon élève au milieu de sa famille. Cette dame me remit à l'instant le cœur renfermé dans une bourse : je le reconnus parfaitement, l'ayant touché et examiné avec attention plus de mille fois.

« Ainsi, je possède le cœur de Louis XVII. »

L*ne communication faite par M. Pelletan à AL Antoine (de âaint*- Gervais), qui avait publié une Vie du jeune Louis XVtl, communication dans laquelle M. Pelletan insistait sur les soins personnels qu'il avait donnés au jeune Prince, sans parler de M. Dumangin, et faisait encore mention de la soustraction du cœur de l'enfant, amena ■^n 1817, entre ces deux médecins, un échange de lettres. M* Dumangin disait dans la sienne :

c Vous ave^ cru , monsieur, pouvoir accuser, sans inconvénient , de distraction , moi et MM» Jeanroy et Lassus^ dans le moment où vous dites avoir soustrait une partie précieuse du jeune Roi. Qu'aviez* vous donc à redouter de ma part et de celle de nos confrères? Rien. Vous m'aviez à la vérité proposé d'autres adjoints ; et sur mon observation que, d'après les qualités personnelles et les rapports qu'avaient eus M. Lassus avec Mesdames de France, et M. Jeanroy dans la

528 DOCCMEXTS

DiaJsoo de Lorraine, leurs signatares seraient d*an tout antre poid^| loos aviez a^réé ce choix. Ce qoi toos aurait pa déterminer ii*{ il pas plutôt l'œil des gardiens, retirés dans on coin de la chunlR! Votre conduite, en elle-même louable, tous rend coupable, yoieii| dire, de la Ctute grare d'avoir négligé des témoignages qui lai«at| i\ exister un doute sur un point de lait de cette importance. «

II. Pelletan répondit en ces termes aux observations deM. I^j mangin :

c \ons procédâmes tous quatre à l'ooFerture do corps, dont je j fis seul Topération. Je n'ai certainement pas vooki vous inculper] ou vous accuser de distraction en disant qoe , m'occopant sesl éi réparer le corps, vous vous retirâtes dans l'embrasore d'une fenêtre,! et que je profitai du moment pour m'emparer de quelques resta précieux.

I Vous ne vous aperçûtes pas de mon larcin, parce qoe je le caehiil bien à tous. Vous savez qu'il pouvait y aller de ma vie , s'il eût découvert. Vous me demandez cependant si je ne pouvais pas ne fier à vous? \'on, monsieur, k personne. J'en fis part seulement è M. Lassus, mon ami depuis vingt-cinq ans, et qui avait accompagné Mesdames en Italie : nul autre ne l'a su. Voilà, monsieur, ce qœ vous dites qui me rend coupable, i

M. Antoine, qui, chargé en 1817, comme il le dit lui-même, pir le roi Ijouis XVIII, de rechercher les personnes encore existants qui s'étaient fait connaître avantageusement par leur conduite enven le jeune prisonnier de la tour du Temple , était entré naturellement en rapport avec BOf. Pelletan et Dumangin, et avait provoqué involontairement une polémique entre ces deux médecins célèbres, ea publiant le témoignage du premier, résume ainsi, dans une note remise à M. Hue, alors le premier valet de chambre de Louis XVIll, l'état de la question après ces explications réciproques :

tt Nous avons profité de la circonstance qui nous a appelé aaprèi de M. Dumangin , pour approfondir un fait que divers historiens de Louis XVII ont rapporté d'après nous, qui en avons parlé le premier dans la vie de ce jeune prince , publiée en 1815.

t Quoique M. Dumangin continue d'avoir pour M. Pelletan ki sentiments d'estime et de juste considération qu'il mérite par soa talent, nous savons aussi néanmoins qu'il a eu quelques moti& d'être piqué contre lui. Ils ont coopéré ensemble à l'ouverture du corps de Louis XVII : en pressant donc M. Dumangin de nous dire avec firancnise quel degré de foi Ton doit ajouter à cette soustraction du cœor dont M. Pelletan se fait un mérite personnel, nous étions sûr d'obtenir un témoignage qui ne serait point dicté par une confiance aveugle ni par une servile complaisance.

s M. Dumangin atteste qu'à la fin de l'opération il a vu M. Pelletan envelopper soigneusement quelque chose qu'il mit dans sa poche. 11 n'a nullement songé à ce que ça pouvait être, et il présume que ce chirurgien a pu juger convenable de faire alors un mystère de ce pieux larcin , non-seulement de peur de se compromettre, mais encore de compromettre celui qu'il en eût rendu le confident.

« Aujourd'hui, quoique rien ne puisse prouver physiquement que ce soit réellement le cœur de Louis XVII que M. Pelletan ait en sa possession, qu'il ne peut en donner d'autre garantie que sa parole, M. Dumangin, se rappelant ce qui s'est passé lors de l'ouverture du corps, dit que, dans son âme et conscience, il est moralement convaincu de la vérité du fait.

« Nous croyons devoir faire conn&itre cette particularité, qui ne sera peut-être pas sans quelque intérêt aux yeux de notre auguste monarque , dans un moment où Sa Majesté reporte ses regards sur son jeune prédécesseur, v

Les deux pièces suivantes constatent la pensée qu'avait eue un moment le Roi Louis XVIII, après cette enquête, de faire transporter à Saint-Denis le cœur conservé par M. Pelletan.

IIINISTÈRE DE L'INTERIEUR.

A M» le garde des sceaux, ministre de la justice,

Paris, le 3 septembre 1817.

Monseigneur,

J'ai reçu les pièces que Votre Grandeur m'a fait l'honneur de me communiquer et relatives à la conservation du cœur de S. M. Louis XVII et à l'endroit où le corps de ce jeune Prince a été inhumé.

L'intention du Roi étant que le cœur de ce Prince et celui de S. A. R. le Dauphin, fils aîné du Roi Louis XVI, qui se trouve dans les mains du maire du 12^ arrondissement^, soient transportés à

* L'eipHcatiou de ceci se trouve dans l'acte suivant :

Rapport au Bot, Sire,

Il vient d'être fait remise au maire du 12« arrondissement de Paris, par lin sieur Thëveniu, qui en était dépositaire, du cœur de S. A. R. M'' le Dauphin, fils aîné de S. M. Louis XVI.

M*" le préfet de la Seine , en me donnant cet avis , me transmet les rensei- TOMB n. 30

Saiot-Denis sans pompe et néanmoins avec les cérémonies confenibles f je viens de faire , conformément à Tordre que S. M. m'en i donné , Tenvoi de toutes les pièces à M. le grand maître des cérémonies.

Je transmets k Votre Grandeur les deux bordereaux joints à sa lettre du 20 août ; ils sont rcvôtus de la décharge qu'elle désire.

Le ministre secrétaire d'Etat au département de F intérieur.

{Archives de F Empire, série E, n® 6209.)

MINISTÈRE DE l'iNTÉRIEUR.

Etat des pièces constatant que le cœur de S. M, Louis XVII a été réellement conservé et existe encore aujourd'hui,

l*' Procès-verbal de l'audition des témoins , d'où il résulte que le cœur conservé chez le sieur Pelletan est effectivement le cœur de S. M. Louis XVII ;

2** Certificat du sieur Pelletan , où il reconnaît avoir reçu de la dame veuve Tillos le cœur par lui conservé de ce jeune Prince ;

3» Un arrêté du Comité de sûreté générale, en date du 5 juin 1795 (17 prairial an III), qui autorise le sieur Pelletan à succéder an

gnements suivants , qu'il assure avoir été recueillis avec le plus grand soin par M'' le maire.

En brumaire an II (octobre 1793). lors de la spoliation des tombeaux dp la famille des Bourbons au Val-de-Grâce , un sieur Legoy, secrétaire dn comité de l'Observatoire, assistant à cet enlèvement, recueillit un cœur qui, suivant l'indication gravée sur la double enveloppe de plomb et de vermeil dont il était recouvert, était celui de S. A. R. M*" le Dauphin Louis- Josepb- Xavier-François , fils aîné de S. M. Louis XVI, né à Versailles le 22 octobre 1781, et mort à Meudon le 4 juin 1789.

Dans la crainte d'être inquiété, à raison de ce dépôt, comme fonctionniire public, le sieur Legoy le remit à son père.

Au décès de ce dernier, arrivé le l**" août 1811, ce dépôt resta entre lef mains de sa veuve.

Enfin , d'après l'intention plusieurs fois manifestée et jamais réalisée de U part de la dame Legoy de confier ce dépôt au sieur Guichard soo voisin, b femme Molcure , femme de confiance de cette dame et gouvernante du sieir Thévenin , détermina sa maîtresse , peu de temps avant son décès , i le remettre audit sieur Thévenin» dernier détenteur.

Ces faits paraissent ne devoir laisser aucun doute sur l'origine et la sincé* rite de ce dépôt.

J'ai l'honneur de prier V. M. de vouloir bien me donner ses ordres à ce sujet.

XoTA. — Ce rapport a été copié sur un brouillon qui n'est ni daté ni signé.

(Archives de l'Empire, série E, o» 6209.)

sieur Desaalt dans le traitement de la maladie dont S. M. Louis XVII ^tait attaquée ;

U^ L'acte d'envoi du susdit arrêté , en date du même jour, adressé au sieur Pelletan par le secrétaire général du Comité ;

5*^ Un arrêté du Comité de sûreté générale , en date du 8 juin (20 prairial) ) qui autorise les médecins du jeune Roi à lui choisir une garde-malade ;

6^ La lettre par laquelle le secrétaire général a fait, le même jour, envoi de la précédente pièce au sieur Pelletan ;

7° L'ordre donné par le Comité de sûreté générale, le même jour, à quatre heures et demie de relevée , pour qu'il soit procédé à l'ouverture du corps ;

S° Le procès-verbal dressé le lendemain 9 juin (21 prairial), constatant l'état du corps, et signé tant par les médecins chargés de traiter le jeime Prince q«e par ceux qui ont été appelés à l'ouverture du corps.

Reçu les huit pièces contenues au bordereau ci-dessus, que m'a envoyé M. le ministre secrétaire d'État de l'intérieur par sa lettre du 3 septembre 1817, conformément à l'ordre qu'il en avait reçu du Roi.

Paris , le 4 septembre 1817.

Le grand maître des cérémonies , Signé : Le marquis de Dreux-Brézé.

(Archives de V Empire, série E, n» 6209.)

Malgré l'intention constatée par ces deux pièces , le cœur dont il est ici question ne fût pas déposé à Saint-Denis. Les premiers doutes revinrent et prévalurent, confirmés surtout par les énergiques dénégations de Lasne , qui avait assisté à l'autopsie , et qui n'avait pas , disait-il, quitté un seul instant des yeux l'opérateur.

Le cœur conservé par M. Pelletan fut renfermé dans un vase de cristal sur lequel étaient gravées les lettres L. G., monogramme de Louis-Charles ; dix-sept étoiles , aussi gravées sur le couvercle , formaient une couronne surmontée d'une fleur de lis dorée. Ge vase demeura en dépôt à l'archevêché de Paris, d'où il disparut lors du pillage de cet édifice le 29 juillet 1830. M. Gabriel Pelletan fit rechercher le cœur, qui est aujourd'hui en sa possession.

Mémoire des racomodages blenchisages et fourniture deharde des détenus autemple pour le mois pluviôse len 3^ une et indivisible par la citoijenne Clouet,

(Janvier et février 1795.)

Linge dethercsse Capet.

1 tablie 8 s.

21 chemise dont 4 racomodé 19 15

12 serviette dont une racomodé 3 10

1 per de poche 6

8 linge piqué ^ 4

5 linge de garderobe 1

1 corset 6

3 perde bas de coton 15

2 per de bas de soie et racomodé 5 10

2 per de choson et racomodé 12

8 beguens 3

2 bone de linons monté et faveur 5

10 mouchoire de batiste et racomodé 4 10

8 fichue de batiste dont un racomodé 3 14

10 fichue delinon 6

2 jupon de basin et racomodé 2 15

1 robe et jupon de bazin rclargie 12

4 robe de perçai rélargie 44

Fourny pour doublure 2 one équard de toile a 16'^ lone

fait 36

Fournij 22 one lenquens pour deux pierot et leur jupon

a 18'^ lone 396

Fason des deux pierot et leur jupon (sic) 040

Fournij 2 one de toile blondine pour les corsages et les

menche des deux pierot 28

Fournij les bore des jupons des pierot 10

Fournij trois dousenne de bouton 9

Linge de Charles Capet.

3 chemise et racomodé 4 5

4 mouchoire de batiste 1

1 cravatte et 2 bone de coton 15

Suite de l'autre part. 642'^ 01 s.

Linge de Tison :

5 chemise 3 15

3 bone et 3 bendaii 1 4

5 per debas 1 5

6 mouchoire 1 4

1 serviette 5

Je sertiGe véritable le montant a six cens quarante neuf livre quens s.

Clouet.

Nous soussignées certifions que les ouvrages et fourniture portés au présent mémoire, montant à la somme de six cent quarante neuf livres quinze sols , ont été faits pour Tusage des détenus.

Au Temple , le dix neuf germinal de Tan 3^ de la République française, une et indivisible.

GoMiN, chargé de la garde des enfants de Gapet. Rahbert, com. civil.

Certifie véritable par moi économe de la maison du Temple iV la somme de six cent quarante neuf livre quinze sols.

LlENARD«

19 germinal an III (8 avril 1795,)

(Archives de F Empire, série E, n« 6207.)

Mémoires des ouviagcs faits et fournis par moi Diacre, tailleur rue Denis n° 58 , par ordre du commissaire du Temple, pour la fille de Capet ; ce 30 brumaire. Tan troisième de la République.

(20 novembre 1794.) Savoir : "'

Fourni 5 aunes de toile a 20'' laune 100" »

Fourni 9 aunes de rubans a 6 s. laune 2 14

16 busqués a 10 s. pièces 8

8 aunes de lacets a 5 s. laune 2 "

Façons de 4 corsets à 18" laune 7'2 »

Total ~184'' 14 s.

Je certiffie le contenu du compte ci dessus véritable , montant à

cent quatre vingt quatre livres quatorze sols.

Diacre.

Reçu les quatre corsets mentionnés cy dessus , pour le service de la fille de Gapet; ce trente brumaire de l'an 3<^ de la République française, une et indivisible.

Laurent, chargé de la garde des enfants de Gapet. GoMiN , chargé de la garde des enfants de Gapet.

Gcrtifié véritable par moi économe du Temple à la somme de cent quatre vingt quatre livres quatorze sols comme c'est des ouvrages que je n'aie aucune connaissance je me suis informé des prix aux ouvriers du mêmes état et mon dit que cetait le prix courant par ce moyen je déclare qu'il ni a pas lieu a réduction.

LiENARD.

(Archives de l'Empire, série E, n» 62007.)

Page 1