LIVRE XVIL - LASNE ADJOINT A GOMIX
lent dans Thistoire, j*ai recherché Lasne comme j^ai recherché roodiii , comme j*ai voulu voir et entendre les trois pauvres ;mmes par les souvenirs desquelles je pouvais pénétrer dans intérieur du ménage de Simon, et retrouver ainsi les traces resque effacées d*un des plus lamentables épisodes dés annales u Temple.
Ce fut le jeudi 16 février 1837 que je vis Lasne pour la preliëre fois ; et la pensée que j*allais me trouver en présence de elui qui avait donné les derniers soins au fils de Louis XVI , t l'avait tenu agonisant entre ses bras , me remplissait Tâme e mélancoliques -émotions. Ce fut Lasne lui-même qui vint n'ouvrir : je le devinai à son âge , à sa tenue, à tout son extéleur grave et sévère comme celui d*un homme jadis mêlé à de rands et tristes événements qui lui ont laissé d'ineffaçables ouveniriB. Les portraits de la famille royale, plusieurs portraits e Louis XVn décoraient la pièce où il me reçut. Lasne étai* m honime de 'cinq pîéds sept pouces environ, maigre, se tenan^ ort droit, comme les anciens militaires , d'une figure ouverte, exprimant avec- facilité et un peu d'emphase ; il était à cette poque dans sa quatre-vingtième année, et très-vert pour ce rand ftge. Ce ne fut que peu à peu que j'obtins la confiance e ce dernier et solennel témoin des souffrances du Temple. Je i trouvai sobre de paroles dans nos premières entrevues, et je is moi-même sobre de questions. Lorsque, après des relations lus longues, il vit que ce if était pas une vaine et froide curioté qui m'avait amené chez lui, mais un culte pieux pour le
anicipaiité rebelle, feront mis en liberté ; clutrge lei deux eàmitéê de lalut iblic et de sûreté génërtle de l'exécution dn présent décret, qui ne sera
»int imprimé.
9 Vite par l'inspecteur,
» S. E. MONNBL.
I CoUationni à l'original par nous . secrétaire de la Convention
nationale, à Paris, le 11 thermidor, l'an II de la République
une et indivisible.
• Bar.
TOMB u.
I Lb Vanneur (de la Meurthe) . secrétaire. •
noble enfant qu*il avait aimé et vu mourir, son cœur s*ouvrit tout entier.
Le mercredi 6 septembre 1837, comme je me rendais chei Lasne, qui venait d'être malade, je le rencontrai profitant d*iui ' rayon de soleil pour se promener sur le quai de Tlle-Saint- Louis , où il habitait. Il m'assigna rendez-vous pour le iendemain , en me disant : u Venez de bonne heure , nous nous enfermerons , et je vous communiquerai sur le Temple tous les renseignements qui pourront vous intéresser. A qui donner ma confiance, si ce n'est à vous i >-. Il tint fidèlement sa parole, et, soit dans cette première conversation, soit^dans les entrevues qui suivirent , il évoqua pour moi ses souvenirs et me raconta des détails que lui seul pouvait m'apprendre.
Un jour je lui apportai mon album , et le priai d'y écrire de sa main l'attestation de la mort du fils de Louis XVI, ce qu'a fit .
A cette époque, il reçut la visite de Gomin, son vieux coUëgoe de la toui du Temple, qu'il n'avait pas revu depuis vingt ans, et qu'il croyait mort. La Provideuce, qui avait mis sur ma route un précieux témoin de Tagonie du Dauphin, m'en eiH voyait un second avec lequel je devais avoir des liens encore plus étroits et des relations plus utiles pour l'œuvre que j'avais ' entreprise.
La vie de Lasne offre quelques particularités qui ne sont pas sans intérêt. En voici un fragment que j'ai écrit en quelque sorte sous sa dictée r .
tt Je suis né le 19 septembre 1757, à Dampierre-snr-Douhs, > paroisse Saint-Pierre , juridiction de Besançon. Mon père était adjudant au régiment de la Marche. Je vins fort jeune à Paris, \ et j'entrai, à douze ans, au dépôt du régiment des gardes françaises, dont rhôtel occupait l'emplacement de la rue du Helder : et de la Chaussée-d' Antin , sur le boulevard des Italiens, en face du pavillon de Hanovre. J'entrai, quelques années après, dans les grenadiers de la compagnie de Fourche , sons le nom