‹ Louis XVIIChapitre 4 sur 13 · AUDIENCE DU SAMEDI 7 FÉVRIER · texte numérisé non relu

AUDIENCE DU SAMEDI 7 FÉVRIER

Me Jules Favre continue ainsi :

Messieurs,

Le récit que j'ai eu Thonneur de présenter à la cour, à Taudience dernière, nous a conduits à Tincident le plus lamentable dans Fhistoire de celui dont nous recherchons Torigine.

Frappé par la justice du pays quMl habite d'une condamnation infamante, il ne pouvait en être relevé par la bienveillance de son gardien, pas plus que par le-bénéflce de la grâce roj-ale.

Il sort de sa prison, il n'a devant lui qu'humiliations, opprobre et suspicion.

On lui indique une résidence forcée à une très grande distance de Berlin, au fond de la Silésie. On lui laisse à peine quelques jours pour arranger ses affaires à Brandebourg. ILy vient ; il y vend à la hâte son chétif mobilier !.;. Il ne lui reste plus rien. Ecrasé par le chagrin, il part avec sa femme et ses deux enfants, et arrive dans la ville de Grossen, qui devait lui être si inhospitalière.

Cependant, chose bizarre ! par suite des contradictions étranges qui caractérisent la conduite tenue envers lui, contradictions que nous rencontrerons à chaque pas dans cette extraordinaire aventure, cet homme, ce condamné qui vient à Grossen pour y subir la continuation de sa peine, y est immédiatement recommandé, si bien que l'un des premiers actes de son séjour est d'être reçu bourgeois

de cette ville, oïl la moralité était cependant comptée pour quelque chose !

Nous en avons la preuve. Voici la pièce officielle qui constate la réception de Naundorff comme bourgeois, dans les conditions du passé, c'est-à-dire en. dehors de toutes les prescriptions usitées en pareil cas et formulées par les lois.

Il ne produit aucune pièce. Il aurait pu montrer sa sentence de condamnation ; il ne Tavait pas. Du reste, c'eût été là une triste recommandation.

Voici ce que je lis dans le procès-verbal de la déclaration à la suite de laquelle il a été reçu bourgeois de Grossen :

« Le magistrat de la ville de Grossen (royaume de Prusse) « certifie que Thorloger C. W^. Naundorff, après avoir « satisfait aux conditions requises, a été reçu, selon son « désir, comme citoyen de ladite ville, et qu'il a prêté <i aujourd'hui le serment suivant :

« Je, G. W. Naundorff, promets et jure, après avoir été « reconnu par le magistrat comme citoyen de cette ville, « d'être soumis et fidèle à Sa Majesté le roi de Prusse, « mon très gracieux souverain, et de rendre obéissance « au magistrat de cette ville. En outre, je jure de con- « tribner, selon mon pouvoir, au bien de cette municipa- « lité, de remplir conciencieusement tous mes devoirs de « citoyen, de me conformer en tous points à la loi muni- « cipale du 19 novembre 1808, et de me conduire en toutes u circonstances selon qu'il convient à un fidèle citoyen. « Que. Dieu, la Vierge Marie et tous les Saints me soient « en aide. Amen. »

« En vertu du présent serment, nous, maire, déclarons « que le susdit C. Wilhelm (Guillaume) Naundorff jouira M de toits les droits et privilèges de citoyen de cette ville, « et nous lui promettons de lui garantir la jouissance de « ces droits aussi longtemps qu'il s*en montrera digne.

« Grossen, le 24 juin 1828.

« Signé : Le Maire. »

C'était assurémenfune réhabilitation pour ce malheureux, mais ce n'était pas un moyen d'existence. Il fallait pourvoir aux besoins de chaque jour. La lutte fut cruelle... Si bien, Messieurs, que souvent il était près de succomber au désespoir.

Il avait été placé sous l'œil vigilant d'un magistrat, considéré comme sévère entre tous ; c'était M. Pezold, syndic du gouvernement et commissaire de justice à Grossen.

Il s'était présenté à lui et en avait été reçu avec froideur.

Justement inquiet, il en était réduit à cet état moral où l'homme est près de se manquer à lui-même, et s'il n'eût été soutenu par la vue de sa femme et de ses enfants, il aurait fléchi sous son fardeau.

Un soir, la journée avait été mauvaise, tout avait été pour lui déception et chagrin, et son âme brisée ne lui offrait plus le ressort nécessaire au soutien de son courage.

Il était à genoux, priant Dieu dans son modeste atelier, quand tout à coup la porte s'ouvre ; c'était le magistrat ! Il lui parla avec bonté et lui demanda des confidences.

Vaus jugez s'il était possible de les refuser. Ce fut au milieu des sanglots qu'elles se produisirent, et alors, par une transformation inattendue, M. Pezold devint le plus indulgent des hommes. Tout à l'heure il sera le plus zélé de ses amis.

Je voudrais bien. Messieurs, que ceux qui sont chargés d'expliquer cette affaire au point de vue de l'imposture de celui qui y a joué le rôle principal, m'expliquassent cette circonstance qui vient confirmer les précédentes ; c'est à croire au miracle !

Nous voyons les magistrats chargés de faire respecter la loi, de maintenir l'ordre, d'écarter les personnes équivoques, et à plus forte raison les criminels, aller au-devant de cet homme, lui tendre la main et devenir son appui :

Le Coq, Sechendorify Pezold î

Qu'on m'explique ce mystère, car la raison a besoin d'une base fixe pour asseoir son jugement. Jusqu'ici, en

voyant cet enchaînement qui relie, dans un même ordre d'idées, tous les faits que j'énumère, il est évident qu'on peut croire à l'existence de raisons supérieures, qu'une attention soutenue peut faire découvrir aisément.

Quant à moi, j'afflrme ceci, c'est que, pour Pezold comme pour les autres, le prétendu Naundorflf n'avait pas besoin de révélations. C'est que déjà ceux qui les lui demandaient étaient au courant de la situation, c'est que le secret d'Etat était entré dans les chancelleries peut-être dès 1810, secret qui le protégeait en^ même temps qu'il était pour lui l'occasion d'une persécution perpétuelle.

Quant à Pezold, peut-on douter qu'il n'obéisse à un mobile supérieur aux confidences de cet homme ? Quelles sontelles, en effet, ces confidences ?

Voilà un condamné qui sort de prison ; il vient on ne sait d'où. C'est un artisan sans valeur sociale, et le magistrat croirait aux premières paroles prononcées par lui dans le désordre de ses idées? Le magistrat croirait à ce que dirait cet homme qu'il est le fils de Louis XVI ?

Je disais hier qu'il eût été plus naturel de dire que Naundorff était plutôt fou que criminel.

Mais voilà bien des insensés, et en voici un que nous saisissons en flagrante invasion d'aliénation mentale : c'est ce magistrat qui, sans autres indications que celles que lui donne le înalheureux qui est devant lui, va fle compromettre vis-à-vis de son gouvernement, vis-à-vis des cabinets étrangers, vis-à-vis des personnes les plus élevées dans le monde et qui doivent être pour lui l'objet d'un grand respect, considérations puissantes qui, certes, l'auraient arrêté s'il n'avait eu d'autres raisons pour agir.

Eh bien I Messieurs, nous voyons immédiatement Pezold se mettre en rapport a vrecles personnes qui peuvent protéger cet homme persécuté ; il devient subitement l'un des plus ardents partisans de ses revendications.

En effet, dès 1829, il écrit à Mme la duchesse d'Angoulême pour réclamer en sa faveur, et le 16 juin 1829, il reçoit cette lettre qui serait bien singulière si elle n'était en tout conforme à la ligne de conduite que nous allons

voir adopter par les personnes auxquelles Naundorff s'est ' adressé, tout aussi bien que par les magistrats et les dépositaires de l'autorité publique qui laissent se briser dans leurs mains les armes de la loi pour avoir plus tard recours à celles de l'arbitraire.

Voici la lettre, ou plutôt le billet écrit à M. Pezold par la duchesse de Damas :

« J'ai reçu, Monsieur, la lettre que vous m'avez adressée « pour M™« la Dauphine. Je l'ai remise à S. A. R. qui m'a w chargée de vous mander qu'elle ne voulait nullement « se mêler de l'affaire dont vous désirez l'entretenir. Je « m'empresse de vous en instruire, Monsieur, et j'ai Fhon- « neur d'être votre très humble et très obéissante servante.

« La duchesse de Damas.

« Ce 16 juin 1829. »

Pourquoi, Messieurs, ces réticences ? Que M"*® la duchesse d'Angoulême n'ait voulu avoir aucune relation avec un imposteur, soit! Mais qu'elle se taise sur la qualification que mérite celui qui l'importune, qu'elle n'avertisse pas un homme d'honneur qui peut s'égarer, qu'elle ne dise pas à Pezold : Pourquoi m'entretenez-vous d'un fils de Louis XVI, mon frère est mort au Temple ; vous êtes dupe d'un intrigant, vous jouez un rôle indigne de vos fonctions?

Ah ! Messieurs, qui est celui de nous qui en pareille circonstance aurait agi ainsi? Eh quoi ! il s'agirait de l'honneur de notre famille, on songerait à s'introduire de force dans notre foyer, et nous dirions dédaigneusement que nous ne voulons pas nous mêler d'une pareille affaire !

Non, Messieurs, aucun de nous ne tiendrait ce langage.

La vérité a sur l'es âmes honnêtes une action si violente qu'elle se fait jour à travers tous les systèmes ; elle se montre, bien qu'on ait intérêt à la cacher. Ici, on la dérobe, et je n'ai pas besoin d'en dire les raisons.

Il en sera de même partout. J'ai dit quelle a été l'attitude constante de la duchesse d'Angoulême en présence des interpellations réitérées de Naundorff... Quelle situation

bizarre ! Je demande qu'on me cite une histoire pareille à" celle que je raconte et dont j'apporte la justification î Voici ce commissaire de justice, ce magistrat qui prend en mains la cause d'un condamné, le croit le fils de Louis XVI, s'adresse à la duchesse d'Angoulême, envoie des notes aux différents gouvernements et notamment à celui à' Autriche. Or, l'ambassadeur de Sa Majesté autrichienne aurait pu tenir, vous l'avouerez, un autre langage que celui de sa lettre du i8 juillet 1831 :

« L'ambassade autrichienne informe M. le syndic Pezold, « en lui renvoyant les papiers ci-joints, qu'elle ne peut « s'occuper de l'affaire à laquelle ils ont rapport.

« Berlin, 18 juillet 1831. »

C'est toujours. Messieurs, la même fin de non-recevoir, je ne dirai pas hautaine, mais évasive. Rien sur le fond des choses. On ne dit pas à Pezold qu'il s'égare, mais seulement qu'on ne veut pas se mêler de l'affaire dont il parle. La cour d'Autriche a des rapports trop étroits avec la famille royale, elle donne l'hospitalité à la duchesse d'Angoulême, en exil pour la deuxième fois ; la cour veut rester neutre.

Vous croyez que Pezold va se décourager ? Loin de là I Vous allez voir quelle campagne agressive ce commissaire de justice, ce syndic de la ville de Crossen va entreprendre contre son gouvernement qui n'a pas la réputation d'être doué d'une trop grande patience.

Il écrit d'abord au ministre de la justice pour obtenir la révision du procès de Naundorff, et voici dans quels termes :

« Croàsen, 18 juillet 1831.

u A Son Excellence Monsieur le Ministre de la justice,

« Excellence, « L'horlogeï* Naundorff, demeurant maintenant à Crossen, « a eu le malheur d'avoir été mis deux fois en accusation « à Brandebourg où il avait alors son domicile. La première

« fois, il a été entièrement acquitté sur une accusation d'in- « cendie ; la seconde fois, comme prétendu faux monnayeur, « il a été condamné. S. M, le roi de Prusse a daigné, sur la H demande de son épouse, lui faire remise du reste de la « peine qu'il avait encore à subir aux termes de sa condam- (( nation.

<( Ce Naundorff ne porte ce noni que comme un nom « adopté, que les circonstances du temps passé lui ont im- *« posé. Il est Français de naissance et fils de V infortuné ^< rpi Louis XVI, mort sur l'échafaud ; par conséquent « autrefois dauphin de France, duc de Normandie, que ît rhistoire prétend être mort sous le notn de Louis XVII, « roi de France, Muni de pleins pouvoirs, comme son « chargé d'affaires, j'ai remis sous la date du 4 mars de « cette année, entre les mains de M. Albrecht, conseiller « privé du cabinet de Sa Majesté, là biographie de mon « mandant, sollicitant l'autorisation de la faire imprimer.

<c Soit pour convaincre ce fonctionnaire distingué de « l'innocence de mon mandant, soit parce que \e même w motif d'opprobre m'a été opposé par V ambassadeur de u Saxe et de Eesse, j'ose prier Votre Excellence, en vertu « des pleins pouvoirs ci-joints, de daigner ordonner que « le tribunal de Brandebourg remette entre mes mains le u dossier relatif à V accusation dirigée contre V horloger « Naundorff comme incendiaire et faux monnayeur ; « attendu que je suis chargé de présenter les moyens de « révision, et de faire toutes les démarches nécessaires et « convenables pour prouver Finriocence de mon mandant.

« En raison du devoir qui m'est imposé comme fonçai tionnaire public, et de la nécessité absolue de ne m'ar- « rèter à aucune considération contraire à Vinnocence de « c^lui que je suis chargé de défendre, j'ose espérer que « Votre Excellence daignera accéder à ma très humble « demande,

« Je suis avec le plus profond respect...

« Pezold. «

Vous semble-t-il, Messieurs que le rédacteur de cette lettre ait l'ombre d'un doute ? Je n'insiste pas I

jGe qu'il demande est ce qu'il y a de plus raisonnable, de plus logique et de plus juridique au inonde. Il veut faire disparaître l'objection formidable d'une condamnation méritée qui serait venue frapper son mandant. Il réclame le dossier de l'affaire. Il veut se pourvoir en révision ; et c'est à la suite de l'examen de ce dossier qu'il a pu constater les motifs de la sentence, que je mettais, hier sous les yeux de la Cour.

Depuis, nous avons fait tous nos efforts pour obtenir communication de cette sentence, et il a été répondu que la législation prussienne s'y opposait. *

Il a fallu l'intervention royaJe, la volonté expresse du roi de Prusse pour que ce dossier fût mis, quelques heures seulement, sous les yeux de Pezold.

Le 22 juillet de la même année 1831, ce dernier écrit au ministre de l'intérieur. Or, vous allez voir avec quelle indépendance de langage, qui n'aurait certes pas été tolérée si une intervention supérieure n'eût protégé Pezold.

Le 22 juillet 1831, M. Pezold adressa au ministre de l'intérieur de Prusse une lettre semblable à celle que nous venons de lire, et il lui disait en outre :

« Votre Excellence sera probablement informée par le « cabinet de Sa Majesté, et sans aucun doute par le prési- «< dent en chef, M. Wismann, à Francfort-sur-l'Oder, qu'il « existe à Grossen un horloger qui assure être le fils de Tin- « fortuné Louis XVI, et dont je suis le mandataire spécial.

« J'ai remis, le 4 mars de cette année, la biographie du « nommé Naundorffy intitulée : Existence et aventures de « Louis XVn, entre les mains de M. le conseiller privé « Albrecht; j'ai eu l'honneur de le prier de déposer cette « biographie aux pieds du trône; j'y ai joint en même u temps une très humble demande au roi de vouloir tien « en permettre l'impression, attendu que Naundorff, ré- « duit par une concurrence d'indicibles malheurs à la plus « cruelle misère, devait trouver, dans la publication de ces « mémoires, les ressources financières qu'exigent son af- « freuse position et celle de sa malheureuse famille

« C'est pourquoi je fis un rapport à S. M. notre roi, dans

« lequel je spécifiai que j'étais chargé de demander Tappui « de S. M. le roi des Français, afin que mon mandant pût « rentrer dans sa fortune paternelle. Je supplie S. M. le roi « d'appuyer cette demande par son intervention puissante.

« J'ai remis cette demande à S. M. le roi des Français, a entre les mains de son ambassadeur accrédité à la cour « de Prusse ; j'en ai informé les cours de Russie, de Suède, i< de Bavière, de Saxe, de Naples, de Danemark ; et j'ai « supplié les monarques de ces pays d'appuyer la demande « de mon mandant auprès du roi des Français.

« L'ambassade autrichienne m'a renvoyé la notification, « ainsi qu'une lettre ouverte à S. M. l'empereur et une <€ lettre autographe de mon mandant au duc d'Angoulême, « en me répondant que Vambassade ne pouvait pas s'oc- « cuper de cette affaire !

« L'ambassadeur des Pays-Bas me rendit la notification « avec ces paroles que rien ne justifie, que « c'étaient des « bêtises déjà connues de lui ! » Si la justesse de ce juge- « ment de M. l'ambassadeur était si claire et si avérée, « qu'il ait pu procéder avec une si étrange sévérité, certes, « moi, comme fidèle et heureux sujet de S. M., et particuliè- « rement en ma qualité de fonctionnaire prussien, '^^ n'au- « rais jamais osé importuner le roi mon maître dans une « semblable circonstance, si Je n'étais pas convaincu que « m^on mandant est en vérité celui quil dit être; car j'ai t< eu le temps de l'étudier dans une longue intimité, et de « le connaître conséquemment à fond depuis l'année 1828. « Mes rapports continuels, mes occupations journalières « avec lui, mes observations attentives de chaque jour, « de chaque instant, tout a concouru à établir dans ma « conscience la conviction inaltérable et profonde qu'il ne « peut être question ici ni d'une erreur ni d'une impos- « turc, dont les suites seraient un mépris général et une « peine infamante.

« Je prie, en conséquence. Votre Excellence de vouloir « faire attention que mon mandant demande :

« Qu'on cherche, par tous les moyens possibles, les preu- « ves contraires à ce qu'il déclare comme une vérité ;

« Qu'on considère qu'une preuve d'imposture ne peut « pas être administrée raisonnablement dans l'espèce ;

« Que mon mandant provoque une déclaration décisive « de S. A. R. Madame la duchesse d'Angoulême comme sa « sœur, qui connaît très exactement sa vie et les détails « de son séjour au Temple ;

« Que l'on peut s'en rapporter, relativement à la ^'essem- « blance de mon mandant avec les membres de la famille « royale à laquelle il appartient, au témoignage du prince M de Carolath, qui a vu, ainsi que le baron de Senden, mon tt mandant il n'y a pas encore longtemps.

« Pourquoi le président. M, Le Coq, a-t-il donné V ordre « au magistrat de Spandau de recevoir mon mandant « comme bourgeois, sans qu'il ait fourni les documents

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