La Mère du duc d'Enghien, par le comte Ducos
2. Marie-Cécile Siinonet de Coulommiers, mariée au comte de Monlault-N'availles, maréchal de camp et menin du Dauphin, mère de la duchesse de Gontaut.
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ger, et Fenfant revoyait avec des transports de bonheur cette parente si bonne et si tendre, chez laquelle, chaque année, M. d'Esparbès l'envoyait dans son enfance passer de longs mois dans son hôtel de Paris ou dans ses terres de Gascogne. Il savait que, auprès de nulle autre, sa fille ne pourrait trouver des soins plus intelligents et dévoués. La naissance de la future duchesse de Gontaut* allait resserrer encore ces liens d'affection; les deux enfants s'étaient prises l'une pour l'autre de l'amitié la plus vive, et la mort seule de l'aînée devait rompre l'intimité existant entre ces deux cousines, séparées seulement par une différence d'âge de neuf ans.
Les vacances ramenaient la jeune Louise chaque année près de ses parents, et c'était une grande joie pour elle de se retrouver auprès de ses demisœurs et de ses demi-frères, dont plusieurs fois déjà elle avait vu augmenter le nombre. Tout en se plaisant à Panthemont, ce rendez-vous de toutes les élégances ne lui faisait oublier ni les douceurs de la vie familiale, ni l'affection sincère dont son bon grand-père et aussi M"* de Montault l'avaient entourée depuis sa naissance.
1. Joséphine-Louiso-Maricde Montault-Navailles. née à Paris on m3, mariée au comte de Goutaut-Saint-BlaucarLl, titrée duchesse CD 1826. Gouvernante des Enfaats de France; morte eu ISii".
Les années avaient passé et Louise d'Esparbès approchait de sa seizième année. C'était une frêle jeune fille d'une beauté délicate^ à la taille souple et élégante: l'ovale délicat de son visage s'encadrait de cheveux cendrés qu'un nuage de poudre ■exigé par la mode venait encore adoucir. Les yeux •d'un bleu très pâle, largement fendus, étaient à la fois expressifs et timides; la bouche, qui s'entr'ouvrait sur l'émail des dents, semblait faite pour le baiser et pour le sourire, et la physionomie tout •entière était empreinte d'adorable douceur, de naïve tendresse et d'intelligente bonté.
On se mariait de bonne heure à cette époque, et M. de Lussan songea que le moment était venu de chercher un mari pour sa fille et de pourvoir à son -établissement. Du chef de sa mère, la jeune fille possédait une fortune importante et les prétendants ne manquaient pas pour cette séduisante héritière ■dont on s'occupait déjà dans le monde. Le comte de Lussan n'avait jeté les yeux encore sur aucun parti, lorsque la comtesse Jules de Polignac vint lui faire des ouvertures pour son frère. Elevée elle aussi, quelques années auparavant, au couvent de Panthemont, elle faisait de fréquentes visites à la sainte maison oîi s'était écoulée sa jeunesse et oii elle avait conservé d'intimes relations avec ses anciennes maîtresses. Elle vit Louise, fut charmée par sa
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grâce et sa gentillesse, et songea immédiatement pour son frère à un mariage oîi tous les avantages, de beauté, de famille et de fortune, semblaient se trouver réunis.
Le vicomte Adhémar de Polastron était son demi-frère^ né du second mariage que le comte de Polastron, grand sénéchal d'Armagnac, avait contracté en 1761 avec Anne-Charlotte de Xoë, fille de Louis, comte de Noë, et de Marie-Anne de Bréda^ tandis qu'elle était issue de la première union de son père avec Jeanne-Charlotte Hérault de Vaucresson-. Ce mariage avait eu lieu le 18 juin 1746,
La famille de Polastron est originaire de Guyenne^; dès l'an 1004, on trouve un de ses membres qui se signale par une généreuse donation à l'abbaye de Grandselve, et au cours des siècles suivants, ses descendants illustrent leur nom à maintes reprises sur les champs de bataille par de glorieuses prouesses, ou encore, investis des plus hautes fonctions, se distinguent par leurs talents dans les situations les plus importantes ^ Au
1. Madame de Polignac et son temps, par SchlOïinger. Paris, A. Ghio, 1889.
2. Elle était fille de René Hérault, lieutenaut do police, puis^ intendant de Paris.