CHAPITRE IV
]||mo jjjr PoLASTROX DAME DU PALAIS DE LA ReI\E.
S'il était dans la destinée de Marie-Antoinette •de rechercher toujours une amitié désintéressée, •ce fut sans doute l'une des causes qui l'attachèrent à M"° de Polastron.
La Reine l'avait rencontrée non seulement chez la princesse de Lamballe et chez la duchesse de Polignac, mais encore chez la comtesse d'Ossun', ■dame d'atours, qui partageait la faveur de la nouvelle duchesse. Geneviève de Gramont, comtesse d'Ossun, tenait à la fois à M'"" de Balbi, parce que «a fille était devenue la marquise de Caumont-La Force, et à M"'^ de Polastron, puisqu'elle était la sœur du duc de Guiche. La jeune Louise avait ■donc fréquemment été conviée aux petits dîners •de quatre ou cinq personnes que la Reine prenait plaisir à organiser, aux petits concerts dans les-
1. Elle mourut sur l'échafaud à quarante-quatre aus, le 26 juillet 1794. Elle était modeste et vertueuse, et s'était fait à Versailles aimer de tous. — Voir Modes et tisages au te»ips de Marie- Antoinelle, par le comte de Reiset.
76 LES REINES DE l'ÉMIGUATION.
quels elle se plaisait à chanter. Si l'on en croit M. Rougeot, pourtant M™" de Polastron ne partageait pas pour la comédie l'engouement général.
« Les comédies vont leur train à Trianon », écrivait-il ; « il paraît que la Reine et M. le « comte d'Artois prennent un grand goût pour « ce genre d'amusement qui ne plaît guère à « votre nièce. Elle a eu quelques accès de fièvre « en revenant de Trianon, dont elle craint que u l'air ne lui vaille rien du tout ; il faut pourtant « bien qu'elle s'y fasse, et elle en est convenue « avec moi, d'autant plus qu'o/i* affectionne beau- <( coup ce palais enchanté, qi\o?i s'y plaît plus que « partout ailleurs et qu'o?i ira souvent... »
Ces royales fréquentations devaient hâter le moment oii Marie- Antoinette allait tenir la promesse faite à sa petite amie, au moment de son mariage, promesse dont toute la famille, les d'Esparbès comme les Polignac, attendait avec impatience la réalisation, malgré l'extrême jeunesse de la postulante.
« On la trouve trop jeune », écrivait M. de Rougeot, « et on dit qu'être dame du palais à dixce sept ans, ce serait une chose sans exemple! »