‹ Louise d'Esparbès, comtesse de PolastronChapitre 45 sur 126 · CHAPITRE YIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YIII

Tlrix.

Cependant, le comte d'Artois a envoyé le baron de Castelnau à Turin pour demander l'autorisation de s'y rendre, Yictor-Amédée IIP s'assure d'abord l'adhésion de Louis XVI et permet enfin à son gendre de s'installer dans sa capitale, oii la comtesse d'Artois, restée à Paris, va venir le rejoindre. Vers la mi-septembre, le prince, avec une escorte de quatre-vingt-deux personnes, arrive à Turin. Sa sœur-, mariée au prince de Piémont, l'accueille avec la joie la plus vive, en lui prodiguant les marques de la plus tendre affection^.

Tous les contemporains s'accordent à louer les qualités et les vertus de cette pieuse princesse, que son embonpoint précoce avait fait baptiser irrévé-

1. Victor-Amédoe III, roi de Sardaigne, ué en 1726, mort en 1796.

2. Marie-Clotilde de France, née en 1739, morte en 1802. Son époux, devenu roi à la mort de son père, porta le nom de Charles-Emmanuel IV.

3. Mémoires historiques de Mesdames, par M. T..., iu-12. Paris, 1803.

148 LES REINES DE l'ÉMIGRATION.

rencieusement à Versailles « le Gros Madame », et que le coriite d'Artois n'avait pas vue depuis son mariage. Le prince est reçu, à la descente de son carrosse, par le Roi, avec les témoignages les plus affectueux et les plus flatteurs, « Ah! mon père! Ah! mon fils! » s'écrient-ils, en se jetant ■dans les bras l'un de lautre; et ils se tiennent ainsi longtemps embrassés sans prononcer d'autres paroles. La comtesse d'Artois arrive le lendemain avec les Condé ; ces derniers amènent une suite de quarante-cinq personnes. Au bout de trois jours, ce sont les ducs d'Angoulème et de Berry qui rejoignent leurs parents, et c'est avec une douce émotion que le vieux roi accueille ses petits-fils, âgés de seize et de treize ans. qu'il n"a jamais vus encore. Le comte d'Artois, tout en faisant de fréquents séjours à la Vénerie', s'installe avec sa maison à Moncalieri, dans un château que lui a loué son beau-père qui le défraie entièrement; il se fait officiellement présenter le corps diplomatique, se rend à des parties de chasses organisées en son honneur, et s'occupe des intérêts de son frère tout en fréquentant les nombreuses réunions auxquelles il est convié à la Cour et à la campagne. Mais il supporte impatiemment d'être éloigné de

Page 1