‹ Louise d'Esparbès, comtesse de PolastronChapitre 96 sur 126 · ENCLOSURE · texte numérisé non relu

ENCLOSURE

RÉGIMENT DE ROLL

« Louis de Polastron, enseigne en remplacement « de Sonnenberg de Gastellen, 2o décembre 1803.

« Recommandé par « baron de Roll.

« No 22, ïhayer Street, Manchester Square, « 21 avril 1804. >.

Le titre d'enseigne n'existe plus dans 1 armée anglaise, il a été aboli en 1871 ; il correspondait

au grade de sous-lieutenant, ou de lieutenant en second. Le mot « enseigne » en anglais signifie drapeau, et c'étaient deux des huit officiers pourvus de ce grade qui étaient chargés de porter les deux drapeaux de chaque bataillon. Les joins de revue ou de bataille, en effet, l'enseigne le plus ancien portait le drapeau dit « du Roi ou de la Reine », et le plus jeune portait le drapeau dit « du régiment ». Ce devait être le rôle réservé au jeune Polastron. Le drape.au du régiment de Roll, qui fut licencié en 1814 , après avoir fait les campagnes d'Egypte^ d'Espagne et de Portugal, portait comme emblème un sphinx avec les mots : Egypte et Péniîvsule.

A la suite de cette nomination, la Gazette de Londres du 5 mai 1S04 insérait la note suivante :

RÉGIMENT DE ROLL

« Louis de Polastron, gentleman, est nommé « enseigne en remplacement de M. de Castelnau, « qui quitte le service. »

Le jeune Polastron, muni de son brevet, se mit en route pour Gibraltar, où le régiment de Roll'

1. Le régiment île Roll était ainsi composé : Colonel: Le baron de Roll (grade du 9 décembre 1794).

336 LES REINES DE l'ÉMIGRATION.

tenait garnison, et il rejoignit son corps au mois d'août. Comme le constate le registre de la place, son grade allait compter à partir du 25 mars 1804, date à laquelle M. de Castellen avait donné sa démission.

Une épidémie de fièvre jaune qui dura pendant un an sévissait alors à Gibraltar; le nouvel enseigne était, nous l'avons vu, d'une santé délicate, et le climat de l'Angleterre ne l'avait guère préparé à supporter la transition brusque des chaleurs torrides du sud de l'Espagne ; atteint par le terrible fléau, il succomba le 3 octobre 1804, et l'attaque fut si violente que l'on dut brûler sans exception tout ce qui lui avait appartenu; par

Lieutenant-colonel : Baron de Sonnenberg (5 septembre 1802). „ . . l Ch. de Volgelfung (25 septembre 1802). Majors : | Comte E. de Courten (23 décembre 1802).

f Elias de Reioach (25 septembre 1802). Parmi \ Benoit de Phrynier (25 décembre 1802). les capitaines : ) Philippe Canol (9 décembre 1794). l Aloys de Baclaiau (18 mai 1801).

Joseph de la Ville (9 décembre 1794).

Francis d'Altenbourg v5 septembre 1796). Parmi \ Lewis Steiger (23 décembre 1802). les lieutenants : { Lewis de Muiler, id.

Henry de RoU, id.

Amandy de Suny, id.

Charles de Suny (22 décembre 1803).

( Sonnenberg de Castellen.

Parmi \ Julian de Courten.

les enseignes : f Constantin Woolwick.

' Frédéric de l'Espart.

Adjudant : Joseph de la Ville.

Chapelain: Xavier Becker,

crainte de la contagion : effets, papiers, bagages, tout fut détruit sans qu'il en reste de trace.

Aucun registre ne relate la mort ni l'enterrement du jeune officier, et sa sépulture reste inconnue. Son nom ne figure sur aucun des tombeaux qui subsistent dans le cimetière de Trafalgar, oii furent enterrés tous les officiers morts victimes de l'épidémie ; mais, au milieu de ces tombes, il en est dix-sept dont la pierre ne porte plus aucun nom : c'est là sans doute que repose Louis de Polastron.

C'est dans les papiers du commandant en chef qu'ont été retrouvées la lettre du baron de Roll et la réponse du colonel Clinton expédiant le brevet demandé. Ce sont, avec un ordre du jour de la place annonçant sa nomination qui figure dans le recueil d'ordres du mois de mars 1804, les seules pièces officielles qui le concernent ^

Encore offrent-elles ceci de particulier^ qu'elles ne donnent ni son âge, ni le lieu de sa naissance. Les renseignements que j'ai demandés au couvent de Gibraltar n'ont pas eu un meilleur résultat; le chapelain, malgré ses recherches, n'a pas trouvé trace d'acte de décès-.

1. Voir Historié du Kings Gennan Légion, par Bramisch. Londres, W. Boone, 1832 et 1837.

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