‹ Louise d'Esparbès, comtesse de PolastronChapitre 98 sur 126 · CHAPITRE XYlIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYlIl

Les derxières Années du comte de Polasthon.

Notre étude serait incomplète si nous ne retracions la vie du comte de Polastron, époux un peu effacé, mais soldat fidèle et qui connut de réelles infortunes. Sa situation, vis-à-vis de la Cour, était fort délicate et il est à présumer que sa destinée s'en ressentit dans une mesure qu'il est assez difficile de préciser. Au point de vue de sa carrière militaire, le sort de M. de Polastron fut d'ailleurs celui de beaucoup d'émigrés qui, par suite de circonstances mal déiinies, ne trouvèrent pas, après la Restauration, les compensations auxquelles ils croyaient avoir droit et les récompenses méritées par leurs longs services.

M. de Polastron, remarié à une Allemande, officier général en disponibilité, connut les plus dures épreuves, sa veuve, les pires infortunes. H ignora, sur sa fin, les satisfactions que lui promettaient, au début de la vie, la faveur royale dont sa sœur,

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la duchesse de Polignac, avait été entourée et, hélas! accablée.

Denys-Gabriel-Adhémar de Polastron était né à Toulouse, le 12 avril 1762. Voici son acte de naissance, extrait des registres de la paroisse Saint-Etienne :

« Denys-Gabriel-Adhémar de Polastron, fils de (( haut et puissant seigneur Jean-François-Gabriel, « comte de Polastron, gouverneur des ville et châ- « teau de Castillon et Castillonnais, cy-devant colo- « nel du régiment de la Couronne, et de haute et « puissante dame Marie-Elisabeth-Anne de Noé, « mariés, né le douzième jour, a été baptisé le « 13 avril 1762. Parrain : messire Denis de Polas- « tron de la Ythière, chevalier de l'ordre de Saint- (( Jean de Jérusalem ; marraine : dame Gabrielle de « Mirmann de Lavagnac, absents, représentés par « le sieur Etienne Montfort et par demoiselle Ma- « rie Dupay, qui ont signé avec nous et le père : « le comte de Polastron, Montfort, Marie Dupay, (( Abadie, vicaire, signés au registre. »

De son premier mariage avec Charlotte Hérault de Vaucresson, le comte Gabriel de Polastron n'avait eu que deux filles; la naissance d'un fils aussitôt après sa seconde union avec Charlotte de Noë combla tous ses vœux. Cet héritier tant désiré

^allait perpétuer la race et assurer la transmission •d'un nom depuis huit siècles glorieusement porté, et qu'on avait craint un instant de voir s'éteindre.

La carrière militaire, dans laquelle le comte de Polastron s'était distingué, oii ses aïeux s'étaient illustrés, était pour son fils la meilleure voie à suivre. Le 26 juillet 1776, à peine âgé de quatorze ans, Adhémar entre avec une dispense, pour •commencer son service avant l'âge requis, comme sous-lieutenant surnuméraire au régiment de Roiinfanterie. L'année suivante, il est nommé souslieutenant à Roi-cavalerie. C'est là que nous le trouvons en 1780, au moment de son mariage, où la Reine, comme cadeau de noces, dépose dans la corbeille un brevet de capitaine, pour complaire à sa sœur, la comtesse Jules de Polignac, dont la laveur commence à grandir.

En 1783, il est aide de camp de La Fayette, puis aide-maréchal des logis dans l'armée qui doit s'embarquer à Cadix sous les ordres du comte -d'Eslaing.

Dès 1782, il a été désigné pour ce poste envié; •c'est une note du contrôle militaire qui nous l'indique' :

1. Archives adinioistratives du Ministère de la Guerre. Dossiers personnels : Polastron.

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« 23 janvier 1782, Doit accompagner M. le mar- « quis de la Fayette et est le seul que M. de la « Fayette soit autorisé à emmener. »

Dans un certain nombre de pièces officielles, la signature de M. de Polastron est suivie de trois points encadrés de deux traits qui font présumer qu'il appartenait à la franc-maçonnerie.

Le régiment de Dauphin-cavalerie avait une loge : la Parfaite-Union^ constituée en 1760 par la G.". L.'., et reconstituée en 1776 parle G.'. O.*.; mais, s'il en faisait partie, il n'était investi d'aucun grade important.

C'est seulement dans la loge du Contrat Social 0.". Paris, en 1782, qu'on voit figurer le nom de Polastron ^

Nul ne peut s'étonner du reste qu'il ait fait partie d'une association où figurait toute l'aristocratie française et dont les tendances humanitaires ou charitables faisaient un si violent contraste avec la franc-maçonnerie d'aujourd'hui.

Nous ne saurions dire si JM'"^ de Polastron, elle aussi, avait cédé aux exie^ences de la mode et avait suivi l'exemple de son mari. Mais nous aurions

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