De 1776 à 178o, Vénc'rahle : le cliovalier de Chainpoaux
De 1785 à 1788, Vénérable : le comte de Rocheret.
De 1789 à 1792, Vénérable: Desvieux.
Communication de M. Gustave Bord.
mauvaise grâce à nous en montrer surpris, quand nous voyons la princesse de Lamballe, elle-même, se faire affilier et accepter d'être grande-maîtresse d'une des loges les plus importantes de Paris. Comme tant d'autres, elle n'avait rien soupçonné des ténébreux projets de cette secte redoutable.
Le vicomte de Polastron n"a rien d'un courtisan, mais il n'a pas. tout au moins au début, les allures sauvages et moroses que nous peint M'"^ de Gontaut. Dans les premiers temps de son mariage, nous le voyons même jouer la comédie avec la Reine et faire partie de la petite troupe de Trianon. A ce moment, il est sous le charme de sa jeune épouse ; passionné pour la musique^ il chante et joue du violon avec agrément; sa vie se passe, nous dit un comtemporain, « à racler son instrument ». Mais il a peu de goût pour les intrigues de salon et les petites coteries de la Cour de Versailles, et le peu de similitude de leurs goûts, qui ne fera que s'accentuer dans la suite, éloignera forcément peu à peu l'un de l'autre les deux jeunes époux. Louise s'épanouit au milieu des fêtes que chaque jour renouvelle, tandis que son mari demeure emprunté et timide. Ce qu'il préfère, c'est la vie des camps ; c'est un soldat qui aime son métier et dont ses chefs apprécient la bonne volonté et le mérite. En 1783, M. de Yiomesnil, qui
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passe en revue son régiment, lui donne la note suivante : « Est instruit et sert bien. » Et la même note lui est accordée en 1786.
Depuis le 1*"' janvier 1784, il est colonel en second de Dauphin-cavalerie. Sans doule^, la puissance de sa sœur, la faveur de sa femme sont pour beaucoup dans cet avancement rapide, mais nous venons de voir qu'il est justifié par ses aptitudes militaires. Quand, après la prise de la Bastille, M""" de Polastron s'éloigne précipitamment de Yersailles avec les Polignac, sur l'ordre de la Reine qui craint pour leur sûreté, M. de Polastron reste à la tête de son régiment, pensant que sa présence sera utile à la défense du trône de Louis XYI, et il va demeurer à son postejusqu'en 1792. A ce moment, il comprend que rester en France devient impossible, et il juge que son devoir l'appelle de l'autre côté du Rhin : il émigré et amène avec lui tout un escadron de son régiment qui vient se mettre avec lui au service des princes. A Coblentz, il retrouve sa femme et son fils installés à la Cour de l'Electeur, et il est nommé aide de camp de Monsieur, comte de Provence; mais, nous l'avons vu déjà, il n'est pas l'homme des intrigues, il ne fait qu'une apparition dans la capitale de l'Emigration, où il souffre de la position fausse qui lui est faite, et rejoint, avec son corps, l'armée de
Condé, au milieu de laquelle il va faire les campagnes de 1792, 1793 et 1794.
A la fin de cette dernière campagne, l'état de sa santé, éprouvée par les fatigues de la guerre et les privations de toutes sortes, l'obligent à prendre un peu de repos, et c'est pour récupérer quelques forces qu'il se retire à Carlsruhe. Au bout de quelques mois, il est à peu près rétabli, et, toujours en qualité d'aide de camp du comte de Provence, il est chargé par lui d'une mission secrète importante sur les bords du Rhin. Cette mission dure six années, interrompue seulement par une période de service actif, pendant laquelle il rentre à l'armée de Condé. Pendant les six années qu'il remplit ce poste de confiance, il correspond avec le comte François d'Escars, et ce dernier lui en donne un certificat qui sera présenté plus tard à la commission chargée de vérifier les états de service. Ces six années de mission seront comptées comme service de guerre. Le comte d'Ecquevilly et le vidame de Vassé lui délivreront également des certificats pour les trois campagnes faites à l'armée de Condé.
Quels sont les sentiments de M. de Polastron vis-à-vis de sa femme, c'est ce qu'il est bien délicat de dire avec certitude : il est probable que, bien qu'il n'ait pas rompu officiellement avec elle,
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il est peu désireux de s'en rapprocher. Il semble difficile de le croire complètement aveugle et rien ne permet pourtant de le supposer complaisant, puisque Vaudreuil, dans sa correspondance, semble toujours redouter qu'une imprudence, en ouvrant les yeux au mari^ ne provoque de sa part un scandale ou un éclat.
En 1794, il a appris la mort de son père, arrêté à Nantes et guillotiné à Paris, à soixante-treize ans, le 25 messidor an II ^ Au printemps de 1804, c'est la mort de sa femme et, à la fin de l'année, c'est son fils qui succombe à son tour. A toutes ces catastrophes morales les soucis matériels sont venus s'ajouter; l'émigration s'est prolongée au delà de toutes prévisions, les ressources se sont épuisées et l'on sait à quelles extrémités se sont trouvés réduits nombre de gentilshommes. Pour M. de Polaslron aussi, les nécessités de la vie se font cruellement sentir. Tous ses biens ont été confisqués comme biens d'émigrés, et ses propriétés vendues nationalement ; il ne jouit plus d'aucune espèce de revenu. En ISUG, il est dans le duché de Bade et dans une situation des plus précaires, car une note de la police impériale- du 31 mai le désigne comme