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Lettres de Louise de Coligny à Huyghens.
«Middelbourg, 18 janvier 1590.
« Monsieur Huyghens, j'escris à M. de Braele pour le faict de « la rente de mon fils, due par Messieurs d'Utrecht, de laquelle «est échue une année entière, et le prie de me faire ce plaisir «et à mon ûls, d'en parler auxdicts seigneurs, et où il trouvera « convenir , et tant faire que je puisse recevoir ladite partie. Je « luy mande aussy que je vous envoyé un blanc pour donner « quittance de ladite partie, et le prie qu'il vous l'envoyé. Vous « trouverez cy-joints ledit blanc et les lettres adressantes audict
<c sieur de Braele. Je vous prie, Monsieur Huyghens, suyvantvos « précédentes diligences et bons offices que vous avez faicts en (cceste mesme affaire, aussy que vous vouliez continuer et «ne laisser passer aucune occasion. Ce faisant, vous m'obligerez « de plus en plus à vous, oii vous aurez affaire de moy ; et, après «m'estre recommandée à vous, je prierai Dieu, Monsieur (( Huyghens, de vous tenir en sa garde.
« Vostre bien bonne amye, Louise de Colligny.
« Je ne vous envoie point d'autre blanc que celuy que vous « avez de moy, que vous ferez servir pour l'acquit de ceste partie « qui est échue, le 12 de décembre dernier.
« Middelbourg, 12 février 1590.
« Monsieur Huyghens, je vous ay cy-devant escrit et prié de «vouloir avoir souvenance de mon affaire envers Messieurs « d'Utrecht ; et aussy, sur l'avis que vous m'aviés donné par les «vostres, j'en escrivis, par mesme moyen, à M. le conseiller « Walker, et vous envoyai les lettres pour les luy faire tenir. « Toutesfois je n'ay depuis entendu nulles nouvelles, ni de vous> « ni de luy ; occasion que, se présentant ceste commodité, je vous « fais ceste requeste et vous prie ne vous lasser en ceste pour- « suite, laquelle je vous recommande autant et plus qu'aupara- «vaut j'ay faict, pour le besoin que j'ay d'estre promptement « secourue d'argent. C'est dont vous aurez, s'il vous plaist, sou- «venance, qui m'obligera tousjours à le reconnaître, comme «j'espère faire, d'autant bonne volonté, que je me recommande «à vous, et prie Dieu, Monsieur Huyghens, vous donner ce que «désirez.
« Vostre bien bonne amye, Louise de Colligny. »
c Middelbourg, 10 mars 1500.
« Monsieur Huyghens, depuis vous avoir escrit le .... de ce n mois, j'ay reçeu vostre pacquet, dans lequel estoient les copies « des deux ordonnances de Messieurs d'Utrecht, avec copie des «quittances que l'on veut avoir de moy ; et, sur Tavis que me «donnez, j'escris présentement à M. Thin, luy remonstrant qu'il « semble que^ par le contenu desdiles ordonnances et quittances, « on me veuille retrancher le paiement des deux dernières années; « occasion que, pour en sçavoir la vérité et Tintelligence du «contenu desdites ordonnances, que je le prie de m'en vouloir «mander la résolution; ce qu'attendant, j'ay différé d'envoyer « mes quittances. C'est aussy ce dont je vous prie vouloir prendre «la peine de solliciter, afin qu'âpre en avoir esté avertie, j'avise « à y procéder par conseil, et sur ce, me recommandant à vous, «je prie Dieu, Monsieur Huyghens, vous donner, en bonne « santé, longue vie. »
«Vostre meilleure et plus assurée amye, Louyse de Colligny . »
cMiddelbourg, 12 avril 1590.
«Monsieur Huyghens, ayant vu la bonne volonté que Mes- « sieurs d'Utrecht ont de me faire payer les deux années d'arréa rages qui me sont dues, suyvant les lettres que le s"" Thin m'a «escrites, j'aye avisé d'envoyer exprès ce porteur audict Utrecht, «avec les quatre quittances qu'ils demandent. Je luy ay donné a charge de vous porter la présente, et vous prier de ma part, luy ((vouloir donner instructions pour négocier promptement cesle «affaire, qui m'est d'importance, pour le besoin que j'ay à
a présent d'estre secourue d'argent. Je m'asseure tousjours que, a de vostre costé, vous vous y emploierez volontiers : c'est ce «qui me fait vous en escrire souvent. Aussy, j'ay autant bonne a volonté de le reconnaître, comme, après m'estre recommandée «à vous, je prie Dieu, Monsieur Huyghens, vous donner, en « parfaite santé, longue vie.
ce Vostre meilleure et plus assurée amye, Louise de Colligny.»
€ Middelbourg, 16 avril 1590.
«Monsieur Huyghens, j'ay aujourd'huy reçeu la vostre du 12 «de ce mois, vous remerciant, de bon cœur, de vos honnestes «offres, lesquelles j'ay toujours fort volontiers acceptées, comme «je fais encore à présent, pour me voir en estât d'avoir affaire, «en plusieurs façons, de mes bons amis, au nombre desquels «vous vous faites paroistre des premiers. Au reste j'ay reçeu les «trois cents florins de M. le trésorier Mannemaker, et partant, «vous ne différerez d'envoyer mon récépissé au trésorier de M"® la « comtesse de Meurs, comme vous le mandez^ et, à tant, je me «recommande à vous, et prie Dieu, Monsieur Huyghens, vous « avoir en sa saincte garde.
« Vostre bien bonne amye, Louyse de Colligny. »
« Middelbourg^ 25 juin 1590.
« Monsieur Huyghens, au mois de mars dernier, je reçus une « lettre de vous, par laquelle vous me donniez quelque espérance, «qu'en peu de temps, je pourrais estre satisfaite des arrérages «de la rente que Messieurs d'Utrecht doibvent à mon fils, selon «mesme que M. de Brakel m'en avoit aussi escrit; et toutesfois,
« cela n'ayant esté effectué, j'en ay depuis deux ou trois jours aen çà parlé au s' Boks, qui m'a promis s'y employer. En oc outre, je luy ay baillé une lettre que j'escris audit sieur c Brakel, pour le roesme faict. J'espère qu'ils y feront leur mieux, a et vous prie aussy que, de voslre part , vous y vouliez servir et (centr'aider. J'ay mandé audit sieur Brakel que vous aviez des «blancs de moy. Vous les ferez servir à cest eflFect. Il est à préasenl dû trois termes de ladite rente. Si vous les recevez, vous aies délivrerez au s" de Kinscbot, qui me les fera tenir de deçà. a Et n'estant la présente à autre effect, je me recommande à «vous, et prieray Dieu, seigneur Huyghens, vous donner, en ce bonne santé, longue vie.
ce Vostre bien bonne amye, Louise de Golligny.»
c Middelbourg, 7 juillet 1590.
« Monsieur Huyghens, suyvant la vostre, je vous envoie présence tement deux blancs pour servir de quittance de ce qui m'est dû « par Messieurs d'Ulrecht. Je vous prie les vouloir faire remplir a comme vous sçavez bien faire; et si recevez argent, vous le a délivrerez, au s"* de Kinscbot, qui me le fera tenir par deçà. «J'estime vous avoir envoyé par cy-devant un autre blanc, «outre celuy que m'avez renvoyé, et toutefois n'en estant «pas bien assurée, je nay laissé de vous envoyer les deux «cy enclos. Vous me faicles, en cela, beaucoup de plaisir, que «je recognoistrai tousjours très volontiers; et m'estant recomff mandée à vous, je prie Dieu, seigneur Huyghens, vous donner «en bonne santé, longue vie.
«Vostre bien bonne amye, Louise de Colligny.»
« Middelbourg, 8 août 1590.
« Monsieur Huyghens, j'ay reçu les 560 florins que Lobert, «secrétaire de M. le comte de Meurs, vous avoit cy-devant «fournis, lesquels m'ont esté envoyés par le s' Kinschot. Et pour ace que vous vous plaignez, par la vostre, du déchet qui s'est «trouvé en ladite somme, je suis certes très marrie de la a fascherie que vous en avez prise, vous voulant bien asseurer «que je vous reconnais et estime tel, que, tant en mon particu- «lier que envers ceux pour lesquels vous ferez ce bien de vous «employer, je vous réputerai tousjours très fidèle et asseuré « amy, comme je Tay connu une infinité de fois ; et tant s'en « faut que je voulusse entrer en aucune sinistre présomption «de vous, qu'en outre, si j'avais quelque affaire de sérieuse n importance , je ne voudrois faire élection de personne plus « fidèle pour la négocier , que vous. Pourtant vous me ferés «plaisir de n'entrer plus en cesle défiance, et quant et quant «continuer en la bonne volonté que m'avez tousjours portée; «ce que j'espère reconnoistre, Dieu aidant, auquel, après «m'estre recommandée à vous, je prie vous donner, en bonne «santé, longue vie.
«Vostre bien bonne amye, Louise de Coligny.»
«Middelbourg, 9 décembre 1590.
«Monseigneur Huyghens, d'autant qu'on m'a dit que M. le «comte mon beau-fils, est absent de La Haye, et que je croy bien « que ses gens sont avec luy , je vous prie me faire le plaisir de pré- « senter une lettre que je vous envoie cy-jointe à Messieurs du con-
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(cseil proviDcial d'Hollande, et le faire aussilost que vous Taurez (rreçeu ; car c est une réponse sur une apostille qu'ils ont donnée, «laquelle il faut que je fasse dedans le temps limité en ladite ({apostille aussi, je vous prie me mander ce que vous aurez fait «pour moy, à Utrecht, car j'en ay bien affaire. Ce faisant, vous ce m'obligerez de plus en plus à vous. Et sur ce, je prie Dieu, ce Monsieur Huyghens, vous donner, en bonne santé, longue vie.
(X Vostre meilleure et plus assurée amye, Louyse de Coligny.i
«Middelbourg, 13 mars 1591.
« Monsieur Huyghens, je n'ay trouvé aucune propre occasion a pour vous advenir que j'ay cy-devant reçu les vos très, avec celles a qui sont écrites à Tergoes; et depuis j'ay aussy receulesvostresdu a 4 de ce mois; sur quoy je vous diray, qu'estant icy Lobat, secréa taire de feu M. le comte de Monin, j'ay, par son avis, fait parce 1er au sieur de Mannemaker, pour savoir de lui si, au cas où a M™* la comtesse de Meurs, ou son trésorier, recevrait à Utrecht «les 300 florins qui me sont dûs de reste, il me fournirait parce deçà ladite somme sur ce qui est ordonné pour ladite dame ce comtesse par Messieurs les Estats; ce que ledit Mannemaker c m'a promis faire, estant averti de la réception desdits 300 floa rins ; et dès lors je vous en escris par ledit Lobat de ladite a résolution, laquelle je désire faire effectuer selon qu'elle a esté a proposée. C'est pourquoy je vous prie me faire ce bien, de pource chasserque ladite somme de 300 florins soit reçue audit Utrecht a par ladite dame comtesse de Meurs, ou par son trésorier et cr secrétaire, et m'en envoyer la réception, pour en avertir ledit «Mannemaker, duquel je recevray, en ce faisant, pluscommoa dément icy ladite somme, que à Tergoes, où il faudrait que «j'envoyasse exprès, et en danger de ne trouver le receveur, ou
c autre telle iDcommodité ; et après avoir sçeu de vous ce que «vous en avez fait, je vous renverrai la lettre escrite audit « Tergoes, laquelle je retiendrai encore pardevers moy, en attend dant vostre réponse, que je vous prie diligenter comme il vous <t sera possible, estant pressée du service desdits deniers ; ce que d m*assurant, que ferez volontiers, je vous présente mes recom- « mandations, etprieray Dieu, Monsieur Huyghens, vous douce ner, en bonne santé, longue vie.
«Vostre meilleure et plus asseurée amye, Louysede Colligny.»
«Middelbourg, 15 mars 1591.
«Monsieur Huyghens, j'ay reçue avec la vostre, celle de « T^bat, secrétaire de mon fils, le comte de Nassau. Il me mande, «comme il a encore fait par une autre sienne lettre que je trouve « aujourd'huy, qu'il vous a envoyé le formulaire des quittances «qu'il est besoin que j'envoye pardelà pour recevoir les 900 « florins dont il dit avoir ordonnance. Toutefois, puisque ainsi «est que vous ne les avez pas reçus, je vous prie luy envoyer « incontinent celle que je luy escris, afin qu'il en envoie d'autres, «car ceste affaire-çy mérite une prompte sollicitation. Et encores « que ledit Lobat reçoive argent pour moy, je luy mande qu'il «vous le fasse tenir, ou au trésorier Kinscot, afin puis après que « vous me le puissiés faire rendre sûrement pardeçà, avec moindres «frais. Le s** Lobat m'escrit auscy qiie les 300 florins qui restent «des arrérages des deux années, vous m'en donnerés avis. C'est <ce que j'attendrai, avec réponse delà présente, vous remerciant «de la peine que prenez, qui je recognoistrai toujours trèsvolon- « tiers ensuite; me recommandant à vous, je prierai Dieu vous «donner, en bonne santé, longue vie.
«Vostre meilleure et plus asseurée amye, Louyse de Colligny.»
c Middelbourg^ 7 avril 1591.
(( Monsieur Huyghens, suy vant la vostre du 30 mars dernier, «je vous renvoie présentement la lettre que m'aviez cy-devant « envoyée pour Tergoes, vous remerciant de la peine que prenez (c pour moy, vous asseurant que je serai tousjours de revanche, « où Toccasion s'offrira. J'espère renvoyer au s' de Mannemaker les ft 300 florins dont vous avez envoyé la quittance par le s'^de Ton- «dorf, en me recommandant de bon cœur à vous, je prie Dieu, « Monsieur Huyghens, vous donner en bonne santé, longue vie.
a Vostre meilleure et plus asseurée bonne amye, Louyse de «Colligny.»