N° XVII
Pouvoir conféré par Maurice de Nassau à Louise de CoUgny.
23 octobre 1591.
(Archives de la maison d'Orange-Nassau,)
«Nous, Maurice, prince en Orange, comte de Nassau, etc., «etc., etc., à tous ceux qui ces présentes, noz lettres- patentes «verront, salut.
«Comme ainsi soit que depuis quelque temps en ça se soient «présentées diverses communications et entre-parler de future «union et mariage entre hault et puissant seigneur de la Tre- « mouille, duc de Thouars, prince de Talmont, et nostre très «chère et très aimée sœur, damoiselle Charlotte Branbatine, «princesse audit Orange, comtesse de Nassau, Yianden, Catzen- « ellenboghen , Dielz, et fille de feu très hault et très puissant «prince, Guillaume, par la grâce de Dieu, prince d'Orange, « comte de Nassau , nostre très honoré seigneur et père , et de «très illustre feue dame Charlotte, duchesse de Bourbon, prin- « cesse d'Orange, comtesse de Nassau, d'aultre part, lesquelles « communications se seraient avancées jusques-là que, pour en «conclure et arrester, il convient d'entrer en ultérieure confé- «rence sur les points et articles d'un traité anté-nuptial, à l'hon- «neur et à la gloire de Dieu, et au contentement dçdit seigneur «et damoyselle princesse, à laquelle conférence ne pouvons, ainsi «que le voudrions bien, nous trouver et y vacquer en personne,
«tant à cause de nos gouvernemens et charges publiques, f qu*aultres urgentes affaires et empeschements ;
ccSçavoir faisons que, pour ne faillir en rien à Tamouret affec- (ction singulière que nous portons à nostre dite très aimée et très ce chère sœur, et pour, de nostre part, assistera Tavancement a de ladite alliance et faire paroislre combien elle nous est agréaa ble, avons prié, requis, député et commis, prions, requérons, dc députons et commettons par ces présentes haulte et très illustre a dame Louyse de CoUigny, princesse douairière dudit Orange^ a comtesse de Nassau, nostre très honorée et très chère bel lea mère, pour entendre, délibérer, résoudre et conclure de ce, en (c tous points concernant ledict traité anté-nuptial, avec très hault a et très puissant prince, le duc de Montpensier, cousin germain oc maternel de nostre dite bonne sœur, ou celuy et ceulx qui de a sa part, s'y entremettront et seront commis; et que, ledit traité a conclu et arresté, il plaise à nostre dite très honorée et très achère belle-mère, à la solennisation dudit mariage, et au festin a des nopces, estre, tenir place et servir à nostre très chère et a bien-aimée sœur, de bonne mère, en nostre nom ; donnant «à ladite dame princesse, nostre très honorée et très chère bellece mère, en tant que de besoin, plein pouvoir, mandement et «procure spéciale et irrévocable de faire, négocier, traicter, con- «clure et arrester tous et chacun les points concluants et (ceschéans audict traicté anté-nuptial, et ce qui en dépend, et «pourra aucunement servir à l'avancement, conclusion, consom- « mation et solennisation de ladite alliance et mariage, tout ainsi « que nous mesme y assistant et intervenant, en propre personne, « vouldrions et serions occasionné de faire ; promettant d'avoir «et tenir pour ferme et agréable tout ce qui par nostre dite très « honorée et très chère belle-mère sera faict, négotié et arresté, «suivant la parfaite cognoissance qu'elle a de Testât des biens, « moïens, et de la qualité de nostre dite très chère et bonne sœur,
a et les mémoires et particulières déclarations que luy avons a faictes.
«En signe* de quoy, avons souscript ces présentes de nostre oc main et y faict mettre le scel de nos armes.
«Faict au camp, devant la ville d'Oldenzeel, le 23® jour du
a mois d'octobre, l'an 1597.
d Maurice de Nassau.»