‹ Louise de Coligny princesse d'OrangeChapitre 50 sur 64 · N° XVI · texte numérisé non relu

N° XVI

Louise de Coligny aux États d'Utrecht. 15 novembre 1596. (Gollect. à Utrecht.)

«Messieurs, je vous ay escrit, 1l y a quelque temps, sur le «mesme subject de la présente, pour vous prier, en ma faveur et «en considération des fidèles et agréables services faits par damoi- «selle Alyt Gramont, veuve du feu sieur d’Averly, aux enfans de «ceste maison, ef qu'elle continue encore, chaque jour, de vouloir «gratifier deux de ses filles, Anna et Dorothée d’Averly, de deux « des prébendes qui sont à vostre disposition. Mais d'autant que, «pour lors, il n’y avoit aucune place vacante, vous remites de «satisfaire à ma prière et de pourvoir à la demande, lorsque la «commodité s’en présenteroit, et que vacance adviendroit des- «dites prébendes. Maintenant qu'il y a place au cloître des «Wütte-Vrauven et Ten Dalen, j'ay trouvé à propos de yous «réitérer ceste mesme prière ; aussi que la continuation des ser- «vices de la dite damoiselle, sa viduité et la charge qu'elle a de «plusieurs enfans, la rendant tellement favorable, que cela est «suflisant pour émouvoir à luy faire ressentir les effects de vostre «libérale volonté. Et si, comme j'espère, ma recommandation y «apporte quelque chose, je participerai à l'obligation que, par ce «moyen, vous recquerrez sur elle et sur ses filles. Et où l'occasion «se présentera de m'en revancher, vous me trouverez tousjours «prompte à m employer pour vous, en tout ce qui dépend de «moi. La présente n’estant à autre fin, je prie Dieu, Monsieur, «qu'il vous donne tout accroissement de prospérité et santé.

«A La Haye, le 15° jour de novembre 1596.

« Vostre très affectionnée à vous faire service.

«Loyse de Colligny.»

LOUISÉ DE COLICNY. 487

Louise de Coligny aux États d’Utrecht. 11 avril 1597,

(Archives de la maison d’Orange-Nassau.)

«Messieurs, j'aÿy reçeu votre très courtoise et honorée lettre, «qui m'a esté infiniment agréable, ayant entendu qu'il vous a plû «pourvoir de prébendes les deux filles de Madamoiselle d’Averly, «ès cloîtres de Ten Dalen et Witte- Vrauven ; en quoy vous n’avez «pas seulement monstré l'affection qu'avés tousjours eue gt «continuez à me faire plaisir, mais avec vosire sagesse et pru- «dence accoustumées, avés très bien considéré que ce bon œuvre «est employé à une honneste femme, veuve, chargée de plusieurs «enfants, lesquels elle prend soin d'élever avec beaucoup de «sollicitude, au mieux que possible luy est; de quoy elle et ses «dites filles vous ont de l'obligation, c’est qu’elles doibvent con- «tinuellement prier Dieu pour la continuation de vostre sage et «bien ordonné gouvernement, ensemble pour la prospérité de «vostre estat, en général, et de chacun de vous, en particulier. Et, «comme je me ressens grandement de ce bienfait, duquel je me «rends participante, je n’ay voulu remettre, Messieurs, de vous «en remercier bien affectueusement, desirant autant de pouvoir «que j'ai de volonté pour m'en revancher, et vous faire quelque «agréable service, et que, vous en assurant, je finirai par mes «recommandations à vos bonnes grâces, priant le seigneur vous «donner, Messieurs, en prospérité, longue et heureuse vie.

«A Leyden, le 44° d'avril (1597).

« Vostre très affectionnée, à vous faire service.

« Louyse de Colligny.»

UE

Louise de Coligny à Scaliger. 30 avril 1597.

(Ep. France à Joseph et Juste Scaliger. Liv. 1.)

«Monsieur, l'assurance que j'ai de vostre amitié et bonne «volonté en mon endroict me rend plus hardie à vous impor- «tuner de ce mot, pour vous dire que Messieurs les princes de «Portugal, qui sont en ce lieu, m'ont priée de vous envoyer une «lettre que trouverez incluse en ce paquet, qui leur a esté éscrite é par le roy du Maroc ; à ce qu'il vous plaise prendre la peine de «la traduire en français. Il ne se trouve icy personne qui le «puisse faire. Je vous prie donc, à quelque heure de vostre loisir, «d’en vouloir faire la version, et me la renvoyer quand elle sera «faite. Et d’aultant, Monsieur, que c'est à ma requeste que vous «le ferez, ce sera moy quy vous en demeurerai obligée, et qui «demeurerai, toute ma vie, Monsieur,

« Vostre humble amye, à vous servir, «Louyse de Colligny.

«La Haye, ce dernier d’août 1597.»

Louise de Coligny au docteur Urnius, à Leyde. 20 août 1597. (Bibl. de l’Université de Leyde.)

«Monsieur Urnius, Madame de Roybours, l’une de mes «bonnes amies, étant tombée malade depuis hier, m'a donné «subject de vous faire ce mot de lettre pour vous prier, comme «je fais, que, incontinent que l'aurez reçeue, vous vouliez «prendre la peine de venir jusques icy pour la voir; et, outre «l'obligation que, par cé moyen, vous acquerrez sur moy, je «sçay que la peine que vous prendrez ne demeurera sans récom-

«pense. La présente n'estant à autre fin, je ne la ferai plus «longue, que pour prier Dieu, Monsieur Urnius, qu'il vous ait «en sa garde.

«De La Haye, ce 20 août 1597.

« Louyse de Colligny.»

Page 1