‹ Louise de Coligny princesse d'OrangeChapitre 51 sur 64 · N° XVII · texte numérisé non relu

N° XVII

Pouvoir conféré par Maurice de Nassau à Louise de Coligny.

93 octobre 1597.

(Archives de la maison d'Orange-Nassau.)

«Nous, Maurice, prince en Orange, comte de Nassau, etc., «etc., etc., à tous ceux qui ces présentes, noz lettres- patentes «verront, salut.

«Comme ainsi soit que depuis quelque temps en çà se soient «présentées diverses communications et éntre-parler de future «union et mariage entre hault et puissant seigneur de la Tre- «mouille, duc de Thouars, prince de Talmont, et nostre très «chère et très aimée sœur, damoiselle Charlotte Branbatine, « princesse audit Orange, comtesse de Nassau, Vianden, Catzen- «ellenboghen, Dietz, et fille de feu très hault et très puissant «prince, Guillaume, par la grâce de Dieu, prince d'Orange, «comte de Nassau, nostre très honoré seigneur et père, et de «très illustre feue dame Charlotte, duchesse de Bourbon, prin- «cesse d'Orange, comtesse de Nassau, d’aultre part, lesquelles «communications se seraient avancées jusques-là que, pour en «conclure et arrester, il convient d’entrer en ultérieure confé-

«crence sur les points et articles d’un traité anté-nuptial, à l’hon- «neur et à la gloire de Dieu, et au contentement dedit seigneur «et damoyselle princesse, à laquelle conférence ne pouvons, ainsi «que le voudrions bien, nous trouver et y vacquer en personne,

«tant à cause de nos gouvernemens et charges publiques, «qu’aultres urgentes affaires et empeschements ;

«Sçavoir faisons que, pour ne faillir en rien à l’amouret affec- «tion singulière que nous portons à nostre dite très aimée et très «chère sœur, et pour, de nostre part, assister à l'avancement «de ladite alliance et faire paroistre combien elle nous est agréa- «ble, avons prié, requis, député et commis, prions, requérons, «députons et commettons par ces présentes haulte et très illustre «dame Louyse de Colligny, princesse douairière dudit Orange, «comtesse de Nassau, nostre très honorée et très chère belle- «mère, pour entendre, délibérer, résoudre et conclure de ce, en «tous points concernant ledict traité anté-nuptial, avec très hault «et très puissant prince, le duc de Montpensier, cousin germain «maternel de nostire dite bonne sœur, ou celuy et ceulx qui de «sa part, s’y entremettront et seront commis ; et que, ledit traité «conclu et arresté, il plaise à nostre dite très honorée et très «chère belle-mère, à la solennisation dudit mariage, et au festin «des nopces, estre, tenir place et servir à nostre très chère et «bien-aimée sœur, de bonne mère, en nostre nom; donnant «à ladite dame princesse, nostre très honorée et très chère belle- «mère, en tant que de besoin, plein pouvoir, mandement et «procure spéciale et irrévocable de faire, négocier, traicter, con- «clure et arresiter tous et chacun les points concernants et «eschéans audict traicté anté-nuptial, et ce qui en dépend, et «pourra aucunement servir à l’avancement, conclusion, consom- «mation et solennisation de ladite alliance et mariage, tout ainsi «que nous mesme y assistant et intervenant, en propre personne, «vouldrions et serions occasionné de faire; promettant d’avoir «et tenir pour ferme et agréable tout ce qui par nostre dite très «honorée et très chère belle-mère sera faict, négotié et arresté, «suivant la parfaite cognoissance qu’elle a de l’estat des biens, «moïens, et de la qualité de nostre dite très chère et bonne sœur,

«et les mémoires et particulières déclarations que luy avons «faictes.

. «En signe de quoy, avons souscript ces présentes de nostre «main et y faict mettre le scel de nos armes.

«Faict au camp, devant la ville d’Oldenzeel, le 23° jour du

« mois d'octobre, l’an 1597.

« Maurice de Nassau.»

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