HENRI, CÉCILE
HENRI , rentrant vivement.
Plus personne !
CÉCILE
Henri, pourquoi m'avez- vous prie'é de rester? que me voulez-vous?
HENRI
Vous voir un instant , et vous demander une grâce.
CÉCILE
Ah ! partez ! partez !
HENRI
Mais qu'a vez- vous , Cécile?
CÉCILE
Je tremble.
HENRI
Vous, pourquoi?
N'avez-vous pas entendu tout-à-lheure le cri qu'a jeté votre femme quand on a prononcé le nom de Cécile? n'avez-vous pas vu comme elle a quitté ma main? «on— eut dit qu'eUe avait touché vtne couleuvrfe~i oh ! elle sait tout.
HENRI
Elle ne vous aurait pas tendu la main , si elle avait des doutes ; calmez-vous.
CÉCILE
Et votre beau-père , ne parlant pas et regardant toujours ; toujours ses yeux allant de vous à moi, de votre femme à vous : il y a quelque chose , il y a quelque chose !
HENRI
Mais non ! non !
CÉCILE
Si l'on nous surprenait ensemble! partez, de grâce !
HENRI
Promettez-moi du moins que je vous reverrai demain.
CÉCILE
Oui , mais éloignez-vous ; à tout moment on peut entrer ici.
HENRI
Vous viendrez ?
Comment venir? où?
HENRI
Où vous n'aurez pas peur, à Lignerolles.
CÉCILE
Ah!
HENRI
Oui, dans le fond du parc, il y a près de l'étang de Saint-Maur une petite porte ; je vous y attendrai à deux heures.
CÉCILE
C'est impossible.
HENRI
Pas le moindre danger ! à deux heures mon beau-père se retire toujours chez lui, ma femme est enfermée avec sa fille , tous les gens de travail prennent leur repas... et il y a un quart de lieue de la maison au petit bois qui est près de la porte. Venez !
CÉCILE
Eh bien ! oui , oui , mais au nom du ciel partez !
HENRI
Oh! merci.
(Il lui baise la main.)