‹ Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'OrléansChapitre 124 sur 168 · FoRTAiRE : Op. cif., p · texte numérisé non relu

FoRTAiRE : Op. cif., p

2. Sur la jeunesse de Florian, cf. un charmant article de Ch. FoLEY : Florianet. Echo de Paris, i4 octobre 191 1.

3. a Faites donc des fables I » lui dit un jour M. de Penthièvre, FORTAIRE, p. 335.

4. Abbé Lambert : Op. cit., p. 12. Lettre inédite de Florian, citée dans V Intermédiaire des Chercheurs, Lxv-a92.

de « se les voler »... Tout cet ensemble assurément mériterait de longs commentaires...

Mais si Florian aime son maître, il a pour la duchesse d'Orléans un culte véritable. Nous l'avons vu la suivre à Montmartre ; il la suivra toujours dans la vie. A Anet, il l'accompagne dans ses promenades, il lui dédie sa fable de La Fam^ette, il pense à elle... et à d'autres, aussi... en traçant le portrait d'Estelle ; il fait verser des pleurs à l'Académie en adressant ses louanges à la princesse dans son discours de réception % et il écrit au duc de Penthièvre dans sa dédicace du poème de JRuih :

Pieux comme Booz, austère avec douceur, Vous aimez les humains et craignez le Seigneur, Hélas ! un seul soutien manque à votre famille, Vous n'épousez pasRulh, mais vous l'avez pour fille...

Peut-être les qualités d' « homme de bien » - contractées par Florian sont-elles un peu superficielles et dues, surtout, à l'influence d'une grande àme — celle de son maître — sur un esprit qui s'assimile; peut-être, « en grattant yy^ trouverait-on chez ce

1. « M. le duc de Penthièvre et M°ie la duchesse de Chartres y sont venus et en ont été contents. Le public les a reçus avec un transport qui m'a bien plus touché que ma couronne. » (Lettre inédite de Florian.) C'est la duchesse d'Orléans qui demanda pour lui la pension de feu Mably.

2. Florian apprécie beaucoup le confort de la Cour d'Anet : « Je suis fort heureux ici, fort paisible, mange bien, digère bien, gagne au jeu et ne reçoit que des lettres divertissantes», écrit-il le i4 mars 1786. Lettre inédite passée dans la vente Laverdet, i854, n" 190.

Florian, qui a les sens prompts et le cœur volage, une nature assez superficielle et chez le Florian qui dédie à M. Didot une fable déjà adressée à M. de MorioUes, dont il tient la mort pour certaine, un méridional assez opportuniste ^..

... N'importé... Florian possède une qualité qui domine dans tout l'entourage de M. de Penthièvre et de sa fille. Il est bon. Il a établi un « droit des pauvres » sur la vente de ses livres, et cette façon d'être humanitaire semble assez préférable à celle de ses contemporains qui parlaient si souvent au lieu d'agir -. A Rambouillet, à Sceaux, à Anet, considérons-le sous son jour le plus favorable et laissons-lui, au milieu des volières, des oiseaux et des fleurs et sous un joli ciel de rêve, sa petite àme de berger propre à attendrir les âmes sensibles et à amuser les enfants.

Les enfants ! C'est en rappelant leur souvenir qu'il convient de terminer cette étude sur le duc de Penthièvre. Eux aussi ont le don de le distraire et de le sortir de lui-même. C'est pour eux que le prince — qui ne va jamais au théâtre — fait jouer, en 1^83 et en 1785, deux pièces de Florian : le Bon Père (son portrait) et la Bonne Mère (celui de la duchesse de Chartres) ■' ; c'est pour les enfants de la duchesse d'Orléans que Florian écrit, car, sans

1. Cf. de jolies anecdotes sur les amours de Florian dans M""® d'Oberkirch,F;ormn, par G. Saillard, Toulouse, 1912, Florian à RambouiUet, par M. Lorin (Mémoires cités). Chérubin et l'amour, par V. Thomson, Calmann-Lévy, 1913, etc.

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