Le Breton : Le Roman au XVI II" siècle, p
3. En lisant cette pièce, on n'y voit point une simple flatterie, mais un hommage rendu à la princesse que Florian a comprise dans son meilleur rôle : le rôle maternel.
cesse, le vieux duc réclame ses petits-fils dans ses terres ^ Enfin, c'est pour la petite Aniette du Au- Ihier que le duc de Penthièvre fait jouer chez lui les marionnettes, car il aime presque à l'égal du duc de Valois qui, parfois, se dispute avec elle, cette petite fille à laquelle chaque matin il envoie un jouet caché dans la hotte d'un ramoneur en porcelaine.
Le Bon Père, la Bonne Mère, les vertus de M. de Penthièvre, le ramona - de M^i^ du Authier, les grâces de la duchesse d'Orléans, les vertus de M. de Fiorian... tout cet ensemble idyllique semblera quelque peu fade au lecteur, qui sera tenté de s'écrier comme le faisait Marie-Antoinette en parcourant les fables du dit M. de Fiorian : « 11 me semble que je mange de la soupe au lait. »
Sans doute. . . Mais si cet ensemble fait de candeur, d'innocence et de bonté manque un peu de saveur, avouons, au moins, qu'on y trouve, à la veille de la Révolution, quelque chose d'honnête, de frais et de sain, qui repose un moment avant de rentrer avec la duchesse d'Orléans dans la fournaise du Palais-Royal et que l'antithèse formée par le gendre et le beau-père mérite de retenir un moment l'attention.
1. LoRix : Op. cit., p. 2i3. Lettres inédites du duc de Penthièvre. L'amour du duc de Penthièvre pour ses petits-fils, pour la jeune Aniette, pour le petit d'Alvimare, un musicien prodige qu'il fit élever et présenter à Marie-Antoinette (Jal : Diction, critique), influença certainement le talent de l'influençable Fiorian. Il est à remarquer que dans ses fables il parle des enfants beaucoup plus que La Fontaine.
2. C'est ainsi que Mii« du Authier appelait le ramoneur du duc de Penthièvre (Lettres précitées).