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Enfin, Mlle de Penthièvre quitta définitivement le couvent au printemps de 1769. Elle n'y avait pas été heureuse... Elle le quittait avec regret. Cette apparente contradiction n'est point faite pour surprendre. En tournant définitivement une page de sa vie, la jeune fille colorait le passé de toute la poésie de ce qui n'est plus. Le couvent de Montmartre oii elle revint souvent plus tard S prise au trébuchet des souvenirs, c'était le cadre familier où ses rêves d'enfants avaient pris leur premier vol ; c'était la paix un peu monotone du cloître où elle s'était tout au moins sentie défendue contre l'inconnu de la vie. Et son biographe, Delille, nous assure qu'en abandonnant ses maîtresses et ses compagnes, elle « nourrissait de noirs pressentiments » que l'avenir ne devait pas rendre mensongers-.
Ces pressentiments, M^^ de Penthièvre aurait pu leur donner des bases, si, plusieurs jours avant son mariage, quelque Diable boiteux, soucieux de l'initier aux mystères de la vie galante, l'avait transportée dans une des petites maisons du duc de Chartres. Le prince, à l'occasion du mariage du comte de Fitz-James, enterrait sa vie de garçon avec une précision de détails qui annonçait assurément le désir — sinon la volonté — de renoncer à ses plaisirs. Mais l'ordonnance de la fête n'en eût pas moins semblé à la jeune fille d'un goût un peu douteux.
1. Le journal des dépenses de l'abbaye de Montmartre signale à plusieurs reprises après 1780 des « dépenses de bougies » pour la princesse, qui peut-être y venait faire des retraites.