Delille : Op. cil., p. i
DUCHESSE D'ORLÉANS Gl
de l'âge ». En effet, au nombre de ceux-ci, il y avait jM"^e de Lamballe qui, sur les instances du duc de Penthièvre, avait momentanément quitté le deuil; le Dauphin, félicitant son cousin le duc de Chartres, alors que plus tard Louis XVI et Piiilippe-Égalité se devaient rencontrer sur d'autres scènes... tant d'autres encore, que menaçaient, sinon la mort, du moins la prison et l'exil... Et en cette époque de décadence où les imaginations blasées demandaient à la magie et aux sciences occultes un aliment nouveau, on imagine assez le glas funèbre qu'aurait jeté sur cette jeunesse radieuse quelque sinistre « prophétie de Cazotte » ou quelque prédiction à la manière de Cagliostro.
Le duc d'Orléans n'imita point la munificence royale et ne donna pas de réception à l'occasion des noces. « Il n'y a pas eu de fêtes [au Palais- Royal], écrit son secrétaire. Collé, dans ses mémoires. M. le duc d'Orléans les a remplacées en donnant 5oo louis aux pauvres de Saint-Eustache, sa paroisse. Par ce trait de charité, sa politique épargne 3 ou 400.000 livres ^ »
Cependant, avec 1' « assemblée royale » de Versailles, les jeunes mariés n'en sont pas quittes envers le monde. Il leur faut encore subir, le soir, une cérémonie d'étiquette qui prouve tout ce que le raffinement du xviii" siècle cachait encore de naïf et de cru.
C'est la bénédiction du lit.
Dans la chambre nupliale des appartements de