‹ Louise Miller drame en cinq actes en vers traduit de SchillerChapitre 63 sur 90 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

FERDINAND, seul.

(il parcourt la lettre, tantêt Immobile d'étonnement, tantôt se promenant avec

fureur.)

Non! non! mille fois non I Elle ne peut cacher une âme de démon Sous cette forme d’ange... olil non, dans la nature.

Dieu ne souffrirait pas une telle imposture;

Non! non! c’est impossible... impossible, et pourtant La signature est là. , cynisme révoltant!

« Trait ison inouïe et monstruense audace!

« Celte femme est coupable, et son crime surpasse « Tous les crimes connus .. rien d’aussi vicieux !

« L’enfer est dans son cœur et le ciel dans ses yeux.

« Les anges descendraient ici pour la défendre « Que je n’y croirais pas... Je commence à comprendre « Ses refus obstinés quand je voulais partir...

« Oli ! je m’éveille enfin, tout devait m’avertir.

« J’y vois, mon Dieu! j’y vois! maintenant tout s’cxpliiiue. « Oli! le cœur infernal ! oh ! la femme impudique !

« Cachant ses trahisons sous un masque imposteur,

« Faisant de l’héroïsme aux dépens de mon cœur!

(I Vraiment! c’est trop horrible, et le ciel le tolère...

« Comme elle repoussait dignement, sans colère,

(( Les accusations de mon père, et pourtant « Son crime eût dû brûler son cœur impénitent!

« Il eût dû retenir le mensonge à sa lèvre!..

« Et quand je lui parlais, dans l’ardeur de ma fièvre,

« De la nécessité de fuir... je la voyais « Se troubler et pâlir... hélas! et j’y croyais... »

Fuis de ce monde! fuis! ô sublime innocence !

' Le vice a pris ta robe, et c’est lui qu’on encense !

C’est toi qu’on méconnaît... remonte, vers lescieux;

Cette terre appartient aux plus audacieux !

« Oh! malédiction ! dire que cette femme « Disposait de mon cœur, disposait de mon âme;

« D’un manteau de vertus que ce monstre couvert « Pouvait lire en mes yeux, comme en un livre ouvert !

« Et me tromper ainsi, moi qui, dans mon délire,

« Ailleurs que dans ses yeux n’aurais pas voulu lire;

« Qu’ils soient maudits ces yeux où niim cœur est resté !

B Moi qui ne voyais qu’elle, elle et réternitc!

« Qui croyais po.sséder le ciel en sa personne...

« L’heure de la vengeance ! elle apjiroche ! elle .sonne!

« J’oubliais Dieu pour elle, et Dieu m’en a puni.

« Elle ne m’aimait pas!.. Allons, tout est fini ! »

Mais qu’espérait enfin sa lâche politique?

Je ne le comprends pas...

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