ACTE I, TABLEAU I, SCÈNE If
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MILI. RR.
Mil femme, taisez-vous!
WURM.
Quel est ce Ion railleur?
LA FKMME.
Le bon, sans doute, est bon; mais le meilleur, meilleur... Vous me comprenez bien ?
WURM.
Non, je cherche à comprendre...
Ah ! oui... Je n'y suis pas... non.
LA fEMMR.
Mais on peut entendre.
Que si le ciel voulait que ma fille devînt La femme d’un baron... Monsieur voudrait en vain Y mettre obstacle.
WURM, se levant.
Moi !
MILLER
Monsieur le secrétaire,
.Ma femme est une sotte; elle devrait se taire.
Finis ce bavardage, ou que je sois maudit Si tu ne reçois pas...
* LA FEMME, vivement.
Ce qu’il a dit, est dit.
Je sais ce que je sais.
MILLER
Et que sais-tu, pécore I Qu’a-t-il dit?... qu’a-t-il fait?...
LA FEMME
11 a fait qu’il l’adore 1
MILLER
N’en croyez rien, Monsieur... Voyons, vas-tu finir.
Ou je ne pourrais pas longtemps me contenir,
Et je te donnerai ma basse sur la tête.
Il faut me prendre enfin pour cousin d’une bêle,
Que de croire que moi, son père, j’ai nourri De semblables projets pour mon enfant chéri.
Non. Vous n’y croyez pas. Monsieur le secrétaire.
WURM.
Mon cher musicien, je ne dois pas vous taire
Que je vous liens toujours pour un homme d'honneur.
Or, vous m’avez promis votre fille... un bonheur Que je mérite au fond. Je puis nourrir ma femme, J’occupe un bon emploi... mais lorsque je réclame La parole donnée... on semble embarrassé.
MII.I.ER.
Embarrassé !... du tout... je vous dis, l’an passé.
Et vous dis aujourd’hui : Vous aimez notre fille;
Dit-elle oui?... Bien! tant mieux; plus rien n’est difficile, Vous êtes mariés. Dit-elle non ? tant pis !
* La forcer serait mal; l’épouser serait pis...
Son cœur n’est pas à nous...
LA Pemme.
Et puis, qu’on en dispose Sans mon consentement, impossible est la chose;
Et mon consentement, je vous le garderai:
C’est à quelqu’un de grand que je la marierai.
MILLER
Tu n’es pas encor loin ?..
LA FEMME
Non.
WURM.
Les conseils d’un père
Agissent sur le cœur d’un enfant, et j’espère Que vous me connaissez, monsieur Miller...
MILLER
Vraiment!
Ce n’est jamais au père à connaître l’amant.
Je peux vous dire, moi, qui suis fort et m’en pique.
Si vous êtes ignare ou savant en musique...
Mais venir déclarer que je vous crois bâti
Pour l’amour? non, Monsieur... je n’ai jamais menti.
Je ne veux vous servir ni vous nuire auprès d’elle;
Mais, je vous l’avouerai. Monsieur, quand on appelle Un père à son secours, c’est d’un triste amoureux !
Qui compte sur autrui pour devenir heureux.
Peut ne l’ètre jamais; je connais ma Louise...
Il faudra pour l’avoir qu’un mari l’ait conquise.
Ainsi, vous comprenez?
WURM, prenant son chapeau.
Parfaitement, merci !
Je vous suis obligé!...