MILLER, LOUISE
Elle n’est pas ici non plus; c’est inutile D’espérer plus longtemps. J’ai parcouru la ville,
La demandant partout; il n’est pas de maison Où je ne sois entré : j'en perdrai la raison!
Ou n’a vu nulle part ma pauvre enfant...
(Appelant.)
Louise !
Ail! j’ai pensé mourir en sortant de l'église.
Je m’étais dit ; le ciel est bon, il m’entendra!
(L'u repos.)
Ma part de paradis à qui me la rendra !
Palience, Miller! si ta Louise est morte,
Ce que le flot entraîne, un jour il le rapporte !
Palience! demain peut-être on trouvera Ton unique trésor sur la plage... on dira :
C’est la fille à Miller! vous savez, ce vieil liomme Qui vivait pour l’aimer... Je l’aimais trop en somme ;
Le bon Dieu ne veut pas tpie l’on aime aussi fort Poiit-ètre! el'me punit! Ob! mon Dieu! si j’eus tort,
Je ne murmure pas!., pourtant, est-coma faute?..
Si je trouvais mon cœur trop petit pour son hôte,
C'e.st vous (|ui l’avez fait, ce cœur que vous frajipez Cruellemeiil, mon Dieu !
(il se jette avec désespoir sur une chaise.)
Père, vous vous trompez!
Me voilà! vous pleurez! vous faites bien... d’avance 11 faut s'habituer, mou père, à la souffrance...