M II. L E R
Crime horrible! et le seul que Dieu ne puisse absoudre, Puisqu’on peut le comprendre avant de s’y résoudre,
Et qu’il ferme la voie au repentir... Enfant!
Prends garde! Dieu te voit, et Dieu te le défend !
Si tu pensais à lui plus souvent, sa colère Ne le frapperait pas à présent.
LOUISE
Oh! mon père !
J'y pensais!., mais l’amour, c’est donc un crime aussi ?
MILLER
Si ton cœur aimait Dieu, parlerait-il ainsi?
Écoute, je, t’aimais!., oh! d’un amour immense.
Je ne veux pas, Louise, accroître ta souffrance!
Écoule toutefois... As-tu droit de mourir,
Si la terre en tombant ne doit jias recouvrir
Que ton corps, et que mol, moi qui touchais au terme,
Je demande une place au loiuheau qui l’enferme?
Et qu’usant du moyen que su fille trouva.
Le père veuille aller n i son enfant s’en va.
Comme elle, en prévenant Dieu qui le laisse vivre?
Car si tu meurs, Louise, il faudra bien le suivre !
As-tu droit de mourir, et droit de disposer Des jours où je croyais pouvoir me reposer?,.
Hélas ! je ne puis rien, rien de. plus sur celte âme...
Fais ce (|ue tu voudras, fais, malheureuse femme !.. Charge-toi de péchés à réjouir Teufer,
A consterner le ciel... pour moi, j’ai trop souffert,
El te laisse a présent libre de ta personne.
Tiens !...
(il lui donne un coulcau.)
Pçrce-toi le cœur, perce, je te pardonne.
Frappe le mien aussi, c’est un crime hideux!
Qui doit en commettre un peut en commettre deux! Frappe ! Là, comme ailleurs, seul le premier pas coûte. Frappe! allons, de l’enfer clargis-toi la route...
Sois franchement coupable! ^
(Entre Ferdinand.)