ACTE V, SCÈNE
Mourir! mourir déjà... ma lettre, où l’ai-je mise?
Prenez pitié de moi, vous êtes bon, mon Dieu !
C’est la mort! c’est la mort!.. *
FERDINAND
C’est ton baiser d’adieu !
Plus d’espoir de salut... Louise, que t’eu semble !
Mais calme-loi, pourtant, nous partirons ensemble !
LOUISE
Et lui?...
FERDINAND
Lui comme toi !
LOUISE
Tu t’es empoisonné?..
Ah! je puis rompre enfin ce silence obstiné!..
La mort rompt les serments et te rend ton amante :
Je vais mourir, ami, mais je meurs innocente!
FERDINAND
Que dit-elle... grands dieux!
LOUISE
Oh ! tourments de Tenfcr !
Mon oœur, il est broyé, par une main de fer.
Altendi'z, doux Seigneur... ali! faites-moi la grâce De pouvoir achever... je sens un froid de glace Courir dans tout mon corps... que disai.s-je?... Ah! je dis... Que ton père... ,
FERDINAND
Mon père?..
LOUISE, de plus en plus faible.
Et Wurm... ils sont maudits.
Ils m’ont, je ne mens pas... fait... quand on va paraître *• Devant le Dieu vengeur... fait écrire... la lettre...
Je dis... que je t’aimais... et que je l’aime... adieu!
A toi, mon Ferdinand... mon cœur... mon Ame à... Dieu!
(Elle meurt. — Ferdindud se précipite sur elle et la couvre de baisers, il relève en voyant entrer le président, etc.)
lU ^LOUISE MILLER.